Mary Vacharidis

JOURNALISTE

Journaliste chez Bilan et community manager pour le site bilan.ch, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

Uber trahit le fossé entre Zurich et Genève

A la mi-avril, l’Etat de Genève ordonnait à Uber de cesser ses activités sur son territoire. Le même jour, à Zurich, il était possible de prendre une voiture Uber sur le parking de la gare centrale, à côté d’une file de taxis en attente à la station officielle, sans qu’aucun chauffeur ne bronche. A 300  kilomètres de distance coexistent des réalités tellement différentes qu’il est parfois difficile de croire qu’il s’agit du même pays.

Métropole économique, la ville de Zurich est pourtant dirigée par une maire socialiste, Corine Mauch, et un exécutif à majorité rose-verte. Certes, vu de Genève, les socialistes alémaniques sont de droite.

Cette boutade a du vrai mais n’explique de loin pas toutes les raisons qui permettent à un service novateur et controversé – Uber – de prospérer sur les bords de la Limmat. La firme affiche aujourd’hui deux ans d’activité dans la métropole économique sans avoir subi la moindre attaque de la concurrence.

Uber exploite pourtant ici ses trois déclinaisons: les limousines d’UberBlack, les voitures standards d’UberX et celles qui fâchent, UberPop, qui permettent à des particuliers de s’improviser chauffeurs.

Les forces politiques de gauche à la ville et de droite à la tête du canton de Zurich ont en commun des valeurs libérales qui les retiennent d’intervenir pour réglementer les prestations de compagnies privées. Des valeurs qui se retrouvent dans la population. Culturellement, les Zurichois sont en cela plus proches des Anglo-Saxons que de leurs voisins germaniques qui tentent eux aussi d’interdire Uber. 

Dès le départ, les compagnies de taxis ont voulu considérer qu’Uber exerçait sur un autre marché que le leur et n’ont tenté aucune démarche contre la compagnie. Une attitude qui force le respect en regard des agressions perpétrées ailleurs. 

Les autorités zurichoises travaillent quant à elle à un projet de loi qui encadre les pratiques mais n’interdit aucune des activités d’Uber. A Genève, Pierre Maudet a également annoncé vouloir légaliser Uber. On peut douter que la loi genevoise sera aussi libérale qu’à Zurich. 

Le choix du consommateur

La tolérance des Zurichois à la liberté d’entreprendre et aux initiatives d’autrui, même s’il s’agit de compagnies étrangères, crée un climat propice à l’innovation. L’expérience positive d’Uber à Zurich ne peut qu’inciter d’autres acteurs à venir y tester des prestations encore inexistantes, susceptibles de bouleverser une industrie.

Provoquant ainsi un «disrupt», selon le terme aujourd’hui consacré. La population en est la première bénéficiaire. C’est le consommateur zurichois  qui va décider si cette nouvelle prestation a sa place dans sa ville. Un luxe qui ne va pas de soi, si on en juge par les mésaventures d’Uber à Genève. 

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