Bilan

«On a besoin de cette ébullition des startups dans la fintech en Suisse»

Naissance d'incubateurs, organisation de startup week-ends, et désormais fintech day: la scène de la finance innovante est en pleine ébullition.

Le secteur bancaire et financier traditionnel est remis en cause par de nouveaux acteurs.

Crédits: Image: DR

Jeudi 19 novembre 2015: Square vit son IPO à New York. La société spécialisée dans le paiement mobile née en 2009 avait été valorisée autour de 6 milliards de dollars à quelques semaines de son introduction en bourse. Mais à la veille de la première cotation, le prix de l'action est annoncé très bas, divisant par deux la valorisation de la startup. Immédiatement, de nombreux analystes voient dans cette annonce les prémisses de la fin de la bulle high-tech. D'autres se montrent très sévères avec les startups de la fintech, jugeant le potentiel de ce secteur largement surévalué par une hype de l'innovation à tout crin. Quelques heures après la cloche de Wall Street, les dirigeants de Square peuvent arborer leur plus beau sourire: le cours de l'action a grimpé de 43%. En dépit d'une baisse dans les jours qui ont suivi, Square reste largement au-dessus de son cours d'introduction.

Cette réussite, si elle venait à se confirmer dans les semaines à venir, témoignerait de la tendance actuelle à l'apparition de nouveaux acteurs dans les secteurs de la banque et de la finance. Un trend qui a débuté depuis une vingtaine d'année. Avec des réussites majeures illustrées par des pionniers comme PayPal aux Etats-Unis ou Temenos en Suisse. Mais depuis quelques années, les nouveaux acteurs ne se contentent plus de créer des solutions innovantes et de les proposer aux banques établies: certains remettent en cause ces acteurs traditionnels.

Présentations de startups, table-ronde, networking

La plupart des acteurs de la fintech conservent cependant un business très spécifique, compatible avec ceux des banques conventionnelles. Et c'est notamment pour permettre ces connexions que des événements sont organisés, mettant aux prises établissements financiers traditionnels et nouveaux acteurs du domaine. «Pas mal d'entreprises tardent à prendre conscience des enjeux du digital, en particulier dans la finance. Souvent, les banquiers rechignent à bouleverser leur modèle en se disant que cette révolution ne les touche pas, que ça reste un phénomène marginal», constate Anthony Favre, organisateur du Fintech Day qui se tiendra jeudi 26 novembre à Genève.

Après une première édition à Paris récemment, qui a réuni 250 acteurs de la place financière française, Anthony Favre et ses collègues d'OCTO Technology, cabinet de conseil spécialisé dans la transition numérique, se sont alliés aux intermédiaires majeurs de la place bancaire genevoise pour proposer une rencontre baptisée «FinTech: concurrents ou partenaires?». Plusieurs sessions de présentation de startups sont au programme, ainsi qu'une table-ronde et des moments dévolus au networking dans le lobby du cinéma Pathé Balexert.

«Nous avons convié une vingtaine de startups qui pourront toutes présenter leur produit devant les représentants des banques, des investisseurs, des spécialistes de la finance,... L'objectif est de créer des synergies, des partenariats, voire, à terme, d'ouvrir la voie à des rachats», explique Anthony Favre. Condition sine qua non pour les startups: avoir déjà un produit à proposer. «Nous ne souhaitons pas avoir de startup en early stage, sauf si on détecte un intérêt vraiment énorme. Mais l'objectif est vraiment d'aboutir à du concret très rapidement», avertit l'organisateur.

Une édition focalisée sur les problématiques suisses

Et si les startups de la fintech vivent une année particulière en Suisse (premier startup week-end spécifique dans notre pays, mise en place d'un incubateur à Genève), rien n'est encore gagné: «On a besoin de cette ébullition: on est un peu en retard à ce niveau en Suisse. Toute notre économie, au-delà des banques et du secteur financier, a du mal à franchir le cap du digital», regrette Anthony Favre.

Pourtant, les idées innovantes ne sont pas absentes de Suisse: «Nous aurons les deux tiers de nos startups qui seront des jeunes entreprises du pays, auxquelles nous ajouterons quelques pépites françaises parmi les plus intéressantes», annonce l'organisateur. «Notre événement fintech à Paris a rencontré le succès, mais l'idée n'est pas de le dupliquer à l'identique ici: il faut tenir compte des spécificités suisses et proposer une offre adaptée», avertit Anthony Favre.

 

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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