Bilan

Ce mobile anti-smartphone de la taille d’une carte de crédit

A contre-courant des smartphones aux fonctions toujours plus diversifiées, le Light Phone, projet porté sur la plateforme de crowdfunding Kickstarter, propose de limiter l'appareil, réduit au format d'une carte de crédit, à la seule fonction de passer des appels vocaux.
  • Le Light Phone n'est pas plus grand qu'une carte de crédit mais il ne peut servir qu'à passer des appels vocaux.

    Crédits: Image: The Light Phone
  • Peu de touches, pas d'écran tactile, une seule et unique fonction: le Light Phone tranche avec les smartphones actuels.

    Crédits: Image: The Light Phone
  • Les premières versions du mobile ont été obtenues via l'impression 3D.

    Crédits: Image: The Light Phone

Appels, SMS, mails, navigation internet, apps, mesures physiologiques, géolocalisation, paiement,... En vingt ans, les téléphones mobiles ont vu leurs capacités et fonctions s'élargir quasiment à l'infini. Avec les corollaires inévitables comme la baisse de l'autonomie des appareils ou l'augmentation de leur taille (après une baisse au cours de la décennie 1998-2008. Or, face à cette tendance grandissante émerge une volonté de certains usagers de revenir aux fonctions basiques de l'appareil: passer des appels téléphoniques de n'importe où.

C'est sur ce créneau que Joe Hollier et Kaiwei Tang, deux startupers américains, se sont lancés avec le Light Phone. S'étant rencontrés dans un incubateur d'entreprises imaginé par Google, les deux designers de formation ont imaginé un téléphone mobile ultra basique, limité aux seuls appels téléphoniques avec un format très réduit.

20 jours d'autonomie

En quelques mois, ils ont développé le Light Phone, un téléphone mobile du format d'une carte de crédit et épais de 4 millimètres à peine. Obtenus par impression 3D, les premiers exemplaires peuvent se glisser dans un portefeuille ou dans n'importe quel sac sans prendre la moindre place superflue ou risquer une rayure. Car l'appareil n'est pas équipé d'un écran tactile mais de touches.

The Light Phone Kickstarter Campaign from The Light Phone on Vimeo.

Dans leur viseur, les deux cofondateurs ont ciblé plusieurs marchés: les gens qui souhaitent déconnecter et voudraient faire une pause dans leur vie connectée, en restant joignable en cas d'urgence mais sans être sans cesse dérangés par les notifications, sonneries, vibrations et autres signaux intempestifs du smartphone et de ses multiples apps; mais aussi les enfants pour qui ce téléphone constitue un lien avec les parents mais sans devenir prétexte à distraction; les personnes âgées aussi qui souhaitent être joignables mais sans la complexité de certains smartphones.

Cette simplicité a permis non seulement de réduire la taille de l'appareil, mais aussi d'augmenter son autonomie: les concepteurs annoncent jusqu'à 20 jours d'autonomie. La seule autre fonction que les appels est un affichage de l'heure grâce à des leds. Aucune autre app n'est envisageable. Aucune? Pas totalement, car le Light Phone a certes été conçu pour fonctionner indépendamment, sous forme de téléphone mobile à carte prépayée, mais il est également possible de le coupler à un smartphone via une app dédiée. Ainsi, les appels arrivant sur le smartphone sont redirigés vers le Light Phone, permettant de laisser le smartphone en charge ou au repos sans être injoignable.

Mise en vente au printemps 2016

Pour se financer, les deux cofondateurs ont choisi de se tourner vers le crowdfunding avec une campagne sur la plateforme Kickstarter. En quelques semaines, plus de 2500 contributeurs ont été emballés par l'initiative et leurs promesses de financement ont largement dépassé l'objectif initial de 200'000$ avec un compte qui enregistre au 5 mai 336'980$. Et la période de souscription n'est pas terminée.

Les cofondateurs de la startup annoncent une commercialisation au printemps 2016, en finalisant la version définitive de l'appareil d'ici fin 2015. Le mobile simplissime devrait être vendu autour de 100$.

 

 

 

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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