Aline Isoz

CONSULTANTE EN TRANSFORMATION DIGITALE

Aline Isoz officie en tant qu’experte en transformation numérique auprès des entreprises et institutions romandes et est notamment membre du comité du Cercle suisse des administratrices, experte Vigiswiss (association suisse des data centers) et de conseils consultatifs. Depuis la création de son entreprise Blackswan en 2010, elle intervient régulièrement dans le cadre de conférences ou d’ateliers thématiques auprès de décideurs, d’administrateurs de société et commente également les enjeux liés au numérique dans les médias en tant que consultante, et en tant que chroniqueuse pour le magazine Bilan et le quotidien Le Temps. En 2015, elle a lancé alineisoz.ch, une initiative de coaching et d’accompagnement digital pour les PME romandes.

Parallèlement à ses activités professionnelles, Aline Isoz a mis sur pied une délégation suisse de femmes actives dans le numérique invitée à la Journée de la femme digitale à Paris

Trust me if you can...

Nous sommes à l’ère de l’économie collaborative, des outils collaboratifs, de l’Open Innovation, de l’intelligence collective ; celle de l’apogée des leaders de tout poil, de l’expérience collaborateurs, de la marque employeur, du home working, du BYOD ; celle des makers, du people empowerment, de la démocratie participative, des réseaux sociaux ; du moins, d’après les sources officielles.

Parce que, si l’on creuse un peu, en Suisse, on est surtout à l’ère de l’hésitation. Certes, la plupart des entreprises ont fait l’effort d’ouvrir leurs barrières virtuelles, donnant accès au monde extérieur aux employés, proposant des réseaux sociaux d’entreprise, des projets visant à créer de la collaboration, du team building, de la flexibilité du temps de travail, etc. Si, si, elles l’ont fait.

Pourtant, dès lors que l’on en vient à parler de la liberté des usages plutôt que d’imposer des outils, de l’encadrement plutôt que du règlement, des bonnes pratiques plutôt que du mode d’emploi, de la perméabilité travail/vie privée plutôt que de présentiel, on se heurte à ce type de remarques : « les gens ont besoin d’un cadre », « on ne peut pas laisser chacun faire ce qu’il veut ! », « et comment on contrôle ? », « chez nous, c’est différent »…  Et les mêmes qui vous parlent de l’importance, voire de l’urgence cruciale de recruter la génération Y, s’empêtrent dans leurs travers de X ou de baby-boomers.

Car la désormais omni présente « culture digitale », celle qui a été induite par les changements provoqués par les outils à disposition, mais surtout, par l’utilisation que l’Homme est en mesure d’en faire et le potentiel d’émancipation que ces outils ouvrent depuis plusieurs décennies, ne s’appuie en réalité que sur un premier postulat de base : la confiance.

Attention : pas la confiance naïve du consommateur dans une marque angélique dont l’objectif serait de rendre le monde meilleur parce qu’elle l’affirme ; pas non plus celle de l’employé modèle, suivant aveuglément un employeur tout-puissant, redevable de la chance qui lui est donné d’avoir un emploi fixe et stable ; ni celle du citoyen, idéalisant des politiciens dont le but premier serait de servir la chose publique (res publica), et se rendant fièrement aux urnes, reconnaissant d’avoir le droit de donner son avis.

Non, la VRAIE confiance. Celle qui vous donne le droit d’exprimer un désaccord sans craindre l’exil ou la mise au ban, voire le licenciement pur et simple. Celle qui vous donne le droit de faire vos choix, et surtout, de vous tromper dans vos choix. Celle qui génère l’envie d’en faire autant pour vous qu’elle sert d’argument pour exiger de vous. Celle qui ne vous verrouille pas sur place, mais vous insuffle suffisamment de courage et d’énergie pour vous développer, même si c’est ailleurs. Celle, enfin, qui vous permet d’aller frapper à une porte et de dire simplement « j’ai un problème ».

Or, on n’a jamais eu autant de managers prétendant avoir leur porte ouverte, jamais autant d’apparition du mot « CONFIANCE » dans la communication des entreprises et celle des politiques, et jamais les gens n’ont eu aussi peu confiance, dans le système, comme dans leurs congénères.

Sans confiance, point d’outils collaboratifs, point d’entreprise libérée, point de marque employeur, point de gestion des talents, point de déspacialisation, point de gestion du changement, point de transformation digitale, et, au final, pour les entreprises, point de leviers de nouveaux modèles d’affaires, de nouveaux revenus, et point de nouveaux profils pour inscrire la société dans ce que sera demain.

Alors, aux entreprises qui se demandent par quoi commencer leur transformation digitale, je serais bien tentée de proposer de tenter un truc incroyable, totalement 3.0, innovant, performant, collaboratif, ET GRATUIT : faites confiance…

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