Bilan

«Nous sommes à la recherche d'un équilibre entre progrès et fair-play»

Pour Bilan, il explique une décision qui fait date dans l'histoire du sport. La décision du TAS de laisser Oscar Pistorius participer aux qualifications pour les Jeux olympiques était-elle fondée sur le fait que ses prothèses ne lui confèrent pas un avantage ou sur le doute que ce soit le cas? L'interdiction prononcée par la Fédération internationale d'athlétisme reposait sur un article de son règlement qui prévoit qu'un athlète ne peut pas avoir recourt à un équipement qui lui procure un avantage quelconque. La question était donc de déterminer si l'on devait tenir compte d'un avantage ponctuel et spécifique, au départ de la course par exemple, ou si l'on devait faire un bilan global des avantages et des inconvénients de cet équipement sur l'ensemble de l'épreuve. La première expertise n'avait pris en compte qu'une partie de l'épreuve, les virages du 400 mètres. Une contre-expertise a, au contraire, souligné que le départ très lent de Pistorius avec ses prothèses est un inconvénient qui compense largement l'avantage, non démontré formellement, des virages. Le TAS a tranché en faveur de cette appréciation globale. Quels sont les critères qui déterminent qu'une technologie apporte un avantage juste ou injuste? Cela dépend des règlements des fédérations. Dans l'athlétisme, les chaussures sont homologuées. La Fédération de natation laisse, au contraire, la recherche technologique se faire comme on l'a vu avec les nouvelles combinaisons. Cela dit, l'avantage d'un fabricant est temporaire. Vous voyez dans les bassins de Pékin comment les concurrents ont comblé leur retard. Le progrès ne rend-il pas plus flou la frontière entre des technologies qui remettent un athlète sur un pied d'égalité comme Pistorius et celles qui augmentent la performance, un peu comme une forme de dopage technologique? C'est vrai que nous voyons de plus en plus de cas à la limite. On ne peut toutefois pas comparer directement la problématique des avantages technologiques avec celle du dopage. Actuellement, se pose la question des caissons hyperbares que certains athlètes utilisent pour augmenter leurs globules rouges. La question de l'opération sur ses yeux de Tiger Woods pose aussi la question de ce qui distingue un traitement thérapeutique d'une procédure visant à augmenter la performance. Nous sommes constamment à la recherche d'un équilibre entre progrès et fair-play. Photo: Jean-Philippe Rochat / © Edipresse / Janine Jousson

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