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MARKETEUR À L'ÈRE DU CLIENT CONNECTÉ

Blaise Reymondin a cofondé en 2004 l'une des premières agences spécialisées dans le web marchand. Aujourd'hui conseiller indépendant en marketing digital, il aide ses clients à comprendre les enjeux de la transformation digitale et tirer profit de l'Internet. A 46 ans, Blaise a collaboré avec plusieurs centaines d'entreprises et tissé des liens avec de nombreux dirigeants.

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Vision et perspectives pour l'identification par l'image

Lors d'une balade en ville, je dégaine mon smartphone et photographie des chaussures qui me plaisent bien dans une vitrine. Instantanément, le moteur de recherche de l'iPhone 7 m'indique plusieurs offres de marchands en ligne, un lien vers le site de la marque et des articles comparatifs sur des blogs.

A l'aéroport, je mate le blouson du type assis en face de moi. Une marque qui m'est encore inconnue, mais je le lui piquerais bien ! Du moins des yeux... Avec mes «Google Glass» de deuxième génération, un modèle désormais plus discret, je saisis la référence d'un double clignement de paupière. L'affaire est presque dans le sac, il me restera à finaliser la transaction amorcée sur un site e-commerce...

Nous ne sommes pas dans un roman de Philip K. Dick, mais aux environs de 2015-2017. Ma vision est celle de la convergence des développements technologiques en cours dans les domaines du mobile, des «perceptives medias» et des «wearable devices».

Expérimentation

En attendant, Google propose depuis quelque temps déjà la recherche à partir d'une image «uploadée». Pour l'instant, le principe consiste à dénicher des illustrations ou photographies similaires sur le web. Dans le même genre, j'utilisais TinEye pour vérifier la source d'un cliché. Et sur son mobile, il est possible d'effectuer des recherches sur la base d'images avec l'application Google éponyme, ou Google Goggles sur système Android.

Si ces nouvelles fonctionnalités ne sont pas encore mises en avant dans les smartphones, leur apparition n'est pas pour autant anecdotique et chaque nouvel utilisateur contribue à les améliorer.

Le QR Code n'a pas convaincu

Avec la reconnaissance d'image, il n'est pas nécessaire de marquer un objet ou une affiche avec une empreinte visuelle, comme il l'était avec le QR Code ou le code-barres. Ainsi, n'importe quel support devient identifiable par sa seule signature optique. Un des freins à l'adoption du QR Code, c'est que l'utilisateur est guidé vers un lien web unique; une adresse fournie par l'annonceur qui renvoie généralement vers le site d'une campagne publicitaire. Et si le mode d'utilisation reste nébuleux pour la plupart des utilisateurs, ceux qui ont essayé s'avèrent déçus de découvrir un complément d'information unilatéral. Les QR Codes sont bons pour les musées !

Des Suisses dans la course

Une spin-off de l'ETH Zurich, Koaaba, est à la pointe de la reconnaissance d'image et ce n'est certainement pas un hasard si elle est passée sous le giron de PubliGroupe. Elle a développé plusieurs applications mobiles prometteuses, dont un module d'identification de vin pour Denner. Sinon, j'apprécie tout particulièrement l'idée de Shortcut Reader qui permet d'identifier des articles de journaux et magazines, en les photographiant pour en stocker automatiquement une copie numérique. Plus besoin de découper les articles aux ciseaux et adieu les numérisations au scanner de piètre qualité ! (*)

Les fabricants ne manqueront pas d'encourager les badauds qui accepteront de devenir des catalogues vivants, ou qui mettront en évidence tel machin dans leur quotidien. Techniquement, il suffirait d'un tatouage numérique (watermark) invisible à l'oeil nu sur un objet ou un vêtement pour être capable de rémunérer le promoteur, lorsqu'un coup de foudre s'est transformé en achat effectif. Là encore, des sociétés suisses comme Alpvision auraient des atouts. Se dirige-t-on vers une nouvelle forme de traçabilité du marketing, qui emprunterait la technique de mesure de la conversion à la publicité en ligne, mais sur des hommes-sandwichs ? 

Données privées ? Vous n'avez encore rien vu...

Créer une opportunité commerciale derrière chacune de nos petites convoitises, une révolution pour le street-marketing et sans doute un fantasme pour les commerçants. Mais la reconnaissance d'image pourrait aussi virer à un cauchemar encore inédit pour le respect des données privées. Car si l'on arrive à identifier automatiquement des objets dans l'espace public, il en va de même pour des êtres humains !

La reconnaissance de visages fait déjà partie de nos habitudes, avec des logiciels d'imagerie comme iPhoto ou Google Picasa; ainsi que dans le mécanisme de «tag» de ses amis sur les réseaux sociaux. Ce qui se révélerait extrêmement  préoccupant, c'est leur interconnexion avec d'énormes bases de données de profils. C'est pourquoi je conjure Facebook de ne jamais céder à la tentation de monétiser ses centaines de millions de portraits, ou de les mettre à disposition d'organisations gouvernementales. Parfois la réalité dépasse déjà la science-fiction.

 

 

(*) La presse romande n'est malheureusement plus reconnue par l'application. Dommage... 

 

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