Veillet Thomas

FONDATEUR INVESTIR.CH

Thomas Veillet, 48 ans et des poussières, plus de vingt ans dans des salles de trading, blogueur, trader, râleur et plein d’autres choses. Thomas a passé pas mal de temps dans les grandes banques de la place, a été un banquier conforme avant de passer au non-conformisme. La création du «Morningbull» aura été le début d’un changement de direction vers plus d’indépendance. Aujourd’hui, il essaie de vulgariser le monde de la finance et de le raconter avec un angle décalé, histoire de prouver que ça peut aussi être drôle. Il y a bientôt deux ans, il a co-fondé le site Investir.ch, qui s'est rapidement imposé comme un des sites financiers romands - un site qui parle de finance sans détour, sans artifice et qui a une forte tendance à penser "outside the box" quand tout le monde est inside...

(Trop) Douce France

Peugeot 508SW 1.5 HDI 130

  • Peugeot 508SW

    Crédits: Thomas Veillet
  • Peugeot 508SW

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  • Peugeot 508SW

    Crédits: Thomas Veillet
  • Peugeot 508SW inside

    Crédits: Media

La dernière fois que j’ai vraiment regardé une Peugeot 508SW, j’ai rapidement détourné le regard et je suis passé au stand suivant. C’était au Salon de l’Auto millésime 2004. Le véhicule était récent, mais moche. Et rien qu’en tirant la languette qui était censée me permettre de relever le siège arrière, la pièce m’était restée dans la main. Oui Monsieur Peugeot, c’est moi qui ai abimé votre voiture d’exposition au Salon de Genève en 2004.

Alors quand j’ai su que mon prochain test serait la dernière version de la 508SW, quel ne fût pas mon étonnement parce que je n’avais pas imaginé une seconde que Peugeot l’avait conservée dans sa gamme. Il faut dire que depuis que j’ai revendu ma 205 GTI de l’époque, j’avais un peu arrêté de m’intéresser – il faut dire qu’ils l’avaient cherché.

Nouvelle version

Donc Peugeot a sorti une nouvelle 508SW et c’est une révolution. Bon, ce n’est pas une révolution à la Steve Jobs, mais plutôt une révolution à la José Bové, c’est plus campagnard, plus vieille France, mais c’est une révolution quand même. C’est une révolution parce qu’ils ont complétement réinventé la voiture et les lignes n’ont plus rien à voir avec le passé. En revanche, dès la prise de contact avec le véhicule, j’allais apprendre ce que peuvent faire une liste d’options sur une voiture.

Les options sur une voiture, c’est une peu comme quand on veut prendre un raccourci pour aller de la banlieue parisienne à Trécon dans la Marne sans mettre le GPS – si au premier virage on se goure de route, c’est foutu. Les options, c’est pareil. En entrant chez Peugeot, ils avaient une 508SW noire, cuir noir, volant noir et roues noires du plus bel effet. On lui aurait mis un moteur électrique qui se recharge au solaire on aurait même été satisfait, tellement elle avait de la gueule. Mais voilà, il se trouve que parfois ceux qui commandes les voitures de presse ont des absences – je vous passe la description d’une Aston Martin avec l’intérieur en cuir bleu et les ceintures rouges – c’était une Aston, c’est donc pas pareil. En l’occurrence, « ma » Peugeot était d’un gris sale que si tu rentres avec un t-shirt comme ça ta mère elle le met en machin avec Ariel qui lave plus blanc. Aujourd’hui encore, je me demande comment un designer est parvenu à une couleur aussi déprimante, je sais bien qu’il y a des voitures « bronze » ou « cuivre » et qu’on a meilleur temps de les brûler que de les revendre, mais là, cette couleur reste un mystère.

Reste plus qu’à entrer dedans

Et puis ensuite il y a l’intérieur. Là aussi ils ont fait fort. Imaginez un vieux costume rayé que l’on pouvait acheter en « duo-pack » chez C&A en 1974. Eh bien ils ont recyclé le tissu pour le coller sur les sièges – heureusement avec une bordure en cuir pour sauver un peu le package. En résumé, le choix des couleurs et des options était plus que discutable et auraient mérité d’avoir le droit de rouler sous Prozac mais c’est un détail. C’est dommage, parce que la version « full black » était nettement plus attirante et aurait été du plus bel effet dans un salon de tunning dans la région de Reconvilier.

Mais comme dit le proverbe : « des goûts et des couleurs, on ne discute pas »…

En route

Une fois ce chapitre clos, il était temps de passer aux choses concrètes : rouler avec. Il faut reconnaître que Peugeot a joué à fond la carte des lignes fuyantes et autant les premières versions historiques de la 508SW ne ressemblaient à rien, autant celle-là est presque distinguée. Si vous l’observiez de face, de profil ou de dos, elle a quelque chose qui attire le regard. Elle n’est pas parfaite, mais les finitions extérieures sont soignées et la ligne est pure. C’est dedans que ça se gâte un peu – alors forcément, quand on regarde le prix, on ne peut pas non plus s’attendre au niveau de finition d’une Bentley, mais disons que par moment on a l’impression d’être un peu trop entouré de plastique. On a voulu jouer la carte du vaisseau spatial avec le tableau de bord – mais la zone conducteur est devenue soudainement un peu trop étriquée à mon goût. Et je ne parle même pas du volant. Je veux bien que ça fasse « sport » de mettre un petit volant, mais là ; leur volant miniature qui veut rappeler les volants de F1 restera un mystère pour moi. Pour le reste, l’équipement est au complet, il y a tout ce qu’il faut où il faut et des fois même un peu partout, parce qu’en 15 jours de conduite et 3'000 kilomètres, je n’ai jamais réussi à trouver l’heure du premier coup. Je suspecte d’ailleurs que la montre change d’endroit à chaque fois mettez le contact.

En terme d’espace, la Peugeot est suffisamment longue pour que le coffre soit un vrai break – même si plus petit que la version précédente – les passagers arrière peuvent s’installer sans avoir les genoux sous le menton – pour autant que le conducteur et le passager avant ne fassent pas 1.95m – bon, en même temps vu la hauteur intérieure sous plafond, je crois qu’au-dessus de 1.78m, il faudra trouver autre chose ou se couper les cheveux très très courts.

Et puis il y a la motorisation

Avant toute chose, je voudrais dire que je suis pleinement conscient du fait que de nos jours on ne peut plus rouler vite, qu’avoir un gros moteur de 400 chevaux ça ne sert à rien et faire 0 à 100 km/h en 2.3 secondes, c’est inutile. De là à le faire en 10 secondes, je m’interroge. Peugeot a donc jugé bon de mettre un moteur de 1.5 litres et de 130 chevaux diesel dans sa 508SW – c’est un choix. Ils auraient pu y ajouter des pédales ou un mât et une voile pour y donner un coup de pouce, mais même pas – mais il est vrai que si l’on veut tenir les 3.7 litres en cycle mixte, il faut ce qu’il faut.

Clairement, cette motorisation tire « un poil court » et si vous voulez accélérer pour dépasser sur l’autoroute, il faudra commencer à y penser à Gland pour ressentir pleinement les effets du pied sur la pédale autour du contournement de Lausanne, justement là où il faut ralentir. En revanche le châssis est ferme et elle se comportement admirablement bien dans les virages, heureusement parce que ce n’est pas avec les reprises que l’on pourrait compenser une mauvaise tenue de route.

More Power

En résumé, je vais être parfaitement transparent, je n’ai pas mis la 508SW sur ma liste du Père Noël (dans l’hypothèse où il aura survécu au Coronavirus), je ne l’ai mise sur aucune liste d’ailleurs. Mais disons que si l’on sélectionne bien les options et les couleurs et qu’au moment de passer à la motorisation, on prend la version de 225 chevaux essence, ça pourrait être supportable – ça devrait même être obligatoire.

Thomas Veillet

Bitume.ch

Fiche Technique :

Puissance : 131 chevaux

Puissance Fiscale . 6cv

0 à 100 km/h : 10.1 secondes

Poids à vide : 1430 kilos

Consommation : 3.7 litres aux 100 km en mixte

Moteur : 1.5 litres 4 cylindres turbo (discret) le turbo

Volume du coffre : 499 litres

Vitesse max : 208 Km/h

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