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Avec Ingress, Google transforme le monde en plateau de jeu

Transformer la planète entière en un gigantesque plateau de jeu vidéo où des milliers de joueurs du monde entier s'affrontent: c'est ce que réalise Ingress, un jeu développé par Niantic Labs, une filiale de Google.
  • Dans Ingress, le joueur doit repérer et s'emparer de lieux existants dans la vie réelle.

    Crédits: Image: Niantic Labs
  • Les joueurs doivent hacker les portals (pirater les portails) pour s'emparer de lieux réels et faire triompher leur équipe.

    Crédits: Image: Niantic Labs
  • L'appli peut être téléchargée sur les smartphones et tablettes.

    Crédits: Image: Niantic Labs

«Illuminés» contre «Résistants»: il ne s'agit pas du dernier Dan Brown, mais d'un jeu vidéo développé par Niantic Labs. Cette start-up, sorte de laboratoire de développement interne du géant de Mountain View, a imaginé un jeu vidéo qui prendrait appui non pas sur un plateau virtuel accessible sur les écrans des joueurs, mais sur la planète réelle toute entière. Ainsi est né Ingress.

Le principe s'appuie sur un scénario classique: deux équipes s'affrontent pour conquérir des points et des zones: les Illuminés en vert contre les Résistants en bleu. A l'inscription, chaque joueur choisit quel camp il veut rallier. Selon la trame imaginée par les concepteurs, le monde entier serait parsemé de points énergétiques, les «portals» (portails), qui non seulement attirent les individus mais aussi concentrent les événements.

 

«Hacker» des «portals» pour conquérir des zones

Ensuite, sur sa tablette ou son smartphone, le joueur repère dans son environnement les portals qu'il peut «hacker» pour recevoir des armes (défensives comme offensives) et des «resonators». C'est à l'aide de ces resonators qu'il est possible de s'emparer d'un lieu: il faut les envoyer sur le portal en espérant qu'il soit encore libre. Si ce n'est pas le cas et qu'un joueur adverse en a déjà pris possession, il faut surenchérir en envoyant davantage de resonators.

Cette étape permet de conquérir des portals, donc des points. Mais dès qu'un joueur a pris possession de trois portals voisins, tout l'espace contenu dans le triangle ainsi formé appartient au joueur, donc à son camp. Sorti fin 2013, le jeu aurait déjà été téléchargé plus de quatre millions de fois. Plus d'1,78 million de personnes inscrites sur Google+ y jouent régulièrement (Niantic reste une émanation de Google...). Et 5000 communautés de joueurs habitant les mêmes régions seraient apparues sur les réseaux sociaux. Des portals ont été disséminés dans plus de 200 pays sur la base des données Google Maps.

Ces joueurs sont régulièrement informés avec des vidéos sous forme de reportages, tournés à la manière de clips, pour relancer la compétition et l'intérêt.

 

Des partenariats avec des commerces

«L'intérêt principal, c'est que les gens sont amenés à interagir dans le monde réel. Ils sont amenés à se rendre sur des lieux prédéfinis, voisins de leur domicile ou de leur travail, et à les redécouvrir», argumente John Hanke, fondateur de Niantic Labs. Si certains joueurs s'amusent dans leur environnement immédiat, leur ville ou leur région, d'autres vont plus loin: une joueuse américaine aurait volé au-dessus du Canada dans un petit avion de tourisme jusqu'au-delà du cercle polaire arctique afin de s'emparer d'un portal.

Le business model du jeu reste encore très fragile pour le moment. Mais le fait de s'appuyer ainsi sur des lieux réels pourrait ouvrir la porte à des milliers de partenariats avec des lieux désireux de devenir des portals eux aussi: bars, restaurants, voire discothèques ou magasins, qui pourraient payer pour être intégrés au réseau des lieux à hacker et attirer des clients en contrepartie. Des guides touristiques ont déjà fait état de leur intérêt pour ce concept.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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