Laurent Bakhtiari

MARKET ANALYST

Laurent Bakhtiari est diplômé d’un Master en Finance d’Audencia Nantes et d’un Master en mathématiques quantitatives d’Imperial College London. Fort d’une expérience de plus de 10 ans en salle des marchés au sein de diverses institutions financières telles que Merrill Lynch, BNP Paribas et Credit Suisse, Laurent livre régulièrement, à destination des médias et des clients, des analyses de marchés ainsi que des analyses macro et microéconomiques.

UBS: quel potentiel de hausse?

Le 15 janvier dernier, UBS a annoncé la mise en œuvre d’UBS Switzerland qui sera détenue entièrement par UBS SA. La banque aura sa propre licence bancaire et pourra opérer indépendamment. Mais cette opération permet surtout à UBS de poursuivre son opération de réduction de risque et de changement de structure qu’elle a initiée il y a plus de 3 ans déjà et qui a permis de faire passer son cours de CHF 10 à CHF 20. Il est alors intéressant de se demander si cette hausse est justifiée et jusqu’où peut aller l’action.

Réduction du risque

En octobre 2012, UBS avait surpris par sa décision de considérablement réduire sa division Fixed Income au sein de l’Investment Banking (IB). Plus de 10 000 personnes ont été licenciées et la raison invoquée alors était la focalisation sur l’activité de Wealth Management (WM). Cette réduction du risque a surpris mais, avec le recul, c’était très clairement la mesure à mettre en œuvre. D’ailleurs, Credit Suisse (CS) commence à peine à faire de même. C’est une manière de passer d’une activité risquée à une activité plus sûre.

C'est comme si, au sein de votre portefeuille, vous vendiez vos actions pour investir très majoritairement sur des obligations. Depuis 2012, la part WM se situait entre 63% et 65%, tandis que la part IB était entre 28% et 30%. Le reste étant attribué à l’Asset Management.

D’autre part, la tendance semble se confirmer encore cette année puisque, selon ses derniers résultats, UBS a annoncé que son département WM avait un profit avant taxes de CHF 1 133m et l’IB de CHF 770m. Nous sommes donc partis sur les mêmes bases pour 2015. Bien évidemment, qui dit moins de risque dit moins de volatilité, et c’est ce que l’on a vu durant ces dernières années sur le titre UBS.

Scandales en série

UBS a connu, ces dernières années, des scandales en série : manipulation du Libor, manipulation des taux de change, entente illicite sur les dérivés en francs, démarchage illicite de clients en France, conflits fiscaux en Allemagne… Mais UBS a réussi le tour de force de trouver un accord avec la justice, pour les affaires importantes, et de ne pas se faire inculper, payant parfois de cette manière des sommes plus faibles. Grâce à ces accords et à une communication efficace, sa réputation ne s’en est pas trouvée trop ternie et les clients ne se sont pas rués en masse vers la sortie du géant helvétique. Cela se transcrit parfaitement dans le cours de l’action. En effet, l’action a bien évidemment subi des heurts, lors des divers rebondissements de ces affaires, mais le trend est resté haussier.

Tendance des dividendes

UBS fournit à ses actionnaires un bénéfice par action en constante croissance en conjonction avec un prix qui a doublé depuis 3 ans. Ainsi, l’action est évidemment très populaire auprès des investisseurs qui reçoivent le dividende et profitent, à la fois, de l’appréciation du cours de l’action. Par conséquent, ils gagnent sur les deux tableaux. Pour être plus précis, le bénéfice par action en 2011 était de 1.04 et a atteint 1.53 en 2014, ce qui représente une croissance de près de 47% en 4 ans ! En ce qui concerne le dividende par action, il a augmenté de 71% sur les trois dernières années. La tendance reste, de ce fait, bien évidemment positive pour le titre.

Notre vue sur le titre

UBS est un titre qui a formidablement performé ces dernières années, en témoigne un P/E de 16.20, plutôt bas pour le secteur. A titre de comparaison, Credit Suisse est à 22.8 et Deutsche Bank à 32.7. Son P/E se rapproche des banques françaises (11.6 pour la Société Générale et 15.2 pour le Crédit Agricole), connues pour la puissance de leur banque de détail.

D’ailleurs, le modèle d’UBS se rapproche davantage des banques françaises à l’exception près qu’UBS tire principalement ses revenus du WM et non du retail banking. De manière générale, au sein du secteur bancaire, les P/E se situent entre 12 et 17, les deux exceptions sont celles citées plus haut. Ainsi, UBS, n’ayant pas de nouvelle source de profit ou restructuration de prévue, a donc plus ou moins atteint son cours de croisière et nous pensons que le titre devrait rester à CHF 21 durant les 12 prochains mois. 

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