Veillet Thomas

FONDATEUR INVESTIR.CH

Thomas Veillet, 48 ans et des poussières, plus de vingt ans dans des salles de trading, blogueur, trader, râleur et plein d’autres choses. Thomas a passé pas mal de temps dans les grandes banques de la place, a été un banquier conforme avant de passer au non-conformisme. La création du «Morningbull» aura été le début d’un changement de direction vers plus d’indépendance. Aujourd’hui, il essaie de vulgariser le monde de la finance et de le raconter avec un angle décalé, histoire de prouver que ça peut aussi être drôle. Il y a bientôt deux ans, il a co-fondé le site Investir.ch, qui s'est rapidement imposé comme un des sites financiers romands - un site qui parle de finance sans détour, sans artifice et qui a une forte tendance à penser "outside the box" quand tout le monde est inside...

Le SUV ultime (pour le moment)

Bentley Bentayga V8 SDesign Series

  • Bentley Bentayga V8

    Crédits: Bentley Media
  • Bentley Bentayga V8

    Crédits: Bentley Media
  • Bentley Bentayga V8

    Crédits: Bentley Media
  • Bentley Bentayga V8 off-road

    Crédits: Bentley Media

Dans le monde automobile, la rentabilité est devenue la clé de tout. Un peu partout ailleurs aussi. Si aujourd’hui, en 2019 (presque 2020), vous voulez devenir et rester un constructeur efficace, il vous faudra posséder plusieurs marques et si possible, utiliser plusieurs châssis de base que vous pourrez réutiliser pour faire la même voiture mais dans des niveaux de gamme différents. Et puis il vous faut un SUV pour sauver et rentabiliser vos investissements, parce que nos jours, si vous n’avez pas de SUV dans votre groupe, vous n’êtes personne. Enfin, presque.

Porsche a sauvé ses fesses grâce à ça, Maserati ne vit presque plus qu’avec le Levante, Aston Martin arrive avec le DBX, Ferrari va nous présenter le sien au printemps prochain et même Rolls s’y est mis – bien que l’on puisse se demander à quel moment les designers se sont perdus en route. Quand à Lamborghini, je ne commenterais même pas la voiture de footballeur qu’ils ont réussi à créer. Chez Volkswagen, ça fait longtemps que l’on a tout ce qu’il faut, avec l’inspiration du cousin Cayenne on a fait toute une gamme du plus petit SUV de poche au plus luxueux de tous. Mais pour faire un vrai SUV de luxe, créer le Q7 de chez Audi ne suffisait pas, il fallait passer un cran au-dessus, histoire de mettre tout le monde d’accord.

Faire rêver d’abord

Pour fabriquer une voiture de luxe quand on a déjà la base, il faut lui ajouter un nom qui inspire le luxe et qui fait rêver les grands de ce monde, à commencer par la Reine d’Angleterre. Pour cela, il n’était nul besoin d’aller chercher très loin, il suffisait ensuite de demander aux ingénieurs et aux designer de Bentley d’utiliser la base du groupe VW et d’en faire une œuvre d’art.

Si je veux être totalement franc avec vous, la première fois que j’ai vu un Bentayga dans la rue, je me suis dit que si on m’en donnait un, un de ces jours, je ne le voudrais même pas. Avec le temps, je crois que j’ai largement revu ma réplique ; si on m’en donne un aujourd’hui ; je le prendrai volontiers. Mais uniquement pour rendre service.

L’Expérience

En s’asseyant dans le poste de pilotage du Bentayga, il faut prendre un instant pour se recueillir. Se recueillir, pour ressentir pleinement le lien avec l’avion mythique de la seconde guerre mondiale : le Spitfire. Et puis aussi pour analyser le luxe dans lequel votre postérieur repose. Les sièges fabriqués presque à la main chez Bentley font vraiment la différence – ce ne sont pas des sièges – c’est autre chose. C’est un endroit qui demande que vous y reveniez et même des fois qui vous empêchent de sortir.

Tout est beau, tout est doux et tout est parfaitement lustré – il y a peut-être, de temps en temps, ici et là, des détails qui rappellent un peu trop ses cousins germaniques, mais on ne va pas leur en vouloir d’utiliser les boutons poussoir de chez Audi. Par contre, je suis resté en admiration devant les boiseries de la Bentayga. Alors je conçois que le fait d’avoir visité l’atelier menuiserie de l’usine Bentley quelques heures auparavant avait sûrement laissé des traces. Mais quand voit combien de fois le bois et été polishé, frotté, traité, ça ne laisse pas indifférent et puis surtout, sachez qu’une fois que vous aurez vécu l’expérience Bentayga, quand vous retournerez dans votre voiture habituelle… le choc sera terrible.

Sur la route de Manchester

Ensuite, vous prenez la route et là, il se passe un truc assez fou : ce n’est pas un SUV. Pourtant, j’en ai conduit deux ou trois récemment et même si je garde celui qui a un trèfle à quatre feuille sur le côté tout près de mon cœur, le Bentayga et son système de suspension ultra-technologique qui demande d’avoir fait l’EPFL pour comprendre, va vous surprendre. Cette impression d’être dans une limousine alors que c’est censé être un véhicule pour utilisation sportive est complètement bluffant, une stabilité hors du commun pour un véhicule de ce poids et de cette taille. Le doux ronronnement du V8 vous rassure et vous donne le couple nécessaire pour dépasser confortablement sur l’autoroute et à la montagne – j’aurais rêvé d’avoir le v12 à tester, car ça doit quand même être quelque chose – mais le V8 de près de 550 chevaux est amplement suffisant – via sicura oblige.

Pour le reste, il y a quelque chose qui manque dans la Bentayga, c’est le paillasson qui de déplie devant la porte avant de monter dedans – parce que je pense que le premier qui monte avec des chaussures sales dans votre Bentayga, vous le jetez dehors à coup de volant. Mais mis à part ça, c’est une peu le SUV ultime – certains n’aimeront pas la forme ou le design, mais ça reste une question de goût. À l’intérieur il n’y a aucun moyen de se plaindre, le choix de couleurs et de textures est tellement vaste que si vous ne trouvez pas votre bonheur, c’est que vous avez un problème psychologique et qu’il faut entamer une thérapie.

Au bilan final et indépendamment du prix qui reste prohibitif pour le commun des mortels – le Bentayga est clairement un SUV fantastique. Je n’ai pas eu l’occasion de le tester dans un mètre de boue et au milieu de la jungle, mais comme je pense que personne n’osera jamais le faire, disons que ce n’est de toute façon pas ce qu’on lui demande.

Thomas Veillet

Bitume.ch

Fiche Technique :

  • Puissance : 550 Chevaux
  • Puissance fiscale : 46 CV
  • Moteur : 4.0L V8 Biturbo
  • Accélération : 4.4 secondes de 0 à 100 km/h
  • Vitesse max : 290 km/h
  • Consommation : 11.4 litres au 100 km en mixte
  • Poids : 2395 kilos
  • Volume du coffre : 484 litres et si vous y mettez l’option « Matériel de pêche : 0 litre, mais par contre quand on voit l’option, c’est du délire.

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