Veillet Thomas

FONDATEUR INVESTIR.CH

Thomas Veillet, 48 ans et des poussières, plus de vingt ans dans des salles de trading, blogueur, trader, râleur et plein d’autres choses. Thomas a passé pas mal de temps dans les grandes banques de la place, a été un banquier conforme avant de passer au non-conformisme. La création du «Morningbull» aura été le début d’un changement de direction vers plus d’indépendance. Aujourd’hui, il essaie de vulgariser le monde de la finance et de le raconter avec un angle décalé, histoire de prouver que ça peut aussi être drôle. Il y a bientôt deux ans, il a co-fondé le site Investir.ch, qui s'est rapidement imposé comme un des sites financiers romands - un site qui parle de finance sans détour, sans artifice et qui a une forte tendance à penser "outside the box" quand tout le monde est inside...

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Triumph Scrambler 1200 XE

  • Triumph Scrambler 1200 XE

    Crédits: Thomas Veillet
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  • Triumph Scrambler 1200 XE

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  • Triumph Scrambler 1200 XE

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    Crédits: Thomas Veillet

Pour moi la Triumph Scrambler a quelque chose de très émotionnel. C’est en effet la première chronique auto-moto que j’ai eu l’occasion d'écrire. Au printemps 2016, je me suis retrouvé avec le nouveau modèle néo-rétro de Triumph dans les mains. Moi qui ne roulais sur rien d’autre que des gros bicylindres en provenance des USA depuis plus de 10 ans, ce fût une surprise totale de monter sur ce jouet de 900 cm3, un concentré de fun et un bonheur sans cesse renouvelé de monter dessus. C’est aussi cet article qui m’a donné l’occasion de devenir un « journaliste auto-moto à mes heures perdues » et qui m’a fait découvrir le hashtag #bestjobever – parce que oui, c’est un des meilleurs job que l’on peut faire – enfin, selon moi.

Pour faire simple, c’est en mettant mes fesses pour la première fois de ma vie sur une Triumph qu’une partie de ma vie a changé – oui, je peux aussi écrire sur autre chose que la finance. Mais trève de nostalgie ; tout ça pour vous dire que lorsque j’ai vu que Triumph sortait une grande sœur à la Scrambler 900 –une grande sœur équipée d’un moteur 1200 cm3 – il était devenu difficile de contenir mon impatience de grimper dessus.

Plus c’est haut, moins c’est drôle

Et le terme « grimper » n’était pas totalement galvaudé parce que la « nouvelle ancienne » de chez Triumph est diablement haute. En ce qui me concerne ayant toujours eu tendance à une timidité maladive, j’ai ordonné toute ma vie à mon corps de ne pas trop grandir pour ne pas trop me faire remarquer. Cet idiot ne m’a écouté qu’à moitié, puisqu’il a pris la décision de grossir et m’a limité en altitude, ce qui a eu pour effet de m’handicaper gravement en montant sur la Triumph XE. C’est le premier point noir que j’ai retenu après trois kilomètres et quatre feux rouges, j’avais déjà appris à repérer les trottoirs pour pouvoir poser un pied et conserver mon équilibre. Non sans stresse parce que sans trottoir je me retrouvais comme un navire sans gouvernail avec le choix de griller le feu ou de perdre l’équilibre et de me retrouver sur le dos tel un scarabée qui cherche se retourner, un scarabée avec une veste en cuir, soit. Mais un scarabée quand même.

Note de l’auteur : si vous faites moins de 1.74m ou que vous n’avez pas les jambes d’Adriana Karambeu, je vous recommande de vous concentrer sur la petite sœur. Il y a bien une selle creusée qui peut vous faire gagner 2 cm (et pas de kit de rabaissement), mais 2 cm de mousse en moins pourraient se faire sentir au bout de 100 kilomètres et il se pourrait qu’on les regrette amèrement, la selle n’étant déjà pas un modèle de confort. Non, ce n’est pas une goldwing, mais ce n’est de toute façon pas ce qu’on lui demande.

Échappement au naturel

Une fois que j’eu appris à monter dessus avec l’élégance d’un koala qui grimpe dans un eucalyptus, je pu commencer à apprécier la nouvelle version de la Scrambler. Et maudire mes parents pour ne pas avoir programmé mes gènes pour que je fasse 5 centimètres de plus. Mais ce petit détail intégré dans mon style de pilotage, je pouvais m’élancer sur les routes sauvages de la région lémanique.

Une chose qui est restée dans l’ADN du Scrambler britannique, c’est le bruit sourd de son échappement. Je peux d’ailleurs vous assurer que contrairement à bien des compétiteurs, il n’y a pas de raison de se précipiter chez un fabricant d’échappement pour le bruit ressemble à autre chose qu’un Solex. Je sais de quoi je parle. Je roule en ce moment avec une japonaise qui a 63 kilomètres au compteur et qui fait un bruit qui déprimerait un sonotone, mais qui vous protégera contre la maréchaussée qui devra trouver une autre raison de vous coller une amende ou de vous coller une balle dans chaque genou parce que vous rouliez trois km/h plus vite que la loi vous l’impose.

Humour anglais

Non, la Triumph a cette sonorité toute britannique qui à la moto ce que l’humour anglais est à l’humour tout court. Pour le reste, c’est une Scrambler 900 en plus gros (en plus haut, dois-je le mentionner encore ?). On sent assez rapidement que le gros 1200 vous donne un couple digne d’un trail de bonne manufacture et ne vous laissera pas tomber dans les cols, sur les nationales, en off-road et même sur les autoroutes. Néanmoins, sur les autoroutes il faudra penser à exercer votre nuque, parce que la protection est nulle et que mettre un parebrise là-dessus serait une insulte au design anglais.

Pour faire simple, la Scrambler 1200 est une moto que je dévore des yeux et donne tout ce qu’une moto de cette catégorie peut avoir à vous donner. Il est évident que si voter objectif est d’aller faire du circuit ou de rouler longtemps en ligne droite, il vous faudra passer votre chemin, mais pour le reste, le cocktail est parfait. Le look anglais reste parfaitement respecté, la technologie embarquée est digne de ce que l’on trouve sur une moto de cette génération, mais elle garde cet aspect rétro qui vous donne envie de l’avoir dans votre garage avec une Mustang Fastback de 68, les deux en vert anglais.

900 ou 1200 ?

Quoi qu’il en soit, la Scrambler 1200 devrait faire une base phénoménale pour tous ceux qui ont envie de se lancer dans une modification « hardcore ». Il y a de quoi faire. La raison me pousserait à rester sur la 900 pour des raisons de praticité, mais ce gros moteur coupleux m’a tout de même marqué au fer rouge et je n’en suis pas sorti indemne.

On notera encore que les Anglais ont sorti deux versions ; la XE et la XC. En ce qui me concerne, j’ai eu droit à la XE, c’est le modèle le plus « haut de gamme » - mais pour être franc, même après m’être plongé dans le catalogue – les différences sont minimes pour quelqu’un qui veut rouler et la différence principale pour moi se verra surtout dans le prix. Technologiquement, la maque de Hinckley a mis le paquet dans puisqu’il a un mode pluie au cas où rouler sous la pluie est un truc qui vous éclate vraiment, mais il y a aussi les modes un peu plus pointus pour attaquer dans les cols, tout est digital et on est définitivement 2020 –peut-être un peu trop néo et pas assez rétro pour les puristes, mais dans le pire des cas, ça sera un truc de plus à modifier dans votre trip personnalisation.

En conclusion, si ces prochains mois vous croisez un type avec un peu d’embonpoint et des bottes de moto à talons compensés, ça pourrait vouloir dire que j’ai craqué pour une Triumph Scambler 1200 – ou s’il n’a pas de talons compensés, ça sera une 900. Une chose est pratiquement certaine, il y a quelques années j’avais juré ne plus rien acheter d’autre que des Harley Davidson, mais là, il se pourrait qu’il se passe quelque chose de compliqué dans mon esprit torturé de motard.

Pour ceux qui veulent lire les chroniques dans l’ordre, vous retrouverez l’article sur la Scrambler 900 en cliquant ici - 

Thomas Veillet

Bitume.ch

Fiche technique :

Triumph Scrambler 1200 XE

Réservoir : 16 litres

Hauteur de selle : 870 mm

Longueur : 2 325 mm

Largeur : 905 mm

Hauteur : 1 250 mm

Empattement : 1 570 mm

Poids à sec : 207 kg

Refroidissement : Refroidissement par air et eau

4 soupapes par cylindre

Cylindrée : 1 200 cm3

Puissance : 90 ch

Transmission par chaîne et boîte à 6 rapports

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