Chabanne Xavier

Xavier Chabanne est le responsable national des applications pour Oracle Suisse. En charge de la mise en œuvre de la stratégie Oracle Applications en Suisse, il aide ses clients et prospects à naviguer vers la prochaine génération d'applications cloud, en défendant l'utilisation de nouvelles technologies telles que l'intelligence artificielle, l'apprentissage automatique, les chatbots, etc.

Depuis 1999, le travail de Xavier Chabanne chez Oracle a toujours été axé sur la création de collaborations solides avec ses clients des moyennes et grandes organisations, en tirant des enseignements de leur entreprise, puis en proposant les meilleures solutions pour adapter leur organisation aux nouveaux modèles commerciaux. En plus de son rôle de Country Applications Manager, il est également le Customer Experience Leader pour la Suisse et membre de la Country Leadership Team.

Les directeurs financiers, vrais leaders du big data

Alors que la crainte de la donnée semble paralyser la prise de décision et de risque chez la plupart des managers, une exception se profile: les directeurs financiers (DAF). Désormais, les DAF se positionnent en vrais leaders de l’utilisation des données au sein des entreprises.

Le « techno stress » ou stress lié aux nouvelles technologies serait-il le nouveau problème auquel sont confrontés les managers? L’accélération constante des changements dans les possibilités offertes par les technologies émergentes - telle que l’intelligence artificielle - et la quantité croissante de données exploitables génèrent une anxiété importante au sein des grandes entreprises. Une étude récente menée auprès d’un millier de managers a montré que 95 % des cadres interrogés se disent au moins occasionnellement débordés par la quantité de données à leur disposition.

Confrontés à ce déluge de données qu’est le big data, il est, à mon avis, essentiel pour les managers, et plus largement pour les employés, non seulement de comprendre les données auxquelles ils ont accès mais surtout d’avoir confiance en elles. Pour cela, ils doivent disposer de mesures regroupées au sein de tableaux de bord pertinents et compréhensibles, ce qui en amont, se traduit par une gouvernance des données. Une plateforme unique d’accès aux données pour le reporting, leur analyse et leur mise à disposition se révèle être un excellent moyen d’alléger le stress.

Face aux inquiétudes liées à la déferlante de données, les directeurs financiers font figure d’exception dans l’entreprise ; les équipes de la direction financière ont confiance à 53 % dans leur entreprise pour prendre les bonnes décisions, contre 40 % en moyenne. Les directeurs financiers sont plus confiants, car ils ont été parmi les premiers à prendre la mesure de la valeur stratégique du big data. La finance est bien positionnée pour aider toutes les autres fonctions dans leurs prises de décision. Ayant accès à des données à la fois financières et non-financières, les DAF peuvent soutenir les RH, par exemple, à mieux connaître leurs dépenses, mais aussi leur fournir des analyses pour planifier leurs programmes de recrutement. Les directeurs financiers sont aujourd’hui les seuls à avoir adopté des solutions de gestion des données leur donnant une vision à 360° de la santé de l’entreprise, ce qui est plus que jamais essentiel pour assurer la continuité de l’entreprise.

Evidemment, chaque situation et chaque solution est différente. Mais il existe des directives que les DAF peuvent suivre. Je pense qu’une bonne communication (avec les employés, clients et fournisseurs) et un suivi des équipes sont de réels avantages concurrentiels. J’ai souvent constaté que les structures internes et les silos de travail s'y opposent ; ce n’est qu’en tenant compte du facteur humain et en cassant les silos que la technologie permet aux données de circuler librement et efficacement entre et au sein des équipes.

Les départements finance se muent désormais en véritables digital factories. Elles gèrent des quantités de données formidables et l’évolution technologique des solutions permettant de mesurer la performance est accélérée notamment par le cloud qui amène une notion supplémentaire de self-service. De plus, les DAF se mettent à « consommer » la donnée sur différents supports (applications en ligne, mobile…) ce qui les rend plus réactif et leur permet une prise de décision quasi-immédiate. S’il fallait jusqu’à deux semaines d’attente pour obtenir les rapports consolidés par les contrôleurs de gestion, désormais l’immédiateté de l’information a permis de libérer du temps aux équipes financières pour la compréhension du business.

Près de chez nous, la HES-SO Genève a saisi cette opportunité de transformation numérique et, en modernisant sa budgétisation par des solutions financières sur le cloud, a réduit de 85% le temps nécessaire pour consolider l’information financière des six écoles, passant de 3 jours à une demi-journée. « C’était comme passer de la télévision en noir et blanc à la haute définition » explique Arnaud Rey, Directeur du projet de réorganisation des services finances.

J’ai toujours trouvé cela passionnant d’accompagner les clients à travers cette transformation digitale car il n’y a pas de solution type, chaque technologie doit répondre à des besoins spécifiques et doit surtout être adoptée par les équipes à défaut de quoi la valeur recherchée ne sera pas obtenue. Ce qui est certain c’est que la responsabilité du DAF est de plus en plus importante pour la connexion de l’entreprise à son écosystème.

Ainsi, une étude Deloitte récente prédit que 30% à 80% des métiers de la finance auront changé d’ici 10 ans, pour intégrer une des donnés stratégiques et digitales plus importantes. Dès lors, les équipes finance ne s’appuieront plus seulement sur les indicateurs de performance mais sur des analyses prédictives alimentées par l’intelligence artificielle en mesure de produire des scenarios pour anticiper les meilleurs business models et offres commerciales. Le navire du big data a quitté le port, mais c’est désormais aux directeurs financiers d’en donner le cap !

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