Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

Tiens, je déménage (MDR)

Il n’est pas bon de chercher un logement à Genève.

Mais, cela, tout le monde le sait déjà. Qu’on se rassure, cela n’est pas prêt de changer. Le plan directeur qui vient d'être adopté? A la satisafaction des communes, 50'000 logements ne sont plus un objectif, mais un voeu (pieux).

Il est donc facile de baisser les bras et de fermer les yeux, voire de penser à autre chose. Bonne nouvelle, il y bientôt quelque chose à célébrer: la construction de logements... en France.  La vieille garde politique n’arrête pas de dire : « c’est pas de ma faute, c’est celle des autres… » Des solutions? Elle n’en apporte pas.

Les Genevois qui sont logés, parfois très bien, ne comprennent pas la question. Ils se réveillent le jour où leurs enfants doivent partir mais ne trouvent pas d’habitation (parfois à la satisafaction de leur môman).

Cette situation semble profiter aussi bien aux partis qui défendent les locataires qu’aux partis qui défendent l’accession à la propriété. Les premiers trouvent parmi les insatisfaits un nombre important de voix lors de chaque votation. Et les seconds trouvent dans ceux qui ont voté depuis six mois, à trois reprises pour l’accession à la propriété, un groupe d’électeurs qui pensent encore pouvoir devenir propriétaires.

Mais, aujourd’hui, ce n’est plus possible: le nombre de logements mis en vente en zone de développement est réduit comme une peau de chagrin. Rappelons pour la bonne forme que la zone de développement voit les prix des constructions contrôlés par l’Etat pendant 10 ans. Cerise sur le gâteau, il n’est pas rare de voir les promoteurs garder les logements en vente de la zone de développement, sans parler des autres histoires qui circulent.

En désespoir de cause, les acheteurs déçus s’en vont payer des impôts sur France en devenant propriétaire (le nouveau plan directeur va les aider) et en engorgeant naturellement les routes. La touche finale revient aux recours. Cela confirme l’adage qui dit qu’on exporte notre logement et qu’on importe le travail. John Maynard Keynes, grand économiste libéral du début du siècle, avait admis que lorsque le grand capital ne connaissait plus ses limites, l’Etat se devait d’intervenir.

Il faut donc dégager quelques pistes: dépoussiérer les procédures, les accélérer, limiter le rendement des logements en vente en zone de développement, décréter tous les logements en zone de développement comme d’utilité publique, avoir enfin un Département qui réponde vite et... bien.

Peut-être pourrons-nous dire non seulement à nos enfants, mais aussi à nos parents qui recherchent des structures d’encadrement mixtes, que nous avons vraiment tout fait pour les loger. Mais, rassurons-nous, il y a encore de l'eau qui va couler sous les ponts (de Genève).

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