Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

ZURICH/Le Kunsthaus montre les Johan Christian Dahl reçus

Crédits: Kunsthaus, Zurich 2018

Je vous en avais parlé avant. Maintenant, j'ai vu. Depuis le 7 septembre, le Kunsthaus de Zurich montre les dix-nuit tableaux de Johan Christian Dahl que lui a donné l'homme d'affaires Christen Sveaas, installé en Suisse. Le propriétaire de AS Kistefos. Ce dernier a ajouté à ses largesses une œuvre de son élève Peder Balke. Nous restons ainsi entre Norvégiens. Les deux peintres du XIXe siècle tout comme le mécène sont issus d'un pays n'existant en officiellement sur la carte que depuis 1905. Avant, il s'agissait d'une extension de la Suède. 

Les toiles sont disposées dans deux salles du bâtiment de 1910. Celles-ci se prêtent mieux à la présentation de la peinture ancienne. Si Dahl (1788-1857) reste avant tout un paysagiste, ses sujets n'en apparaissent pas moins variés. Il y a là des vues de Norvège, dont une gouache et aquarelle précoce de 1811 représentant Bergen. Le sud de l'Italie, où l'artiste a séjourné dans les années 1820, se voit aussi bien représenté par des Franciscains vus à Naples en 1823 que par un Vésuve observé d'Ischia la même année. La période allemande, qui a vu vivre Dahl dans la proximité de Caspar David Friedrich, figure bien sûr aux murs avec des panoramas de l'Elbe. Notons que dans la donation figure aussi une vue du glacier de Grindenwald en 1835.

Lisse, méticuleux et précis 

L'art de Dahl se révèle lisse, méticuleux et précis. L'homme aime les petits, voire tout petits formats. Une vitrine contient trois véritables miniatures. Le résultat séduit, sans posséder pour autant la magie des œuvres majeures de Friedrich. Dahl synthétise moins. Il manque un peu de mystère. Le mysticisme devant la nature de son aîné lui fait aussi défaut. Les pièces présentées à Zurich possèdent beaucoup de charme. Elles ne dégagent pas pour autant de réelle magie. Le Kunsthaus a tenu à mettre le Norvégien en regard avec quelques peintres du XVIIe siècle hollandais, comme Jacob van Ruisdael et Meindert Hobbema. Il le rapproche aussi de Claude Lorrain. C'étaient de bonnes idées. L'accrochage peut ainsi se présenter comme une exposition dossier. Il est du coup permis de se demander combien de Dahl subsisteront dans l'accrochage prévu pour le grand musée en 2020. 

A ce propos, les travaux avancent des deux côtés du Heimplatz. Vue en semaine, la présentation Dahl vibre au rythme des marteaux-piqueur. On tremble pour les deux pastels de Liotard accrochés quelques salles plus loin. Le sol tremble tellement que le visiteur a l'impression de subir un petit massage des pieds. Espérons que toutes les précautions ont été prises...

Pratique

Kunsthaus, 1, Heimplatz, Zurich, pas de date de fin indiquée. Tél. 044 253 84 84, site www.kunsthaus.ch Ouvert le mardi, le vendredi, le samedi et le dimanche de 10h à 18h, les mercredis et jeudis jusqu'à 20h.

Photo (Kunsthaus, Zurich 2018): Un arbre peint par Johan Christian Dahl. Fragment.

Texte intercalaire.

 

 

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