Toni Conde

CEO DE PERSONALCARE SYSTEMS

Passionné depuis son plus jeune âge par les nouvelles technologies, Toni Conde est docteur ès sc. de l’EPFL et EMBA en Innovation et Entrepreneuriat. Toni est l’inventeur d’une nouvelle architecture cognitive. Cette dernière a été développée au cours de ses recherches à l’EPFL, il a été récompensé par le prestigieux Prix de la Ville de Lausanne.

Après avoir fondé deux start-up dont une spin-off de l’EPFL et les avoir vendues à un grand groupe européen d’ingénierie, Toni en est à sa 3ème expérience de création d’entreprise et dirige en tant qu’entrepreneur social la start-up : PersonalCare Systems, dont la mission et de compenser la perte d'autonomie des personnes âgées et d'offrir un maintien à domicile en toute sécurité. Il est lauréat du concours de création d’entreprise Graines de Boss et de la Fondation NOMADS.

Il a aussi cofondé AutonomisHome.org avec son frère en 2015, une Fondation qui a pour objectif principal de rendre ou d’apporter plus d’humanité à des personnes âgées en cas de perte d’autonomie. Pour Toni, les technologies ne sont pas une fin en soi et n’ont de sens que pour l'amélioration du quotidien des gens. Enthousiasmé par les possibilités des nouvelles technologies et leur impact sur la société, et comme expert en réalité virtuelle et intelligence artificielle, principaux sujets qu'il aborde sur Bilan.ch en essayant de les vulgariser. Il est aussi l’auteur du livre « Humains Virtuels » paru en 2015.

L'intelligence augmentée?

Chair of Architecture and Digital Fabrication, ETH Zurich

L’humanité se trouve à l’aube de la prochaine grande ère, à savoir, l’âge de l’Intelligence Augmentée. Nos capacités naturelles seront augmentées, des systèmes de calculs nous aideront à réfléchir et des systèmes robotiques nous aideront à fabriquer.

Homme + machine = conception collaborative. Cette augmentation est possible grâce à la conception dite générative. C'est-à-dire une approche qui permet aux concepteurs et aux machines de créer ensemble des choses qu’ils ne pourraient pas réaliser séparément. Les concepteurs commencent par déterminer les exigences en entrant les objectifs et les contraintes. Ils utilisent ensuite des algorithmes d’apprentissage automatique et la puissance du « cloud computing »pour explorer des dizaines de milliers d’options, et générer des solutions qu’aucun humain, seul, n’aurait été capable de concevoir.

Une fois qu’une machine pourvue d’Intelligence Artificielle (IA) a acquis un domaine d’expertise, toutes les autres peuvent alors l’intégrer. Elles sont capables de partager l’apprentissage en réseau ou les connaissances omniprésentes instantanées.

L’homme, de son côté, est bien moins efficace. Au fil du temps, les grands esprits ont exploité les connaissances existantes, comme Isaac Newton l’a fait remarquer «en étant porté par des épaules de géants». Avec l’IA, c’est comme si les humains montaient sur les épaules de machines géantes, dont la taille ne cesse de croître.

Cela ne veut pas dire que les robots et les machines vont rendre les concepteurs obsolètes. Au contraire. Les problèmes à résoudre ne manquent pas, et deviennent même de plus en plus grands et de plus en plus complexes. Si bien que les humains ont besoin d’être toujours « augmentés » pour pouvoir les résoudre.

A l’ère de l’Intelligence Augmentée, les humains et les machines vont collaborer pour obtenir un résultat meilleur que la somme de leurs résultats individuels. Les humains et les robots sont en effet dotés de compétences différentes et donc complémentaires.

Par exemple, une recherche menée par le National Center of Competence in Research  (NCCR) en fabrication digitale à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich – ETH Zürich a abouti à la création d’un robot constructeur capable de monter seul des murs en brique. À l’aide d’un scanner laser, il crée un nuage de points pour délimiter son environnement et en prendre «conscience». 

Grâce à la boucle de convergence conception-fabrication-utilisation, les consommateurs de produits ou de services renseignent les concepteurs sur la façon dont ils les utilisent. Du fait de la visibilité qu’ils ont des choses qu’ils réalisent, les concepteurs et les ingénieurs savent exactement quoi faire lors de leur prochaine création. Les critiques des consommateurs constituent les prémices de ce système augmenté : des commentaires gratuits de grande qualité à travers les réseaux sociaux peuvent influencer le développement des produits. Avant cela, les concepteurs devaient soit faire des hypothèses bien fondées, soit financer des tests d’utilisation.

Les agents conversationnels ou Chatbots appartiennent désormais au présent et au futur. Ces petits robots automatisés truffés d’Intelligence Augmentée simulent une conversation humaine, puisqu’ils sont capables de comprendre le langage naturel, c’est-à-dire le langage utilisé par les humains constitué de mots et de phrases.

Les Chatbots sont capables de se substituer à un premier niveau de support et de conseil dans le service après-vente, par exemple celui de la relation avec le consommateur. Avec l’essor de l’Intelligence Augmentée, la compétence des robots conversationnels va croître en offrant un service de plus en plus personnalisé et pertinent.

Avec le temps, l’élan de l’Intelligence Augmentée va prendre de la vitesse, exploiter les milliers d’années de connaissance humaine et décupler les capacités humaines à un rythme exponentiel.

 

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