Bilan

«Le bitcoin est encore trop complexe»

Shaban Shaame croit en la crypto-monnaie. Selon l’entrepreneur, de moins en moins de structures amatrices pourront survivre. Interview.

Shaban Shaame a fondé EverdreamSoft, une start-up active dans le gaming.

L’émergence de la crypto-monnaie séduit les entrepreneurs. Shaban Shaame, qui a fondé à Genève EverdreamSoft, une des rares start-up suisses actives dans le gaming, est l’un d’entre eux. Il voit dans le bitcoin – première monnaie électronique créée – une multitude de possibilités liées au paiement mobile. En collaboration avec l’Université de Genève, l’entrepreneur organise le 5 mai prochain un séminaire pour tout connaître de la monnaie virtuelle. Renseignements et inscriptions ici.

 

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans la crypto-monnaie ?

Je me suis toujours intéressé aux technologies émergentes. Avec EverdreamSoft et les jeux de cartes virtuelles, j’ai pris le pari du smartphone car les transactions via mobile diminuent la friction du paiement. Avec le bitcoin, c’est une nouvelle opportunité pour réduire encore plus cette friction, comme lorsqu’Apple a lancé son service de vente de musique iTunes il y a quelques années.

Ainsi, avec le paiement en bitcoin, si je veux donner de l’argent à une œuvre de charité à la TV par exemple, je vais pouvoir scanner le QR Code qui s’affiche avec mon mobile, et procéder facilement à des micro-paiements.  

Depuis le début de cette année, je monte une équipe pour un projet autour d’un service de paiement par bitcoin. Des investisseurs ont déjà manifesté leur intérêt.

 

La plateforme MtGox a fermé, le cours du bitcoin est très volatile… Comment ne pas rester méfiant vis-à-vis de la monnaie virtuelle ?

Le bitcoin a toujours été fluctuant. La volatilité est naturelle au début, mais s’il est largement adopté, cela se stabilisera automatiquement. Actuellement, c’est le Far West. J’aime comparer la situation de la crypto-monnaie à la ruée vers l’or : il n’y a aujourd’hui pas de cadre légal, tout est encore très nouveau et les acteurs font tout et n’importe quoi.

La structure MtGox était par exemple complètement amateur. Un cadre légal va se mettre en place, c’est certain. Les Etats ne devraient pas tarder à trouver un moyen de taxer les échanges en bitcoin.

 

Comment va se mettre en place la régulation du bitcoin?

L’Etat crée et contrôle la monnaie traditionnelle. Le bitcoin, lui, est décentralisé. Personne ne peut le contrôler. Il est difficile de savoir comment la crypto-monnaie sera régulée. Mais dès lors que les acteurs du marché se consolident, la régulation se mettra en place.

La crypto-monnaie est en voie de maturation. Avec l’expérience, il y aura de moins en moins d’amateurs qui pourront faire ce qu’ils veulent, et de plus en plus de professionnels cadrés.

Le système de la crypto-monnaie est constamment amélioré. Car pour que cela soit adopté par la masse, il faut qu’il soit compréhensible. Aujourd’hui, il est encore trop complexe.

Il n’empêche que de nombreux capital-risqueurs investissent déjà dans des plateformes comme Coinbase et Bitpay. Les projets amateurs ou suspects n’auront aucune chance. C’est une question de confiance et de crédibilité.

 

 

Séminaire sur la crypto-monnaie : lundi 5 mai, 18h30-20h30, Université de Genève, site de Battelle. Renseignements et inscriptions ici.

 

 

Dino Auciello

ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Lui écrire

Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

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