Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

VENISE/Que voir, de John Ruskin à Gino Rossi et à Zoran Music?

Crédits: Ca' Pesaro, Venise 2018

En dépit du faible nombre de ses habitant actuels, Venise reste une des villes européennes où il s'organise le plus d'expositions, et souvent de qualité. Je vous ai parlé du Marino Marini de la Fondazione Peggy Guggenheim, hélas terminé, ou des nouvelles propositions contemporaines de François Pinault. Outre le Cirva des Stanze del Vetro, dont il est question une case plus haut, je voudrais vite signaler cinq choses. 

Tout d'abord le Palazzo Loredan, qui abrite l'Institut vénitien pour les lettres, arts et sciences sur le Campo San Stefano, propose dans la série «Il mondo che non c'era» la collection précolombienne de la Fondazione Ligabue. C'est la rencontre improbable, mais réussie, d'en ensemble archéologique impressionnant, touchant tous les pays d'Amérique du Sud, avec une bibliothèque Renaissance pourvue d'immenses lustres de Murano. La chose dure jusqu'au 30 juin (www.arte.it

En 1851-53, John Ruskin publiait «Les pierres de Venise», dont il vantait le passé gothique et même byzantin. Pour l'Anglais, le palais ducal constituait «l'édifice central du monde». Il peut sembler normal que l'ancienne demeure des doges lui offre jusqu'au 10 juin une exposition avant tout formée d'aquarelles, mises en scène par Pier Luigi Pizzi, le grand décorateur de théâtre. Attention, Elle se poursuit dans le dépôt lapidaire du rez-de-chaussée! (www.palazzoducale.vistimuve.it

La Ca' Pesaro est devenue en quelques années un lieu hautement recommandable pour l'art moderne. Je vous ai parlé de l'exposition Hockney ou du don des époux Carraro. La Ca' montre jusqu'au 20 mai les œuvres de Gino Rossi (1889-1947). Ce peintre peu connu, qui n'a plus produit dans les deux dernières décennies de sa vie passées dans une maison de fous, a donné autour de 1910 des toiles franches et brutales dans le goût des avant-gardes d'alors. A découvrir. (www.capesaro.visitmuse.it

La Palazzo Fortuny a deux expositions courant jusqu'au 23 juillet. Le rez-de-chaussée de ce lieu étonnant montre «La chambre de Zurich» (en fait une sorte de carnotzet), réalisé par Zoran Music en 1950 pour les sœurs Dornacher. Les fresques ont été détachées. Les étages donnent un reflet de la Collection Merlini d'art moderne, dispersé dans les salles historiques. C'est un peu décevant, mais le musée dirigé par Daniela Ferretti nous a beaucoup gâté jusqu'ici. (www.fortuny.visitmuse.it)

Photo (Ca' Pesaro): Un paysage de Gino Rossi, vers 1910.

Ce texte intercalaire suit immédiatement celui dédié au Cirva à Venise.

 

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