Bilan

Ces gros sous qui baignent dans l’esport

Le point commun entre un ex-trader d’UBS, Stephen Curry et Ashton Kutcher: tous ont investi dans l’esport. Le secteur regorge de potentiel, ce qui n’échappe pas aux hommes d’affaires.

En 2016, la finale des championnats du monde de League of Legends a réuni des dizaines de milliers de spectateurs.

Crédits: By Patar knight - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=52712579

Ce n’est plus une surprise: l’esport a définitivement attiré les gros sous. Au mois de février, Nike avait déjà frappé fort en dévoilant son projet pour la Pro League (LPL). L’équipementier a réalisé une ligne entièrement dédiée à la ligue professionnelle chinoise de League of Legends. Cela représente un signal fort pour la marque qui avait jusque-là décidé de rester en dehors de l’esport.

Venir avant les miettes

Rester en dehors ne semble plus être une option, tant les particuliers qui ont investi sont nombreux. Le basketteur phare des Golden State Warriors Stephen Curry a lui aussi injecté une certaine somme dans une structure - soit une organisation qui chapeaute plusieurs équipes jouant sur différents jeux. Team Solo Mid (TSM) a ainsi levé 37 millions de dollars en juillet dernier.

Plus récemment, c’était John Costas qui faisait son entrée dans l’esport. L’ex CEO d’UBS a rejoint Team Secret en tant que vice-président finance et stratégie. La structure europééenne rappelle dans son communiqué l’expérience de John Costas en matière d’investissements, et indique que sa tâche sera de “se focaliser sur des initiatives qui vont transformer notre business et permettre d’atteindre de nouvelles frontières dans l’industrie”.

Pour combler la demande entrepreneuriale, il existe même des conférences spécialisées sur le sujet. Esports Tech Invest est un événement prévu à New York au début du mois de mai. Il vise à s’établir en espace d’échanges et de discussions pour les entrepreneurs et investisseurs du milieu. Parmi les grands noms du milieu, il convient de citer Chris Park. L’actuel CEO de Gen.G esports a notamment eu pour tâche de développer les publicités, le marketing et le volet business de la MLB - la ligue de baseball américaine.

Dans un article publié en octobre dernier, Forbes a réalisé un classement des entreprises esport les plus profitables. En première place: l’écurie Cloud 9. Elle est évaluée à 310 millions de dollars et en aurait généré 22 en 2018.

Grosses écuries

Le FC Barcelone a racheté une équipe Rocket League. Il s’agit à se lancer sur ce jeu, après le Paris Saint-Germain. Le but est simple: les joueurs contrôlent une voiture et doivent pousser la balle dans le but. La récompense est alléchante: la somme prévue pour la compétition officielle s’élève à un million. L’un des points forts de Rocket League est que les règles sont simples à comprendre pour les spectateurs. Au contraire de jeux davantage tactiques comme League of Legends ou encore Dota 2, le jeu édité par Psyonix ressemble à du football. Cela même s’il n’y a pas de hors-jeu et des voitures à la place des humains. Le jeu en est à sa sixième saison, et la question est aujourd’hui de savoir si des jeux spécialement conçus pour être joués et visionnés vont voir le jour. Peter Warman, fondateur de l’experts en données liées à l’esport Newzoo, estime qu’il y a différents publics à séduire en même temps. «Nous divertissons les personnes qui ne veulent pas dépenser - ou n’ont pas d’argent - mais ont beaucoup de temps. Mais aussi les personnes qui ont beaucoup d’argent et qui vont le dépenser dans notre jeu. Un seul environnement doit servir les deux. Pensez-y, c’est très très compliqué» expliquait-il dans les colonnes de The Esports Observer.

Les sponsors sont là, tout comme les investisseurs. S’il y a une dizaine d’année, les joueurs professionnels avaient pour seuls contrats des accords passés via Skype, certains disposent aujourd’hui d’infrastructures de qualité. Les opportunistes sont cependant bien présents.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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