Bilan

Casque intelligent pour tête intelligente ?

Le cycliste qui serpente sur les routes a tout intérêt à se protéger au maximum. S’il est particulièrement vulnérable face aux véhicules, les innovations s’enchaînent pour le rendre plus visible.

En ville, les cyclistes frôlent parfois l'invisible.

Crédits: DR

«Les têtes intelligentes se protègent» dit l’adage. Les motards comme les cyclistes sont les premiers visés par cette phrase, puisqu’ils sont particulièrement vulnérables face aux camions et aux voitures sur la route. S’il est commun de croiser des personnes pressées avec un casque audio sur les oreilles, l’importance d’un bon équipement pour deux-roues est régulièrement soulevée dans les campagnes de prévention. La dernière en date se nomme #madevisible, elle a été mise en place par le Touring Club Suisse (TCS) ainsi que le bureau de prévention des accidents (bpa).

La visibilité du pilote est une donnée importante pour les deux catégories de véhicules les plus à risques de mourir sur la chaussée. «Je dirais que les principaux dangers pour les cyclistes sont le manque d’infrastructures suffisantes, le comportement des usagers de la route puis la visibilité» explique Juerg Haener, responsable de campagne au sein de Pro Vélo. Il estime que le principal danger réside en des pistes cyclables insuffisantes, voir inexistantes. La votation fédérale du 23 septembre soulève ce problème. Par rapport à un voyageur en train, un cycliste a 381 fois plus de chances de mourir, tandis que le motard est 873 fois plus à risque.

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Innovation cherche adeptes

Avec la progression du mode de vie cycliste, des fabricants de casques ont créé des protections toujours plus technologiques. L’un des exemples est le casque connecté, apparu en Suisse à travers Livell. D’autres marques se sont depuis engouffrées dans ce marché, pour tenter d’obtenir leur part du gâteau. La concurrence se fait plus forte si bien que des start-ups tentent de se distinguer par leurs produits. C’est le cas de Cosmo Connected, qui a choisi de créer un boîtier indépendant du casque. L’idée étant de le fixer ou non, selon ses besoins.

 

Cosmo Connected lance sa gamme vélo en octobre 2019. (Photo: Cosmo Connected).

«Les casques connectés ne sont pas si faciles à vendre» nuance André Odermatt, responsable Suisse romande au sein de Swisspoint. Habitué à démarcher les magasins pour distribuer ses produits, il remarque deux écoles. “Ils sont soit complètement pour, soit complètement contre” rigole-t-il. L’envie de sécurité maximum se frotte à la culture de la liberté prônée par les utilisateurs des deux roues. Le marché suisse existe bel et bien malgré ces quelques résistances. En témoigne Lumos, un fabricant de casques connectés qui cartonne en terres helvétiques. «Rapporté au nombre d'habitants, nous avons vendu davantage de casques en Suisse que n’importe quel autre pays du monde» se réjouit Eu-wen Ding, CEO de Lumos. Il explique cet engouement par la mentalité. «Les Suisses semblent être des personnes très pragmatiques et pratiques», dit-il.

Utilité réelle ou gadget ?

Ce qui est à la fois une force et une faiblesse est la relation entre le smartphone et l’appareil. Plutôt que d’être connecté au vélo, le casque - ou le capteur - est aujourd’hui lié au smartphone via bluetooth. Les capteurs liés aux LEDs permettent de montrer la moindre décélération. L’application utilise la géolocalisation ainsi que l’accéléromètre, si bien qu’elle peut envoyer à un message à un proche en cas d’accident. Le revers de la médaille est que la batterie du natel se vide rapidement.

Les fabricants de casques peuvent difficilement quantifier l’efficacité de leur produits, et sont donc à l’écoute des utilisateurs. Le CEO de Lumos parle des retours positifs, avec des cyclistes remerciés d’être très visible. «Ce n’est pas une expérience normale en tant que cycliste, d’avoir un conducteur de voiture s’arrêter et vous donner un compliment» glisse Eu-wen Ding. Le port du casque reste pour l’heure une question de préférence personnelle. La connectivité ainsi que la visibilité apportées ne promettent pas de miracles, mais ajoutent un peu de sûreté dans un trafic compliqué.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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