Bilan

«La Suisse peut jouer un rôle majeur dans la Fintech»

Le premier startup week-end de Suisse dédié spécifiquement à la fintech vient de se tenir à Zurich entre vendredi et dimanche derniers. L'occasion pour des jeunes de mettre sur pied un projet et de le confronter au regard d'experts du domaine.
  • Plus de 70 personnes ont pris part au premier startup week-end de Suisse dédié à la fintech.

    Crédits: Image: Startup Week-end
  • Les participants ont planché sur leurs projets pendant 48h, entre brainstorming, pitch, coaching,...

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  • Pas moins de 18 idées de business ont été proposées et douze projets de startups sont nés de ce week-end.

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  • Mouna Mahouachi a organisé ce premier rendez-vous du genre en Suisse à Zurich en prépare déjà un nouveau startup week-end dédié à la fintech en Suisse romande.

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De nombreuses startups parmi les plus prometteuses de Suisse sont nées lors d'un startup week-end. Pour les fondateurs, ce format court, dense et intense donne un aperçu de ce qui peut les attendre lors du processus de création de leur entreprise: maîtriser l'art du pitch, construire un projet autour d'une idée forte, bénéficier de conseils de coaches, défendre son projet devant des experts, travailler en équipe,... Autant d'exercices qui ne sont pas toujours maîtrisés à l'origine par les startupers.

Au fil des mois, pour renforcer la pertinence de tels rendez-vous ont émergé des startups week-ends thématiques, consacrés aux medtech, biotech, software, réseaux sociaux, gastronomie et hôtellerie,... ainsi qu'à la fintech. Or, ce secteur n'avait pas encore eu droit à son rendez-vous spécial en Suisse. D'où l'idée des organisateurs de ces rendez-vous et de spécialistes de la branche financière de permettre à la relève de la scène bancaire de s'emparer des thématiques les plus relevantes et d'imaginer des solutions pour faciliter les affaires à l'avenir, en s'adaptant aux nouveaux usages des clients ou en créant des modèles nouveaux.

Le week-end passé, de vendredi à dimanche soir, plus de 70 participants se sont retrouvés à Zurich pour le premier rendez-vous du genre. Pas moins de 18 idées ont été proposées et douze startups se sont formées pour mettre sur pied un projet. Brainstorming, pitch, séances avec des coaches, passage devant un panel d'experts,... Au terme de ces 48h très chargées, marquées notamment par la visite d'Andrew Hyde, fondateur des startups week-ends, le palmarès a été révélé: le jury a couronné Crowdcrawler, devant ATMap et Sensorbay, trois projets très différents.

Pour Mouna Mahouachi, organisatrice de ce premier rendez-vous, le succès a largement été au rendez-vous et il devrait permettre à d'autres éditions de voir le jour à l'avenir. Notamment en Suisse romande où les milieux financier et bancaire se sont également lancés sur le créneau fintech depuis quelques temps et se penchent sur les projets du secteur qui émergent.

Bilan: Pourquoi avoir proposé un startup week-end focalisé sur la fintech ?

Mouna Mahouachi: Les nouvelles technologies ouvrent d'innombrables possibilités pour créer de l'innovation et on observe aujourd'hui un changement de paradigme dans plusieurs industries. L'industrie financière est concernée par ce changement et en particulier la Suisse qui, grâce à sa tradition bancaire, peut jouer un rôle majeur dans la fintech. Pour cela, il est indispensable de formuler les bonnes questions et de créer un environnement qui permette à la créativité et à l'innovation de se révéler. Une édition fintech est donc tout à fait opportune et permettra de mettre la lumière sur ce nouveau défi.

Pourquoi n’y avait-il jamais encore eu de startup week-end fintech en Suisse ?

M.M.: Les changements de paradigme générés par les nouvelles technologies sont assez récents. Les métamorphoses ont besoin de temps pour se réaliser. Quand j'ai compris l'importance de la fintech j'ai tout de suite pensé à organiser un Startup Week-end sur ce thème. C’est comme ça que le projet est né en juin de cette année 2015.

Comment ce week-end s'est-il déroulé?

M.M.: Une septantaine de participants se sont réunis le vendredi soir. Ceux qui le souhaitaient ont eu 60 secondes pour présenter leur idée de startup. Les équipes se sont ensuite formées et ont travaillé sur leurs idées jusqu’au dimanche. Le samedi, une équipe de coach a encadré les équipes et les a conseillées. Le dimanche, un jury d’experts et d’investisseurs a évalué les présentations finales et désigné les gagnants.

Quel était le public visé ?

M.M.: Toute personne qui a un intérêt pour les technologies de la finance et l’entrepreunariat était la bienvenue.

La Suisse est-elle un spot favorable à la fintech et donc ce startup week-end logique ? Ou au contraire notre pays risque-t-il de louper la vague fintech et ce week-end s’inscrit dans une volonté de relancer cette branche ?

M.M: La Suisse est un terrain favorable pour l’innovation, et particulièrement pour la fintech. Nous sommes très certainement à un point critique et l’urgence se fait sentir pour continuer à être un acteur important dans le monde de la finance. Les responsables suisses en ont conscience et prennent déjà des mesures. La Suisse a l'atout majeur d'une tradition bancaire solide et les événements comme celui-ci subliment la créativité des jeunes acteurs du marché. Ma conviction est que la synergie entre cette tradition et cette créativité nous permettent de faire face aux défis présents et futurs.

Quel accompagnement peut être envisagé pour les projets qui viendraient à naître de ce startup week-end ?

M.M.: Il y a tout d'abord les initiatives Venture Lab en Romandie, à Zurich (à travers Technopark) et à St Gall et le financement Venture Kick. Beaucoup d’incubateurs et accélérateurs se sont également créés au sein d'entreprises cette année qui proposent des programmes pour les jeunes pousses.

D’autres rendez-vous similaires sont-ils envisagés ?

M.M.: Une édition fintech devrait voir le jour en Suisse romande prochainement et nous réfléchissons déjà à une seconde édition à Zurich. Souhaitons que l'idée prenne comme une traînée de poudre.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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