Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

ZURICH/Deux amateurs prêtent leur collection au Kunsthaus pour vingt ans

Les choses n'ont pas traîné. Le 27 août, le Kunsthaus de Zurich vernissait l’exposition «Un âge d'or». Une cinquantaine de tableaux hollandais flamands et hollandais du XVIIe siècle se voyait présentée en regard d’œuvres de la même époque appartenant au musée, ou déposés par des fondations dans ses collections. Je me disais (et je vous ai alors dit) que le tout sentait l'appel du pied. Le musée avait visiblement envie de garder ces toiles et panneaux de petit format, signés par des noms peu connus, mais de grande qualité. 

Le 17 septembre, le Kunsthaus mettait discrètement la nouvelle sur son site. L'ensemble formé par Karin et Ferdinand Knecht allait rester là plus longtemps qu'annoncé. D'abord, la manifestation se voyait prolongée jusqu'au 10 janvier. Ensuite le couple a «confié» au musée ces œuvres «pour plus de vingt ans». Et comme le couple n'est plus très jeune (je dirais dans les 80 ans, au vu des photos du vernissage), deux décennies frisent l'éternité. Il faut dire qu'il s'agit là d'une ravissante collection comprenant tout de même des pièces de Jan Brueghel l'Ancien, d'Hendrick Avercamp ou de Jan van Goyen.

De l'art de soigner les mécènes 

Comme je vous l'avais alors expliqué, le catalogue scientifique est remarquable. Il y a, comme ça, des institutions qui savent soigner leurs mécènes. A Genève, tel n'est pas toujours le cas. Il est même resté des offres sans réponse (ni positive, ni négative). Le Kunsthaus prend parfois des risques. Il y a quelques années, la veuve d'un dentiste tessinois lui avait ainsi offert une grande partie des peintures du Zurichois d'origine Albert von Keller (1844-1920). Un artiste par ailleurs très intéressant. Le musée avait publié le catalogue, organisé l'exposition et remercié la donatrice pour «sa générosité, sa patience et son humour». Voilà qui dénote au moins une certaine classe.

Pratique

"Un âge  d'or", Kunsthaus, 1, Heimplatz, Zurich. Tél. 044 253 84 84, www.kunsthaus.ch Jusqu'au 10 janvier. Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, les mercredis et jeudis jusqu'à 20h. Photo (Kunsthaus): Une nature morte de Jacob van Walscapelle. Les Knecht ont un faible pour ce genre de peintures.

 

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