Bernard Radon

DIRECTEUR GÉNÉRAL DE COACHING SYSTEMS SARL

"Il y a chez Bernard Radon une quête perpétuelle pour comprendre les mécanismes de la stratégie et du management. Mais comment s’y prend-t-il pour coucher sur papier ce foisonnement d’expériences d'accompagnement de cadres et de cadres dirigeants? Je crois qu’il s’amuse à noter ses idées sur un petit calepin imaginaire. Il les transcrit ensuite sur des petits morceaux d’étoffe qu’il range soigneusement dans une boîte. Et quand le besoin de publier se fait pressant, il les sort, les trie, les arrange et enfin les coud soigneusement les uns avec les autres pour en faire un patchwork très ordonné dont l’image est non seulement cohérente, mais aussi d’une pertinence logique qui interpelle ses lecteurs. Il dit d’ailleurs en substance dans ses différents livres que l’on apprend à connaître son environnement par touches successives, comme si on reliait entre eux les morceaux d’un vaste puzzle. Au final, après avoir pris du temps, acquis et comparé toutes nos connaissances, c’est l’image d’ensemble qui se dégage: les organisations humaines dans toute leur complexité".

Télétravail, ça marche surtout quand tout va bien

Dès le début de l'ère industrielle, il a été nécessaire de rassembler autour des centres de production des grandes industries, une population de travailleurs d'origine rurale, qu'il fallait contrôler. Des villes entières ont ainsi été construites avec des hôpitaux, des écoles, un système social et logistique. La France, l'Allemagne, l'Angleterre ont été les figures de proue. Cette volonté centralisatrice a perduré même après les trente glorieuses années de prospérité de 1945 à 1973. Il fallait mettre à disposition des dirigeants et de leurs managers, des collaborateurs capables de leur apporter des informations à la demande.

Aujourd'hui, avec internet et l'accès à des bases de données tant publiques que privées, les dirigeants et les managers ont devant eux une encyclopédie gigantesque, une ouverture sur leur monde en un clic (ou presque). On peut se poser la question de l'intérêt de faire 1 heure 30 de trajet journalier (en moyenne) pour consulter des dossiers disponibles aussi depuis chez soi. D'autant que les bouchons, accidents, dépenses d'énergie considérables sont des désagrément plus haïssables pour les employés que de se confronter à une collègue acariâtre ou qu'un patron embrouillé.

Cependant, sur le net, deux discours s'opposent.

Pour le maire de New-York, Michael Bloomberg, le télétravail est l'une des idées les plus stupides qu'il n'ait jamais entendu. Au contraire, pour Richard Branson, les collaborateurs qui travaillent à la maison sont plus diligents et ont un meilleur équilibre de travail.  

Maintenant, on peut polémiquer sur les 30% de productivité que génère le télétravail, de la résistance au changement des managers face à la distance entre eux et leurs collaborateurs, des inénarrables discussions pour la fixation des objectifs, puisque le collaborateur n'est plus jugé sur son temps de travail mais sur l'atteinte des résultats. On pourrait même qualifier de Michael Bloomberg de conservateur décadent, mais Marissa Mayer, CEO de Yahoo, a pris récemment la décision de mettre fin à leur programme de travail à distance. Maintenant, Best Buy, un autre géant du net, suit le même chemin. Argument défendu: "Quand tout va mal, il faut resserrer les liens". 

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