Bilan

50 start-up de Bilan: la voie du succès

Les deux tiers des jeunes pousses sélectionnées par le jury de Bilan ont avancé dans leur processus de financement. Nos lecteurs n’y sont parfois pas étrangers. Témoignages.
  • François Randin (Green Motion) Crédits: François Wavre/Rezo, Dr
  • Iwan Märki et Nicolas Durand (Abionic) Crédits: François Wavre/Rezo, Dr
  • Frédéric Dubois et Yannick Lesbros (Spiralps). Crédits: François Wavre/Rezo, Dr

 «J’ai été contacté par une dizaine d’investisseurs potentiels suite à la publication de la sélection des 50 start-up par Bilan. Cela a même fait le tour du monde!

Dans un cas, il s’agit d’un groupe japonais dont les bénéfices dépassent le milliard et dont les cadres sont déjà venus nous rendre visite à deux reprises. Et, dans un autre cas, d’investisseurs suisses basés à Hongkong.»

Bien sûr, les témoignages que nous avons reçus des entrepreneurs qui figuraient dans notre sélection «50 start-up suisses dans lesquelles investir» en février dernier ne sont pas tous aussi positifs que celui de Julien Arn, le fondateur de l’entreprise de technologies médicales jurassienne Perfusal.

CEO de Quantesys, Nader Erfani, qui a développé un outil d’investissement basé sur la finance comportementale, confie n’avoir pas reçu de demandes d’investisseurs, même s’il indique que la publication a débouché sur «des propositions de partenariat dont la plus sérieuse vient des Etats-Unis».

De même, Henri-Philippe Sambuc, chez Catecar (voitures électriques) et Guy Wolfensberger, fondateur de Grove Boats, ainsi qu’une douzaine d’autres start-up n’ont pas enregistré de résultats notables pour le développement de leurs affaires suite à leur présentation dans Bilan.

Cependant, la plupart considèrent que cette opération a été positive dans un contexte de financement difficile. Au total, cette publication a généré au moins 43 prises de contact par des investisseurs intéressés et plus d’une dizaine d’opportunités d’affaires nouvelles pour les deux tiers des entreprises de notre sélection.

Ainsi François Randin, le manager de l’entreprise de stations de recharge pour véhicules électriques Green Motion, explique: «Un fonds d’investissement avec qui nous n’avions jamais eu de contact nous a écrit suite à l’article. Une rencontre a été organisée à Genève à fin avril pour lui présenter Green Motion.»

De même, chez la medtech Abionic, Nicolas Durand relève: «Nous avons été contactés par deux business angels intéressés. Il est encore trop tôt pour savoir s’ils pourront concrètement participer à un prochain tour de table.»

A Yverdon, Xavier Veuthey, l’un des fondateurs de Tabrasco (sport), indique: «Suite à votre article, Tabrasco a été contactée par un investisseur de type family office, un investisseur discret qui s’intéresse au sport. Je l’ai rencontré début mai dans une grande ville d’Europe et le courant est passé. J’ai une très bonne intuition quant au potentiel de cette relation.»

Etrangers intéressés

De fait, les start-up suisses intéressent les investisseurs au-delà de nos frontières et parfois plus qu’à l’intérieur. Maël Guillemot, le CEO de Klewel (logiciels), est ainsi entré en contact avec un investisseur basé à Paris. De même que 3DB Technologies (contrôles d’accès), dont le fondateur Boris Danev précise que «ce sera pour un financement plus tardif».

Chez Nhumi (santé électronique), André Elisseeff constate aussi cette demande pour plus de maturité après un contact avec le géant pharmaceutique américain Merck. «Nous avons été contactés peu de temps après l’article mais cela n’a rien donné. Nous étions trop «jeunes» pour eux.»

Reste que ces relations ne sont pas perdues. Ainsi chez Spiralps, Yannick Lesbros indique avoir été contacté par six investisseurs dont quatre «sérieux».

Il explique que l’entreprise a trouvé les 550  000 francs qu’elle recherchait. Et ajoute: «Les investisseurs potentiels qui nous ont contactés par rapport à l’article sont en contact avec nous et participeront peut-être à notre troisième levée de fonds pour l’expansion internationale à fin 2013, début 2014.»

D’après certains témoignages, notre sélection a aussi encouragé des investisseurs déjà présents dans leurs démarches. Ainsi, selon Nicolas Durand, «l’article a très clairement eu un impact positif pour nos investisseurs actuels. Et comme nous sommes en train de discuter un réinvestissement pour notre série A, c’est très bénéfique.

Nous avons également eu plusieurs contacts avec de futurs clients potentiels.» François Randin ajoute, lui, que «le processus de levée de fonds avec un investisseur étranger qui était en cours en début d’année a très probablement été facilité par l’article de Bilan».

Selon Ivan Orlov, CEO de Scientific Visual (contrôle de qualité), «au moment de la publication nous recherchions 600  000 francs et nous avions quelques contacts avec des investisseurs potentiels.

La publication a eu un impact très positif auprès de ces contacts existants. Deux particuliers, à titre privé, ont signé sans tarder pour 200 000 francs. Et une négociation dormante avec un club d’investisseurs de Romandie a été réactivée. Elle s’est clôturée début mai avec une autre tranche de 200  000 francs et nous travaillons sur la dernière tranche.»

Reste que dans un cas, celui du site d’identification biométrique KeyLemon, notre sélection, confondue avec un classement, a au contraire déplu aux investisseurs. «Quand une société n’est pas dans le top 5 de Bilan, cela peut être délicat», indique Gilles Florey, le CEO. Notre prochaine édition devra lever cette ambiguïté.

Certaines entreprises ont aussi décroché de nouveaux clients. Klewel indique ainsi avoir obtenu «une opportunité d’affaires en cours de discussion avec un grand groupe basé sur l’arc lémanique via une agence audiovisuelle partenaire». Aicue et Agricircle disent aussi avoir entamé des négociations avec de nouveaux partenaires potentiels pour des développements tant en Suisse qu’à l’étranger.

«Je fais beaucoup de dégustations pour Spiralps et tous les jours j’entends: «Je vous ai vu dans Bilan», témoigne Yannick Lesbros. Il ajoute: «L’article donne de la crédibilité à nos petites start-up, surtout l’avis de vos experts.»

De fait, la crédibilité entrepreneuriale des membres de notre jury, Abir Oreibi (Lift), Andrea Pfeifer (AC Immune), Jean-Claude Biver (Hublot), Pierre Chappaz (ebuzzing) et Carlos Moreira (WISeKey), est en relation directe avec l’impact de cette opération.

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Lui écrire

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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