Veillet Thomas

FONDATEUR INVESTIR.CH

Thomas Veillet, 48 ans et des poussières, plus de vingt ans dans des salles de trading, blogueur, trader, râleur et plein d’autres choses. Thomas a passé pas mal de temps dans les grandes banques de la place, a été un banquier conforme avant de passer au non-conformisme. La création du «Morningbull» aura été le début d’un changement de direction vers plus d’indépendance. Aujourd’hui, il essaie de vulgariser le monde de la finance et de le raconter avec un angle décalé, histoire de prouver que ça peut aussi être drôle. Il y a bientôt deux ans, il a co-fondé le site Investir.ch, qui s'est rapidement imposé comme un des sites financiers romands - un site qui parle de finance sans détour, sans artifice et qui a une forte tendance à penser "outside the box" quand tout le monde est inside...

Comment en est-on arrivé là?

«Le monde actuel est devenu un zoo. Pratiquement pas un homme politique pour rattraper l’autre»

L’autre jour, j’ai ouvert une encyclopédie. Une vraie, en papier, avec une couverture tellement épaisse qu’elle pourrait servir de gilet pare-balles au cas où vous seriez pris dans une fusillade dans les quartiers nord de Marseille. Dans cette encyclopédie, je suis tombé sur une photo de Roosevelt, Churchill et Staline. Indépendamment de ce qu’ils représentent individuellement, ce qui ressort de manière assez frappante sur cette photo, c’est une certaine prestance. Une certaine grandeur. Rien à voir avec les politiques de nos jours. A quel moment s’est-on planté?

Si l’on fait un tour d’horizon du monde actuel, on se rend bien compte que c’est devenu un zoo, qu’il n’y a pratiquement pas un homme politique pour rattraper l’autre. Mais là où tout cela devient clownesque, c’est l’impact que tout ce cirque est en train d’avoir sur les bourses mondiales. A moins que vous n’ayez passé les cinq derniers mois à faire de la spéléologie dans un territoire reculé du Mexique, vous ne pouvez pas avoir raté le cirque pathétique que sont en train de nous faire les politiciens américains, leur président en tête, au sujet de la relance économique américaine – plus connue sous le nom de «stimulus».

Depuis des mois, nous sommes tous d’accord pour dire que la première salve de soutiens, mise en place à la fin du printemps, ne sera pas suffisante pour relancer une économie américaine moribonde qui souffre de chômage, de manque de croissance et qui creuse de plus en plus sa fracture sociale entre les ultrariches et les ultrapauvres. Mais malgré tout, républicains et démocrates sont incapables de se mettre d’accord sur les montants et la structure du nouveau package de sauvetage. Soudainement, les deux bords politiques sont devenus très soucieux de ne pas trop dépenser. Ils veulent montrer au peuple qu’ils sont d’accord d’aider, mais pas à n’importe quel prix.

Alors, on pinaille à coup de milliards sur des milliers de milliards – il y a encore douze mois, voter un budget militaire de plus de 730 milliards ne fut qu’une formalité, mais rajouter 100 milliards par-ci, par-là pour permettre à des familles américaines de se loger ou de se nourrir, c’est devenu beaucoup plus compliqué. Le politicien moyen se sent désormais investi d’une mission divine: économiser l’argent du contribuable.

Et puis, excusez-moi du terme, mais plus ça traîne, plus le stimulus traîne, plus les politiciens deviennent cons, avec la palme d’or qui revient ex aequo à Donald Trump et à Joe Biden. C’est rassurant, parce que l’on va devoir supporter l’un des deux comme président ces quatre prochaines années. Quoi qu’il en soit, la dernière semaine de septembre, les deux candidats ont tout de même animé le pire débat présidentiel depuis la disparition des dinosaures: pas un pour rattraper l’autre, pas un plus intelligent que l’autre. Sur 360 millions d’habitants, les Américains n’ont pas trouvé mieux pour présider leur destinée.

La peste et le choléra

Le pire, c’est que le monde de la finance ne peut pas faire autre chose que de scruter toutes les déclarations des uns et des autres afin de tirer des plans sur la comète pour savoir ce qui se passera selon qui l’emporte, le clown sous stéroïdes ou l’ancien faire-valoir d’Obama. Rappelons tout de même que Biden a remporté le Prix du vice-président le plus maladroit et incompétent de l’histoire – tellement nul qu’Obama avait même pensé à engager François Hollande à un certain moment. Pendant ce temps, Wall Street obéit au doigt et à l’œil en tirant des conclusions hâtives sur les déclarations des deux hommes.

Quand on voit ce qui se passe aujourd’hui, que ce soit aux USA ou ailleurs – pour ne pas citer la France et l’Angleterre – sans compter certains de nos conseillers fédéraux qui bossent pour les assurances maladie et l’augmentation des primes, on se demande quand même si c’est la surmédiatisation due aux nouveaux médias qui rend les politiciens idiots ou est-ce qu’ils sont aussi idiots qu’avant, sauf que maintenant, ça se voit. Dans ce cas, je vous laisse imaginer les questions que l’on devrait se poser à Wall Street.

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