Bilan

5000 jobs créés par les startups soutenues par Venture Kick

L'organisation de soutien aux startups Venture Kick célèbre son 10e anniversaire. L'occasion de revenir sur une décennie d'accompagnement des pépites suisses avec Jordi Montserrat, cofondateur de Venture Kick et responsable pour la Suisse romande.

L'équipe de Venture Kick fête ses dix ans et se projette déjà vers l'avenir.

Crédits: DR

Beau palmarès pour Venture Kick à l’occasion de ses dix ans: les 522 projets de startups soutenus par l’organisation ont donné lieu à la création de 351 entreprises de haute technologie, qui cumulent 1,8 milliard de levées de fonds depuis 2007. Commentaire et perspectives d’avenir avec Jordi Montserrat, cofondateur de Venture Kick et responsable pour la Suisse romande.

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Quel regard portez-vous sur les dix 10 années écoulées? 

Jordi Montserrat: Ce qui me réjouit le plus, c’est que le monde des startups a une bien meilleure image aujourd’hui qu’en 2007! Il y a eu une professionnalisation de tous les acteurs et plusieurs cantons ont mis en place des mécanismes de soutien à l'innovation. Je me souviens qu'il y a une dizaine d'années, la plupart des gens pensaient que les multinationales étaient notre seule force mais que les startups, ce n'était pas vraiment sérieux et cela n'allait pas créer d'emplois durables. 

Justement, comment avez-vous évalué l'impact sur l'emploi? 

Nous avons demandé à toutes les sociétés que nous avons accompagnées combien de postes actifs elles avaient actuellement. Il ne s'agit donc pas de tous les emplois créés en dix ans, mais bien du total d'emplois aujourd'hui, qui s'approche de 5000 postes équivalents temps plein dans plus de 350 entreprises. 

Comment jugez-vous les progrès de la Suisse romande en particulier? 

La Suisse romande s'est beaucoup développée et a clairement rattrapé les lacunes qu'elle pouvait avoir. Ces derniers mois d'ailleurs, la région a enregistré des levées de fonds majeures, se comptant en plusieurs dizaines de millions de francs si l'on prend l'exemple de Mindmaze ou Sophia Genetics. Nous avons moins vu cela du côté alémanique. 

Les thèmes biotech et medtech ont été les stars de la décennie écoulée. Vers quels segments se dirige-t-on pour les 10 années à venir?

Ce qui est clair, c'est qu'il ne faut négliger aucune option. Il y a dix ans la "Health Valley" semblait être une voie royale, mais peu de gens avaient anticipé l'explosion des drones ou de la robotique, de même que croissance des fintech autour de Genève par exemple. A l'avenir, je pense que nous verrons surtout beaucoup de modèle hybrides entre plusieurs secteurs, au croisement entre l'intelligence artificielle, la robotique et la santé par exemple. Les cleantech devraient aussi connaître une accélération grâce à un contexte économique et politique bien plus porteur.  

Si les financements d'amorçage, comme ceux que peut octroyer Venture Kick, sont devenus plus accessibles, les startups doivent souvent se tourner vers des investisseurs étrangers pour leur financement de croissance. Est-ce un problème?

Pour moi ce n'est pas un problème. Je comprends que des gens puissent s'inquiéter du possible départ de Suisse de startups à succès, mais si elles le font, c'est rarement à cause de l'origine ou de la localisation de leurs actionnaires. La logique principale de l’investisseur, et sa responsabilité, c’est que l’entreprise se porte bien. On voit d'ailleurs des sociétés dont les investisseurs sont suisses qui doivent aussi délocaliser. Par ailleurs, les investisseurs étrangers apportent aussi une valeur ajoutée et une expertise au niveau international. Ce que l'on peut regretter c'est vrai, c'est que les investisseurs suisses passent à coté de quelque chose car nous avons enregistré de beaux succès. Mais il y a actuellement une prise de conscience et de plus en plus d'intérêt, je suis optimiste.

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Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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