Emilyturrettini

CHRONIQUE INTERNET

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

Un pédophile et un meurtrier réclament le «droit à l’oubli»

Un pédophile et un meurtrier figurent parmi les premières personnes à entamer une procédure juridique auprès de Google, pour faire supprimer des informations les concernant dans les résultats du moteur de recherche. Selon la BBC, la moitié des requêtes proviendraient d'individus ayant un casier judiciaire.

Ces demandes surviennent suite au jugement mardi passé par la Cour de Justice l'Union Européenne d'accorder aux particuliers la suppression, sous certaines conditions, des liens vers des pages Internet comportant des données personnelles qui leur portent préjudice.

Le jugement de la Cour européenne a surpris, d'autant qu'il a été prononcé à l'encontre des recommandations contre le «droit à l'oubli numérique» rendues en juin dernier par l'avocat général de la Cour de justice de l'Union européenne, Niilo Jääskinen.  

Google élimine régulièrement des millions de liens de ses index, suite aux plaintes formulées pour des raisons de violation de droits d'auteur. Et le processus est largement automatisé. A titre d'exemple, selon le WSJ, pendant une seule semaine en mai, Google a effacé 5.3 millions de pages.

Dans le cas de plaintes formulées par des individus, il est probable qu’elles devront se traiter au cas par cas. Pour le Guardian, une possibilité serait que Google se décharge de la responsabilité de traiter ces demandes, en demandant aux Commissaires aux protections des données des pays où la requête à été formulée de trancher. 

La Cour européenne a spécifié que les individus ne peuvent pas simplement demander la suppression d’un lien pour que Google ou tout autre moteur de recherche soit obligé de s’exécuter. Un jugement devra être rendu prenant en considération le droit à l’information par le public et le droit à la vie privée de l’individu.

Google serait déjà en train d'élaborer une procédure pour traiter les demandes dont une première ébauche devrait être prête dans les semaines qui suivent mais dont les détails ne sont pas encore connus.

Pour Jimmy Wales, fondateur de Wikipédia, le jugement est «stupéfiant.» Pour Eric Schmidt, PDG de Google, la Cour européenne a été trop loin, créant «une collision entre le droit à l'oubli et le droit de savoir.»

Si les demandes continuent d'affluer, la tâche va s'avérer pharaonique. Dans le cas du meurtrier ou du pédophile, explique la Tribune, «Google pourrait ne pas avoir à répondre favorablement à leurs requêtes respectives. Mais dans de nombreux autres cas, la décision sera bien plus compliquée à prendre sur des bases objectives.»

Pour ma part, je suis en faveur de ce jugement. Il me paraît juste que nous ayons enfin un recours possible pour faire supprimer des informations diffamatoires, inexactes ou dépassées nous concernant, sans devoir entamer une procédure juridique longue et coûteuse.

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