Bilan

La Lausannoise SwissBorg lève 10 millions en quelques heures

La fintech, qui vise à être la première plateforme de wealth management sur la blockchain, a entamé sa collecte de fonds en cryptomonnaies jeudi à 15 heures. Malgré problèmes techniques et report de projets, l'équipe se veut optimiste.

Malgré les soucis techniques et le report du premier produit de la société, Swissborg reste satisfaite des débuts de son ICO.

Crédits: DR

8h, vendredi matin, premier bilan pour l'équipe de SwissBorg, basée à l'espace de coworking Gotham à Lausanne. La collecte par vente de jetons sur la blockchain Ethereum (ICO) a permis le transfert de l'équivalent de 10 millions en cryptomonnaies (bitcoins, ethers et litecoins) depuis le lancement la veille à 15h.

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Un résultat satisfaisant pour Cyrus Fazel, cofondateur, compte tenu des difficultés techniques rencontrées et d'une conjoncture assez défavorable: «Le fait est que beaucoup d'investisseurs potentiels détiennent un portefeuille avec souvent la majeure partie en bitcoins. Or, avec la flambée du bitcoin qui a pris 50% en une semaine pour passer les 16'000 dollars dans la journée ont conduit les gens à le garder pour le moment».

Transactions retardées à cause ...d'un jeu de chats

Concernant l'autre principale cryptomonnaie -l'éther, de la blockchain Ethereum- un problème inattendu a entrainé d'importants ralentissements et empêché des transactions de s'effectuer. Le jeu cryptokitties, qui consiste à acheter, customiser et revendre des chats virtuels sur la blockchain fait fureur et crée une saturation, qui interroge le milieu sur la capacité d'Ethereum, une blockchain censée à terme supporter la mutation de l'économie numérique.

Une situation qui ne semble pas préoccuper outre mesure Cyrus Fazel: «Les transactions les plus conséquentes ont pu passer. Egalement nous avions envisagé d'autres possibilités de participer, avec le Bitcoin cash, Litecoin et Ripple. Pour ceux qui veulent contribuer en ethers, la solution est de proposer des frais de transaction supérieurs pour que l'ordre passe plus vite, mais certaines personnes refusent philosophiquement de se livrer à cette course. Quant à Ethereum, d'autres protocoles sont en développement, comme celui dit "proof of stake", qui va permettre d'augmenter considérablement l'efficacité de la blockchain.»

Initialement prévue le 21 novembre, l'ICO a donc pu s'ouvrir finalement ce 7 décembre. Elle se poursuivra jusqu'au 24 décembre avec un objectif à 50 millions de francs. Les jetons seront ensuite distribués et donneront une droit de participation à des referendums au sein de la communauté et d'influencer les décisions stratégiques liées aux développements de la plateforme. Les jetons seront également cotés dès le début de l'année et échangeables sur une plateforme, avec laquelle SwissBorg négocie en ce moment.

«Cryptofonds» reporté en attendant la position de la Finma

En attendant le lancement du premier produit, le fonds en cryptomonnaies Cryptalion, dont l'ICO devait se dérouler simultanément à celle de SwissBorg, avec un objectif de collecte de 100 millions, mais qui est reporté: «Le débat sur la qualification des jetons est partout, relève Cyrus Fazel, et nous nous attendons à ce que la FINMA se positionne prochainement comme le font actuellement les autres régulateurs. Si les jetons correspondant aux fonds d'investissement sont qualifiés de placements collectifs, il faudra se pencher sur des questions comme à qui, ou comment le distribuer.»

L'équipe dit penser au premier trimestre 2018 pour le lancement de son premier produit. En l'attente, elle affirme que tout l'argent collecté sera investi par SwissBorg (ou partie gardé en cryptomonnaies et partie converti en monnaies traditionnelles), et géré selon une stratégie voulue transparente, et conçue comme une façon d'éduquer sa communauté à l'investissement «crypto». Ainsi, les fondateurs prévoient de laisser dès le 1er janvier aux détenteurs de jetons, une vue complète sur l'ensemble des mouvements réalisés avec le fruit de l'ICO.

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Joan Plancade
Joan Plancade

JOURNALISTE

Lui écrire

Diplômé du master en management de l’Ecole supérieure de Commerce de Nantes, Joan a exercé pendant sept ans dans le domaine du recrutement, auprès de plusieurs agences de placement en France et En Suisse romande. Aujourd’hui journaliste indépendant, Il travaille en particulier sur des sujets liés à l’entreprise, l’innovation et l’actualité économique.

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