RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef adjoint à Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également responsable du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches.

Une guerre dans la guerre

La guerre civile syrienne s’est progressivement transformée en guerre tout court, avec l’embrigadement de divisions entières de mercenaires étrangers venus renforcer les rangs de Daech. Alors qu’au début, suite au printemps arabe, un certain nombre de démocrates ont tenté vainement de renverser Bachar el-Assad, cela fait maintenant de nombreuses années, que ces derniers ont été remplacés au front par des islamistes voulant créer un califat où seule la charia serait appliquée. Une charia comprise à la sauce des mouvements obscurantistes, tels les wahhabites et les salafistes.

Depuis quelques semaines, alors que l’armée russe s’est décidée à prêter main forte à l’armée régulière syrienne pour tenter d’empêcher la création de l’Etat islamique, on voit une guerre de propagande se propager sur la toile, et dans les médias. Ces derniers ne parlent plus guère de la Croix-Rouge et de son bras sur place, le Croissant Rouge arabe syrien. Il n’y en a que pour les « Casques blancs » (appelée aussi Défense civile syrienne).

Qui sont-ils ? D’après plusieurs observateurs, dont un sociologue canadien affilié au Consortium interuniversitaire pour les études arabes et du Proche-Orient, les Casques blancs ne seraient pas aussi « blancs » que cela. UK Column News a compilé des images vidéos montrant notamment des membres des Casques blancs armés participant avec le groupe djihadiste Jabhet Al Nosra à des démonstrations de force. D’autres reportages indiquent qu’il s’agit d’un puissant groupe d’intérêts qui a des liens étroits avec Washington et dont l’action vise avant tout au renversement de Bachar el-Assad. Pourtant, depuis le renversement et la pendaison de Saddam Hussein, qui n’était pas un démocrate exemplaire non plus certes, l’Irak est en proie à une grande instabilité. Idem avec la Libye et Mouammar Kadhafi.

Bref, certaines agences américaines s’ingénient à vouloir décider quel président peut rester ou non au pouvoir, sans se soucier des conséquences futures. La culture hollywoodienne a montré à maintes reprises qu’elle était incapable d’analyse fine. Les méchants restent et resteront toujours les vilains Russes, mêmes lorsque ceux-ci ne sont plus communistes. Faut-il y voir une façon de détourner l’attention des populations, y compris américaines, des vrais problèmes ?

Pour en revenir aux « gentils » Casques blancs, ceux-ci ont entrepris de délégitimiser l’action des Nations-Unies en Syrie, notamment en produisant un rapport accusant l’ONU d’avoir pris fait et cause pour le régime syrien. Bref, on est entré dans une guerre de propagande et il devient toujours plus difficile de se fier à quiconque. Certains médias relaient avec une certaine naïveté certaines affirmations, notamment faute de moyens à disposition pour vérifier les faits. Les accusations pleuvent sur les Russes. Certains en viennent ainsi presque à regretter que la ville d’Alep soit prochainement libérées des milices djihadistes, sous prétexte que les bombardements provoquent aussi des morts de civils innocents. Qui peut réellement croire que l’on peut combattre contre les défenseurs de l’obscurantisme complet en usant d’armes propres ?

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