Bilan

Associer public et privé dans la lutte contre la cybercriminalité

Face aux menaces que fait peser la cybercriminalité, les polices nationales sont souvent démunies. Pour rendre ce combat plus efficace, les gouvernements s'associent au secteur privé.
  • Pour faire face aux attaques de hackers et retrouver leurs auteurs, près de 200 pays, sous l'égide d'Interpol, s'unissent et font appel au secteur privé pour les y aider.

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  • Issus du WEF, de l'administration américaine, d'Interpol et des sociétés privées, les partenaires de la lutte contre la cybercriminalité se sont retrouvés à Davos en fin de semaine dernière.

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  • Loretta Lynch, attorney general des Etats-Unis, est venue à Davos pour mettre sur pied un nouveau partenariar en matière de lutte contre la cybercriminalité.

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  • Fondateur de la société Kaspersky Lab, Eugene Kaspersky représentait le secteur privé dans les discussions de Davos.

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Le Pentagone, Apple, les sites de grands médias européens,... les scandales de piratage informatique et d'intrusion (voire de prise de contrôle) de hackers dans des réseaux réputés ultra-sécurisés se sont multipliés ces dernières années. Des services de sécurité et de défense aux entreprises détenant des données personnelles, bancaires ou sensibles sur des millions de clients, ces attaques génèrent des coûts de plus en plus importants. Selon Jean-Luc Vez, chef de la sécurité au World Economic Forum, «l'impact de la cybercriminalité se chiffre autour de 450 milliards de dollars» en tenant compte des préjudices subis, des stratégies coûteuses mises en place pour se protéger,...

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Or, la sécurité informatique a longtemps été pensée comme une prérogative de chaque entité, entreprise, administration,... Avec le respect des frontières nationales imposé par des législations traditionnelles. Des freins que ne connaissent pas les hackers, dont l'activité se déploie sur la toile sans tenir compte des frontières nationales ou des juridictions. «Aucune société ne peut se protéger seule, aucun état ne peut lutter seul contre la cybercriminalité», rappelle Jürgen Stock, secrétaire général d'Interpol. Pour lui, le travail des enquêteurs et des forces de police restera incomplet et souvent vain s'il n'y a pas, du côté des entreprises, une réelle collaboration: «Nous avons besoin des retours et avis des entreprises pour mieux cerner les auteurs de cybercrimes».

Loretta Lynch est venue à Davos

Souvent réticente à coopérer avec les polices étrangères, l'administration américaine joue cette fois-ci un rôle moteur. L'attorney general Loretta Lynch est venue à Davos la semaine dernière pour évoquer cette coopération avec ses partenaires. Au premier rang desquels Jürgen Stock pour Interpol et Eugene Kaspersky, fondateur de Kaspersky Lab, pour les sociétés privées. «La cybercriminalité devient de plus en plus professionnelle et les pirates peuvent se cacher pour agir, ce n'est pas comme la criminalité traditionnelle qui ne dispose pas des mêmes facilités pour masquer son action», analyse Eugene Kaspersky.

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Cependant, ce dernier avertit également que les deux sphères ne sont pas étanches: «A l'avenir, nous devrions assister à un rapprochement entre cybercriminels et criminels traditionnels. C'est ce que nous voyons déjà avec le terrorisme, pour lequel certains hackers revendiquent leur action. A terme, des mafias, des cartels de la drogue ou d'autres entités malfaisantes pourraient s'associer avec des pirates informatiques».

Pour mieux se défendre contre ces attaques, toutes les cibles potentielles doivent coopérer. «Nous voulons travailler avec la Silicon Valley pour mieux prévenir les attaques, contre les entreprises technologiques mais aussi contre nos services», réaffirme Loretta Lynch. Une affirmation en guise d'invitation à des majors de la high-tech et du web souvent réticents à coopérer avec les autorités et à leur transmettre des données, de peur que les datas de leurs clients soient disponibles. «Quand vous voulez construire un partenariat public-privé, il faut d'abord arriver à se faire confiance», rappelle d'ailleurs l'attorney general.

Un centre mondial de compétence à Singapour

Une fois cette confiance instaurée, il s'agira de centraliser et coordonner la traque des hackers. Pour ce faire, Interpol a dévolu son Global Complex for Innovation (IGCI) de Singapour à la lutte contre le cybercrime. C'est ici que les initiatives associant entreprises privées et partenaires publics (dont les polices des 190 états-membres) seront coordonnées. «Un des besoins les plus urgents pour lutter contre la cybercriminalité est de mieux partager nos informations», rappelle Jean-Luc Vez.

 

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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