Veillet Thomas

FONDATEUR INVESTIR.CH

Thomas Veillet, 48 ans et des poussières, plus de vingt ans dans des salles de trading, blogueur, trader, râleur et plein d’autres choses. Thomas a passé pas mal de temps dans les grandes banques de la place, a été un banquier conforme avant de passer au non-conformisme. La création du «Morningbull» aura été le début d’un changement de direction vers plus d’indépendance. Aujourd’hui, il essaie de vulgariser le monde de la finance et de le raconter avec un angle décalé, histoire de prouver que ça peut aussi être drôle. Il y a bientôt deux ans, il a co-fondé le site Investir.ch, qui s'est rapidement imposé comme un des sites financiers romands - un site qui parle de finance sans détour, sans artifice et qui a une forte tendance à penser "outside the box" quand tout le monde est inside...

A la fin, ce sont les bulls qui gagnent

«Peu importe que ce soit l’âne bleu ou l’éléphant rouge qui l’emporte: le marché va monter»

Il y a une chose que l’on aime bien à Wall Street, c’est ressortir les vieilles statistiques. Vous avez déjà entendu parler du «Sell in may and go away» qui est horriblement traduit par «Vendez en mai et partez» – cette citation veut exprimer le fait que si vous vendez votre portefeuille à la fin du mois de mai et que vous le rachetiez en novembre et que vous fassiez cela pendant 100 ans, votre performance sera nettement meilleure que si vous faites l’inverse. Vous serez mort, mais votre performance sera meilleure.

Plutôt républicains que démocrates

Je ne vais pas citer tous les lieux communs que Wall Street essaie d’appliquer tout au long de l’année, parce que, dans ce cas, je pourrais écrire une encyclopédie financière en 12 volumes. Mais comme c’est la saison de l’élection américaine, on est quand même un peu obligé de regarder les éventuelles conséquences de l’arrivée d’un président démocrate à la Maison-Blanche. Avant d’aller plus loin, il faut déjà saluer le fait que le logo des démocrates n’a jamais été aussi bien choisi que cette année. Un âne à la Maison-Blanche sera du plus bel effet et on peut compter sur Biden pour nous gaver de belles anecdotes pour dessinateurs de presse. Il faut admettre que l’on n’aime pas trop voir arriver un démocrate aux commandes du pays. On n’aime pas trop parce qu’ils sont un peu moins à droite que les républicains et moins à gauche que les communistes, et sont donc moyennement aimables avec le traitement fiscal des plus riches.

2020 n’est pas la meilleure année pour faire des statistiques. Sur le long terme, on peut observer que les présidences de Clinton et d’Obama n’ont pas été si pourries que ça – mais au fond, on ne peut pas non plus s’empêcher de penser que ce n’est pas exactement grâce à eux ou à cause d’eux. Néanmoins, les statisticiens et les experts à Wall Street se disaient depuis longtemps que si l’âne passe avec sa caravane bleue, ça ne serait pas de bon augure pour les indices boursiers qui restent pourtant dopés aux hormones des soutiens gouvernementaux. Mais, et vous l’aurez compris, 2020 n’est pas une année comme les autres. Ce qu’il faut se dire, c’est que ça aurait pu être pire. Dans les années 1920, il y a cent ans, les femmes se battaient pour leurs droits, on n’avait pas le droit d’aller boire dans les bars, les gens se méfiaient des vaccins, les riches devenaient très riches et les pauvres plus pauvres. Nous étions au bord d’une crise financière majeure qui déboucherait sur une guerre mondiale. Heureusement, cent ans plus tard, on a fait pas mal de progrès. On n’a pas encore la guerre mondiale. Pas encore.

Le compteur de la dette tourne

Nous voici donc à quelques jours d’une élection capitale et soudainement, tous ces experts qui craignaient une défaite de Trump commencent à se dire que, finalement ça ne serait pas si grave parce qu’il y a le stimulus. Un stimulus magique qui va résoudre tous les problèmes de la planète en trois jours. Le Covid? Heureusement, il y a le stimulus. Le chômage? Heureusement, il y a le stimulus. Le réchauffement climatique? Heureusement, il y a le stimulus. Le cancer? Le stimulus encore. En effet, il semble d’une évidence rare, que si Biden est élu, il n’aura pas d’autre choix que d’endetter encore un peu plus le pays pour inonder les Américains de pognon pour garder le rêve en vie. Si Biden venait à ne rien faire et à augmenter les impôts – ce qui n’est pas impossible, vu qu’il est convaincu que nous sommes encore en 1992 –, ce sera l’effondrement du pays.

Pour la communauté financière, peu importe que ce soit l’âne ou l’éléphant qui l’emporte: le marché va monter, l’économie va cartonner et crouler sous des montagnes de stimulus. Pendant ce temps, le compteur de la dette américaine va encore accélérer mais, à la fin, on fera ce qu’on veut, ce sont les bulls qui vont gagner. Ne reste plus qu’à savoir s’il faut acheter aujourd’hui ou trois jours avant l’élection – il faut quand même reconnaître qu’avec le recul, c’est assez facile la bourse.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."