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DOCTORANT EN PHYSIQUE À L’EPFL, ENTREPRENEUR

Ingénieur-physicien et passionné de sciences, Clément développe, entre autres, des technologies quantiques, photoniques, nano et spatiales. Il est actif dans l’innovation et l’entrepreneuriat technologique, en particulier dans le domaine du hardware.


Un an après l’atterrissage épique de Rosetta sur une comète

Vue d'artiste de la sonde spatiale Rosetta et de son atterrisseur Philae autour de la comète 67P.

Crédits: ESA/ATG medialab; Image comète: ESA/Rosetta/Navcam

Déjà un an presque jour pour jour que Rosetta faisait atterrir en douceur la sonde spatiale Philae sur une comète pour la première fois! Un atterrissage historique achevant un voyage épique mené par l’Agence Spatiale Européenne (ESA).

C’était donc après un voyage interplanétaire de plus de 6.4 milliards de kilomètres pendant 10 ans, dont 2 ans et 7 mois d’hibernation avant de se réveiller, que Rosetta et Philae faisaient la connaissance de la comète Churyumov-Gerasimenko (des noms de ses découvreurs) aussi connue sous le nom 67P. Qu’avons-nous appris depuis?

L’année a été extraordinaire pour l’équipe de la mission Rosetta depuis l'atterrissage sur la comète à 500 millions de kilomètres de la Terre. La sonde spatiale, ainsi que son petit atterrisseur Philae, nous ont envoyé des montagnes de données nous livrant des informations inestimables sur cet astre vieux de milliards d’années. Cela a permis aux scientifiques de faire des découvertes fascinantes. Une dizaine de publications dans les prestigieux journaux Science et Nature en découle. Plongeons-nous dans quelques-uns de ces résultats.

Les scientifiques s’attendaient par exemple à trouver une comète en forme de pomme de terre. Au lieu de cela, ils ont trouvé une boule de glace poussiéreuse en forme de canard en plastique comme on peut le lire dans certains articles scientifiques. Comment cela se fait-il? Les photos ont révélé des plaques à la surface, constituées de différentes couches de glace et de poussière. Toutes ces couches sont en fait concentriques et centrées autour de deux points centraux, chacun étant dans un des lobes de la comète. Un peu comme deux oignons. Cela suggère que la comète a été formée par la collision de deux fragments plus petits, expliquant ainsi sa forme.

Aussi, d’énormes jets de gaz s’échappant de la surface de la comète nous donnent des indices sur son âge. Rosetta a été capable d’analyser les gaz dans ces jets dont la plupart a été piégée au coeur de la comète lors de sa formation. L’instrument au coeur de ces mesures a d’ailleurs son laboratoire établi à l’Université de Berne. La manière dont ces gaz sont relâchés révèle le type particulier de glace qui constitute 67P qui n’a pu être formé que dans des conditions de températures extrêmement froides, probablement avant que notre système solaire n’existe. Ce n’est qu’une des nombreuses observations qui nous suggèrent que 67P est très vieille effectivement!

Les comètes sont normalement constituées de glace. Certaines théories stipulent que peut-être des comètes auraient amené l’eau sur Terre. Mais la vapeur d’eau s’échappant de 67P n’est pas la même que la nôtre du tout. En comparaison avec l’eau (H20) sur Terre, beaucoup de molécules d’eau sur 67P possèdent des atomes d’hydrogène plus lourds, appelés Deuterium (atome d’hydrogène H avec un neutron en plus, noté D). Il ne serait donc pas possible que des comètes comme 67P soient à l’origine de nos vastes océans sur terre. L’eau se serait donc peut-être bel et bien formée dans des nuages moléculaires hors de notre système solaire et existait avant?

Un an de mission a donc répondu à de nombreuses questions, mais la mission n’est pas encore finie et il reste encore beaucoup à découvrir. Comme par exemple, pourquoi 67P est si solide, à tel point que Philae a rebondi dessus à son atterrissage et n’a pas pu casser sa surface avec son marteau, vous rappelez-vous? Pourquoi y a-t-il autant d’oxygène sur 67P? Il n’y a pourtant que très peu d’oxygène au fin fond de l’espace, raison de plus pour laquelle la découverte d’autant d’oxygène sur 67P est surprenante.

Comment tout cet oxygène s’est retrouvé là est encore un mystère. Répondre à cette question pourrait bien changer nos idées sur la formation de notre système solaire. Toutes ces questions vont garder Rosetta occupée. Il reste un peu moins d’un an à la sonde spatiale avant la fin de sa mission qui se terminera par un dramatique crash (contrôlé!) sur la surface de la comète.

En attendant, nous irons nous rassasier d’aventures intergalactiques avec le prochain épisode VII de Star Wars. L’occasion aussi de découvrir les effets spéciaux made in Suisse que la startup Faceshift a dévelopés pour la saga!

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