Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

VÉRONE/Un musée braqué. Dix-sept tableaux s'envolent...

Un vol audacieux. Un de plus. Les musées italiens seraient-ils des passoires? Pas vraiment. Il s'agit là d'une attaque à main armée, commise par trois hommes masqués. Le jeudi 19 novembre, le trio a braqué le Museo Civico di Castelvecchio de Vérone, peu avant la fermeture. Il est reparti avec 17 tableaux (15, selon d'autres sources), après avoir maîtrisé la caissière et le gardien présent. Ironie, c'est avec la voiture de ce dernier que les agresseurs sont repartis sans avoir proféré un mot, se qui n'aidera pas les recherches. 

Vérone tente bien sûr de minimiser les choses. «Des œuvres volées, quatre ont vraiment de la valeur», a déclaré son responsable de communication Roberto Bolis. C'est faire bon marché des Tintoret, du Rubens ou du Japopo Bellini. La ville ne semble ainsi donner de l’importance qu'au «Portrait de Girolamo Pompei» de Giovanni Bellini, à un des deux portraits de Giovanni Francesco Caroto (pourquoi celui-ci et pas l'autre?) à la «Sainte Famille» de Mantegna et surtout à «La Vierge à la caille» de Pisanello, icône du musée et icône tout court. Ce tableau des années 1420 n'a-t-il pas figuré sur un timbre italien?

Commande ou chantage à l'assurance 

Evidemment les œuvres sont invendables. Du moins sur le marché légal. La police pense qu'il s'agit d'une «commande». On parle comme toujours dans ce cas à un richissime amateur fou. Il peut aussi s'agir d'un chantage à l'assurance, qui se verra exercé dans un proche avenir. 

Il y a un peu moins de grands vols dans les musées transalpin, ces dernières années. Heureusement! Les tableaux se retrouvent rarement. Il semble qu'il ne faille pas serrer les bandits de trop près. Cernés, ils ont tendance à détruire. C'est ce qui se serait passé avec le Caravage de Palerme. Mieux vaut laisser réapparaître les peintures, parfois une génération plus tard. Cela dit, certains musées provinciaux (et déserts) comme celui de Vérone sont en danger permanent...

Photo (DR): "La Madone à la caille" de Pisanello, détail, vers 1420.

Texte intercalaire.

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