Bilan

“Centessa fera des médicaments différemment”

La nouvelle société pharmaceutique, lancée par la société de capital-risque genevoise Medicxi, a déjà fait l'acquisition de dix sociétés qui visent toutes des pathologies différentes. Roche figure parmi les actionnaires de Centessa Pharmaceuticals.

Francesco De Rubertis assume la présidence du conseil d’administration de Centessa Pharmaceuticals.

Crédits: DR

Docteur en biologie moléculaire et venture capitalist, spécialisé dans les sciences de la vie, Francesco De Rubertis est à la tête de Medicxi, une société de capital-risque qui crée des fonds dans les sciences de la vie. Elle a développé sa renommée en repérant, à leurs premières heures, des sociétés telles Molecular Partners ou Genmab. 

Désormais, cet Italien domicilié à Genève, participe au lancement de Centessa Pharmaceuticals, une société pharmaceutique d’un nouveau type. Roche figure parmi les actionnaires. Francesco De Rubertis qui en assume la présidence du conseil d’administration a accordé une interview à Bilan.

Vous lancez un nouveau concept de société pharmaceutique en pleine pandémie. Le moment est-il opportun pour créer un nouveau business?

Francesco De Rubertis: Le covid a permis de médiatiser la biotech. Désormais, les scientifiques ne sont plus considérés comme des chercheurs perdus dans leur laboratoire mais comme de véritables héros. Tous les investisseurs souhaitent placer leur argent dans ce domaine. Acclamée par la bourse, la biotech a enregistré l’année passée l’une de ses meilleures performances de l’histoire. Les valorisations boursières se sont fortement appréciées. Le climat est porteur et permet aux entreprises de disposer de davantage de moyens pour développer de nouveaux médicaments.

Quelle est la nouvelle approche de Centessa Pharmaceuticals?

Il s’agit d’une nouvelle façon de faire des médicaments. Une société pharmaceutique possède généralement un ou quelques grands laboratoires dans lesquels sont analysées et développées de nombreuses molécules. De notre côté, nous voulons décentraliser cette recherche dans plusieurs petits laboratoires qui se concentrent sur une seule molécule à la fois. Nous avons déjà développé cette approche d’investissement baptisée “asset centric model” au sein de Medicxi.

Cette stratégie n'est-elle pas trop risquée?

Cette méthode peut paraître risquée mais elle permet d’être plus flexible, de réduire les coûts et le temps de développement tout en améliorant l’efficacité opérationnelle.

Lorsqu’on investit dans une start-up avec plusieurs molécules, il faut des labos et plusieurs collaborateurs. Cette infrastructure coûte chère. Avec notre approche, un projet qui ne fonctionne pas peut être arrêté beaucoup plus rapidement. En d’autres termes, une telle structure permet de booster la productivité de la recherche et du développement.

Qui seront les propriétaires de cette nouvelle société?

Medicxi sera le plus gros actionnaire de la nouvelle société avec près de 50% du capital. Roche sera également dans le capital. A travers leur présence dans les fonds Medicxi, on retrouve aussi Novartis, GSK, Johnson&Johnson ainsi que Google (Alphabet/Verily).

Quelles sociétés figurent dans le portefeuille de la nouvelle structure?

Actuellement, nous avons fait l’acquisition de dix sociétés ou laboratoires qui visent toutes des pathologies différentes. Aucune n’est basée en Suisse. Parmi elles, on trouve ApcinteX, Capella BioScience, Janpix, LockBody, Morphogen-IX, Orexia Therapeutics, Palladio, PearlRiver Bio, PegaOne et Z Factor. Au total, nous possédons quinze molécules. Centessa Pharmaceuticals, dont le siège est à Boston, bénéficiera de plus de 300 millions de dollars pour ses premiers mois d’existence.

Une référence des vaccins a été nommée chez Centessa Pharmaceuticals. Parlez-nous de Moncef Slaoui.

Moncef Slaoui (AFP)
Moncef Slaoui (AFP)

Il a fait une carrière chez GSK. Il a travaillé chez Medicxi avant d’être nommé par Donald Trump, même en étant démocrate, comme coordinateur de la stratégie vaccinale de son administration contre le covid-19. Il était à ce titre chargé de distribuer les financements publics américains aux entreprises du secteur pharmaceutique. Cette mission s’est achevée avec l’arrivée de l’administration Biden. Depuis il a accepté de reprendre le rôle clé de chief scientific officier advisor chez Centessa Pharmaceuticals.

Bloch Ghislaine NB
Ghislaine Bloch

Journaliste

Lui écrire

Ghislaine Bloch a découvert le monde de la vidéo et du reportage dès son adolescence. Après l'obtention d'un master à la Faculté des Hautes Etudes Commerciales de l'Université de Lausanne, elle démarre sa carrière à L'Agefi où elle effectue son stage de journaliste. Puis elle rejoint le quotidien Le Temps en 2004 où elle se spécialise dans les sujets liés aux start-up, à l'innovation, aux PME et à la technologie. Des thématiques qu'elle continue de traiter chez Bilan depuis 2019.

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