Bilan

After Dark invite à visiter les musées la nuit via un robot

Lauréat du premier IK Prize, le projet After Dark propose aux internautes de profiter de la nuit pour visiter les musées par l'entremise d'un robot qu'ils peuvent piloter à distance.
  • Le projet After Dark permet de diriger un robot dans les allées des musées la nuit, avec la possibilité d'observer les oeuvres par le biais d'une caméra.

    Crédits: Image: Tate/The Workers
  • Les robots disposent de caméras et de systèmes d'éclairages par leds pour observer les oeuvres d'art.

    Crédits: Image: Tate
  • Les trois créateurs de The Workers ont développé leur projet ces derniers mois et celui-ci leur a permis de remporter la première édition du concours IK Prize, organisé par la Tate Gallery.

    Crédits: Image: The Workers

Loin des cohues de visiteurs en journée, tout le monde rêve de profiter de la nuit pour parcourir les allées de musées et contempler les oeuvres à sa guise. Mais ce privilège reste réservé pour le moment à quelques VIP et invités prestigieux des grandes galeries. Trois ingénieurs, Tommaso Lanza, Ross Cairns et David de Duca, ont souhaité offrir cette possibilité au plus grand nombre. Ensemble, au sein de leur studio de création numérique The Workers, ils ont imaginé et développé le concept After Dark.

L'idée est simple: s'il est impossible d'ouvrir les portes des musées la nuit à de vrais visiteurs pour des raisons d'assurances, de sécurité et de coûts, des robots peuvent être programmés pour des tâches bien spécifiques et bridés pour ne pas causer de dégâts. En les équipant de caméras, de projecteurs à leds et de détecteurs, ils ont mis au point des automates capables de se déplacer dans les allées au gré des envies des internautes qui les pilotent depuis leur domicile via un ordinateur connecté, choisissent les oeuvres qu'ils souhaitent contempler.

Un nombre de robots volontairement limité

Pas d'ambition démesurée: les concepteurs sont conscients des limites de l'expérience pour l'utilisateur et ne s'imaginent pas qu'un pilotage de robot à distance et une visualisation des oeuvres via un écran d'ordinateur puisse remplacer les sensations d'une visite réelle dans un musée. «Nous n'essayons pas de vous donner une représentation parfaite de l'art. Il s’agit d’approcher l’art sous un angle et une lumière différents, au sens propre comme au figuré», explique Tommaso Lanza.

Conçu en lien avec une prestigieuse institution britannique, la Tate Britain, le projet a remporté voici quelques jours la première édition du concours IK Prize, organisé par la Tate Gallery pour susciter et soutenir des projets visant à rapprocher le grand public de l'art via les technologies digitales. Dans les mois à venir, les outils seront développés et les premiers internautes devraient pouvoir déambuler dans les allées de la Tate par le biais des robots dès l'été prochain. Pour vivre une expérience inédite: «L’inspiration initiale de ce projet est une émotion plus qu’une technologie spécifique. Il s’agit d’être seul dans une vaste galerie historique. Nous voulons que les gens aient le sentiment d’avoir le contrôle, la maîtrise, tout en s’émerveillant devant une collection de 500 ans qui comprend certaines des œuvres les plus importantes au monde», ajoute Tommaso Lanza.

Pas question toutefois de remplacer la cohue diurne des visiteurs par des embouteillages nocturnes de robots: le nombre de machines sera volontairement restreint. Notamment pour conserver ce sentiment d'être seul dans un musée. «Les robots seront fabriqués pour l’occasion et nous ferons en sorte de les rendre les plus simples possible. Nous avons principalement besoin de pouvoir contrôler les déplacements, la caméra et l’éclairage», précise Tommaso Lanza. Et si jamais la demande venait à être trop importante, une liste d'attente serait générée par le programme de gestion des robots.

 

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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