Koppel Peter

COFONDATEUR DU FORUM PME/KMU

Dans les années 80, Peter Köppel est chargé de cours en littérature française et comparée à l’Université de Zurich. Après une formation en analyse politique internationale, il devient consultant en entreprise à Saint-Gall. Il participe également à la rédaction du Livre blanc de David de Pury. En 1996, Peter fonde une agence de communication à Zurich. En 2009, il est l’initiateur et le coorganisateur du Forum PME/KMU pour le rapprochement alémanico-romand dans l'économie.

Zurich et le français

Traduction en français de la prise de position de Madame Regine Aeppli, cheffe du département de la formation du canton de Zurich, lors d’un débat sur l’enseignement des langues nationales en Suisse, dimanche 27 octobre 2013, au Literaturhaus à Zurich, à l’occasion de la parution de la traduction en allemand du livre „La Suisse plurilingue se déglingue“ de José Ribeaud: „Vier Sprachen, ein Zerfall“.  (Voir notre billet de la dernière semaine.)

Traduction des propos de Madame Aeppli, recueillis à la fin du débat:

PK: Les bons vieux temps du plurilinguisme, vous n’y croyez donc pas?

„Je pense que c’est une illusion que de croire qu’il y eût un temps où nous étions davantage plurilingues, en Suisse. Il y avait peut-être plus d’échanges entre les groupes linguistiques: les hommes faisant leur service militaire, les jeunes femmes effectuant souvent un séjour d’un an en Suisse romande (le „Welschlandjahr“). C’était la base de la pratique du plurilinguisme.

Or, la formation dure plus longtemps aujourd’hui, pour la plupart des gens. Ce qu’on a appris jadis lors des séjours en Suisse romande, on l’apprend aujourd’hui à l’école. C’est pour cela qu’il est très important de promouvoir davantage la pratique de nos langues nationales, on est loin de mettre en oeuvre toutes les possibilités, nous encourageons les échanges surtout. Mais les gens ont tendance à continuer chez eux leur carrière professionnelle ou leurs études, la mobilité étant bien inférieure à ce que l’on croit. On change beaucoup moins de domicile d’un canton à l’autre, voire d’une région linguistique à l’autre que l’on croit communément. Mais en tant que nation de volonté, nous avons l’obligation de nous comprendre mutuellement, et je pense que la formation actuelle est suffisante pour atteindre ce but, du moins pour tous ceux qui ont la chance d’en profiter.“

PK: L’enseignement du français à l’école primaire, est-il menacé dans le canton de Zurich?

„Vous savez, j’ai passé par ce purgatoire! Chez nous, la dernière initiative populaire en la matière date d’il y a sept ans. Elle avait pour but de reléguer le français à la formation supérieure. Or moi, je me suis battue, j’ai invité des collègues romandes pour souligner l’importance du français en Suisse alémanique, et presque 60 pour cent des votes s’exprimèrent contre l’initiative. Je m’en sens fortifiée dans ma position qui consiste à préconiser l’enseignement des deux langues à l’école primaire.“

Traduction autorisée par Madame Regine Aeppli. 

 

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