Bilan

BioApply tente l’eldorado américain

EPFL, avril 2010. Lors d’un événement consacré à l’entrepreneuriat, deux personnalités montent sur scène à quelques minutes d’intervalle. Robin Cornelius, patron haut en couleur de Switcher, est là pour évoquer le succès de son entreprise, créée il y a 30 ans, ses 4,4 millions d’habits vendus et le virage «vert» pris très tôt pour la fabrication de sa gamme. Frédéric Mauch, lui, défend sa candidature à «l’équipe nationale suisse des start-up» près de s’envoler pour Boston. Son entreprise, BioApply, existe depuis 2006 et s’est fait un nom grâce à ses sacs biodégradables composés à partir de matières premières végétales - amidon de maïs ou de pomme de terre - qu’elle vend déjà par millions. Cinq mois plus tard, les deux entrepreneurs annoncent un partenariat selon lequel Switcher renonce aux traditionnels sacs en plastique pour les produits de BioApply.

«Il existe un mouvement de fond qui s’étend un peu partout. En Italie, depuis le début de l’année, les sacs en plastique non biodégradable sont interdits. Aux Etats-Unis également, des villes voire des Etats, comme l’Oregon, taxent lourdement ou proscrivent l’utilisation de ce type de sacs», avance Frédéric Mauch.     L’appel d’air pour des solutions telles que celles de BioApply, dont les sacs se décomposent complètement après deux mois de compostage, est certain. Ces derniers viennent d’ailleurs d’obtenir leur sésame pour accéder au marché américain, ce qui sera chose faite vraisemblablement dès juin prochain, septembre au plus tard.

Un distributeur de biomatériaux

Pour BioApply, l’heure est à la croissance et à la diversification. L’entreprise commercialise déjà d’autres produits, dans le domaine de la chaussure – des tongs, par exemple - ou de l’emballage, fruits d’un procédé de moulage par injection adapté pour des biopolymères à la fois flexibles et robustes. Mais la société entend devenir davantage qu’un fabricant de produits finis, pour accéder au statut de distributeur de biomatériaux. Elle annonce ainsi la prochaine constitution d’une société commune avec un leader industriel suisse spécialisé dans la coloration et l’extrusion de polymères, encore confidentielle. «Pour BioApply, il est temps de viser des marchés à la fois plus grands et dont la perméabilité à la nouveauté est plus élevée», soutient le CEO.

Car 5 ans après les débuts, les affaires prennent enfin leur essor sur le marché indigène. «Si la Suisse s’illustre par ses entreprises performantes, le déploiement de produits innovants est parfois plus rapide dans d’autres pays», explique Frédéric Mauch. Lequel tourne son regard outre-Atlantique, vers ce marché américain «50 fois plus grand que la Suisse, complètement intégré, plus fluide». Un pays qui l’a aussi «toujours fait rêver» et qu’il connaît bien pour y avoir étudié et travaillé, en particulier à New York et à San Francisco.

En attendant, BioApply planche sur de nombreux concepts, comme ce projet des polymères semi-rigides pour poignées, qui viendraient équiper efficacement ses sacs biodégradables, mené avec la HEIG-VD et un partenaire industriel. Ou le déploiement de «QR codes», dotant les produits des atours de la traçabilité – via la plateforme web respect-code.org, et qui devraient s’afficher sur une part non négligeable des 12 millions de sacs que l’entreprise entend distribuer cette année.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."