Veillet Thomas

FONDATEUR INVESTIR.CH

Thomas Veillet, 48 ans et des poussières, plus de vingt ans dans des salles de trading, blogueur, trader, râleur et plein d’autres choses. Thomas a passé pas mal de temps dans les grandes banques de la place, a été un banquier conforme avant de passer au non-conformisme. La création du «Morningbull» aura été le début d’un changement de direction vers plus d’indépendance. Aujourd’hui, il essaie de vulgariser le monde de la finance et de le raconter avec un angle décalé, histoire de prouver que ça peut aussi être drôle. Il y a bientôt deux ans, il a co-fondé le site Investir.ch, qui s'est rapidement imposé comme un des sites financiers romands - un site qui parle de finance sans détour, sans artifice et qui a une forte tendance à penser "outside the box" quand tout le monde est inside...

Le krach, c’est pour cet automne!

La plupart des indices mondiaux se sont appliqués à battre des records d’altitude durant l’été.


C’est épatant, nous aurons vécu un été boursier exceptionnel – ce qui n’est pas forcément le cas de la météo, mais là n’est pas le sujet –; le sujet de l’été aura donc été un peu le même que celui du printemps, à savoir l’inflation. Tout le monde merveilleux de la finance se sera donc concerté pour savoir si elle sera vraiment transitoire et maîtrisée par nos chères banques centrales.

Nous avons patiemment réussi à nous convaincre que l’inflation ne serait plus un problème, puisque non seulement Jerome Powell nous a rassurés régulièrement, mais aussi parce que nous avons mis au point une technique infaillible, la technique du «c’est moins mauvais, donc c’est mieux». En effet, depuis plusieurs semaines les bonnes nouvelles sont invariablement positives pour les bourses mondiales et les mauvaises nouvelles sont presque un soulagement, parce que si c’est mauvais, ça veut dire que l’inflation ne montera pas et que, in extenso, les taux non plus. Car s’il y a un truc qui nous terrorise, au-delà de voir les talibans revenir au pouvoir à Kaboul, c’est d’imaginer les taux en train de remonter.

La plupart des indices mondiaux se sont donc appliqués à battre des records d’altitude durant l’été, je crois que la palme d’or revient au S&P 500 qui doit en être à son 50e record de l’année. Ce qui veut qu’en moyenne – en annualisant – une fois par semaine, on bat un record historique. Et l’année n’est pas finie.

Je ne vous cache pas que la résurgence du variant Delta aura aussi été un sujet passionnant durant les longues journées pluvieuses du mois de juillet. Mais ça n’a jamais été une crainte, comme si plus rien ne nous faisait peur de ce côté-là, tous convaincus qu’en cas de problèmes,les gouvernements ressortiraient leurs canons à stimulus et que les banques centrales nous inventeraient une nouvelle manière de mettre les taux en négatif et probablement une version remastérisée du «Quantitative Easing» cher à Bernanke, mais en version 2021, post-pandémie (pour autant que ça soit le cas).

Deux mondes différents

Présenté comme cela, on peut se dire que tout va bien et que l’on peut retourner danser en boîte de nuit tous les soirs pour fêter le record du jour et le record du lendemain tellement ces derniers semblent être un acquis. Pourtant, je dois dire que j’avais comme un doute. J’ai donc pris mon bâton de pèlerin et j’ai activé mes réseaux, histoire de sonder le «sentiment profond des intervenants». Ce n’est pas une méthode empirique et scientifique, mais ça donne toujours une bonne idée de ce que pensent les gens. Et je peux vous dire qu’entre la réalité du marché et la fiction des mois qui nous attendent, on a vraiment l’impression de vivre dans deux mondes différents. En effet, il semble y avoir une sorte de conviction profonde qui se développe parmi mes congénères: l’arrivée imminente d’une tempête boursière sans précédent. A entendre certains, 1987, c’était une croisière en première classe et l’an 2000, des vacances. Quant à 2008-2009, on n’en tient même plus compte.

Et le pire, c’est que non seulement la conviction est très forte, mais en plus on connaît presque l’horizon temps! Si j’en crois mes statistiques personnelles, entre le 1er septembre et le 31 octobre à 22 h, la chose sera réglée. Du coup, moi qui doutais de la pérennité de la hausse, je viens de me trouver un regain de motivation depuis que je sais que le krach est annoncé. Oui, parce qu’il y a une chose dont je suis certain, c’est que les «krachs annoncés», comme le yéti ou le monstre du Loch Ness, ça n’existe pas.

Bonne rentrée et bon krach!

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