Mulhauser Isaline

SPÉCIALISTE EN MARKETING ET COMMUNICATION

Isaline Muelhauser évolue entre une agence de développement web et des mandats indépendants. Athlète et coach, elle retient de la pratique sportive l’équilibre, l’esprit d’équipe et la détermination, trois principes fondamentaux qu’elle applique pour réaliser des projets. Enthousiasmée par les nouvelles technologies et la collaboration, elle rend compte des tendances en matière de teal management ou auto-gestion.

Trois mois pour passer de la super-hiérarchie à l'holacratie

15 novembre - début de ma nouvelle vie sans management
 
Ou plutôt le 30 octobre, date de ma démission officielle de la place confortable, dans l’entreprise confortable pour laquelle je travaillais. Centenaire, hélvétique, hiérarchique, un CDI qui semblait immuable, j’ai brisé ce qui me semblait être des chaînes, non sans craintes - je tremblais comme une feuille au moment de donner ma lettre à mon supérieur. Qui serait assez stupide pour laisser un poste pareil, argent, stabilité, une bonne référence en plus?
 
Toutefois au fond de moi, je me disais, “c’est la dernière fois que j’appelle quelqu’un ‘mon supérieur’ ou ‘mon responsable’, ciao ciao les cocos!’. De peur et d’excitation, j’avais le souffle coupé!
 
Partir pour innover
 
Mon supérieur n’était pas désagréable, plutôt dynamique et enthousiaste. En dehors du cadre professionnel, je partage encore volontiers un apéro lorsque l’occasion se présente. Ce qui me rendait chèvre, c’était le sentiment de limitations ressenti dans la structure dans laquelle j’évoluais. Il me semblait que j'étais réduite à un poste, à un cahier des charges, alors que je percevais, non seulement comment, par mon travail, je pouvais répondre aux besoins de mes collègues, mais aussi comment cela était susceptible de faire évoluer le leur!
 
J’avais l’impression que l’innovation n’était pas favorisée, ni souhaitée! Dans une entreprise centenaire et hiérarchique, fait-on confiance à une jeune femme ou y a-t-il des garde-fous, afin de protéger d’éventuels investissements désastreux? Une partie de moi pouvait comprendre cette perspective, car qui dit innovation dit changements, dit aussi incertitudes et prises de risque. Mais c’était bien trop démotivant.
 
Durant cinq ans d’études, j’ai repoussé mes limites en optimisant mes compétences, évolué de manière empirique afin de développer des solutions créatives, en restant à l’écoute de tout ce qui se fait, remplissant au passage une boîte-à-idée personnelle. Cela a été rapidement inimaginable de reproduire ad aeternam un cahier des charges.
 
‘Get rid of the management’ dit quelqu’un de mon nouveau conseil d’administration
 
Entendu à l’entretien d’embauche, cela me paraissait bien prometteur! Passionnée par mon travail, je ne comptais pas changer de fonction, mais de structure. Un poste dans lequel il y aurait des projets à développer, où la collaboration et l’innovation ne seraient pas soumise à un droit de veto, mais dont uniquement les possibilités de réussite arrêteraient la réalisation. 
 
1er janvier - un saut dans l’holacratie
 
Tellement de dynamisme qu’à mon entretien d’embauche, il n’était pas décidé que ma nouvelle entreprise sauterait à pieds joints dans ce nouveau type de gestion. Après six semaines sans chef, me voilà avec quatre heures d’éducation offerte pour tout comprendre sur le teal management et en particulier l’holacratie (une forme de gestion d’entreprise, basée sur la mise en œuvre formalisée de l’intelligence collective). Des cercles, des sous-cercles, des rôles qui sont comme des chapeaux et des tensions… Je me perds dans le vocabulaire!
 
(à suivre...) 
 

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