<p>Executive chairman de Teads</p>

Executive chairman de Teads, Pierre Chappaz, 56 ans, préside depuis Genève, la plateforme de vidéo publicitaire mondiale. Créée en 2011, Teads (contraction de Technology et Advertising) est maintenant présent dans 18 pays et fournit sa technologie aux plus grands medias du monde dont Bilan.

Français, Pierre Chappaz est établi dans la région genevoise depuis 2000. Il a fondé le comparateur de prix sur Internet Kelkoo puis l’a revendu à Yahoo! en 2004. Après quelques mois à la présidence de Yahoo! Europe, il reprend l’initiative en fondant plusieurs startups (Wikio, Netvibes, Ebuzzing, Photobox...). Pierre est un blogueur très actif: visitez son blog personnel http://pierrechappaz.overblog.com/ et son blog politique libertarien.overblog.com.

Syrie, Irak, Afghanistan: et si on arrêtait la guerre?

Je n'ai pas de recette miracle pour arrêter la guerre au Moyen-Orient et en Afrique. Mais comment peut-on imaginer que la paix puisse être rétablie en Syrie, en Irak, en Afghanistan, en Libye, au Mali et dans les autres pays déchirés, par la force militaire?

Ces pays, produits du découpage artificiel des territoires par les Occidentaux, n'ont jamais été des nations, mais un regroupement artificiel d'ethnies et de cultures religieuses souvent incompatibles. Ils n'ont cessé depuis des générations de subir intervention militaire sur intervention militaire: Anglais et Français en Egypte dès les années 50, Russes en Afghanistan dans les années 80 et de nouveau aujourd'hui en Syrie, Américains en Afghanistan depuis les années 90 puis en Irak depuis 2011, France au Tchad depuis les années 60 et 70, en Libye en 2011 avec les Anglais, au Mali en 2013, en Irak et en Syrie ces jours-ci...

Le bilan de ces interventions extérieures n'est pas fameux, c'est le moins qu'on puisse dire. Elles ont souvent aggravé et même suscité (Irak, Libye) guerres de religions et affrontements tribaux. Quand elles ont "calmé la situation", c'est généralement provisoire, voyez l'état de l'Irak après 15 ans de seconde guerre américaine. Pouvons-nous être fiers du soutien occidental (et russe) à la dictature de Sissi en Egypte ? Que se passera-t-il plus tard dans ce pays, lorsque la chape de plomb sautera? Ce qui n'est qu'une question de temps, même s'il s'agit de temps long.

L'Occident (au sens large, la Russie en fait partie) porte une très lourde responsabilité dans le chaos du monde islamique. Les Etats artificiels tombent, restent la guerre de religion Sunnites-Chiites, la persécution des Chrétiens, et les conflits tribaux.

Que va faire l'Occident dans la galère syrienne? Comment choisir entre Bachar El-Assad, meurtrier de son peuple, Daech, dont les exactions nous sont montrées tous les jours dans les médias, le Front Al-Nostra, émanation d'Al Quaida, ou d'autres encore, quand on sait d'avance que les bombardements massifs sont incapables de régler le problème, et nourrissent la haine des djihadistes, prêts à tous les crimes pour se venger? Croit-on qu'une intervention au sol, inévitablement sanguinaire, puisse amener autre chose que d'autres massacres et la paix provisoire des cimetières?

Bien sûr, confrontés à la détresse des victimes, nous voudrions pouvoir faire quelque chose. Arrêter la guerre? Impossible, tant la situation est dégradée, depuis si longtemps. Arrêter de s'en mêler? Ce serait peut-être bien le début de la sagesse.

Et puis, il faut aider ces réfugiés qui fuient la guerre et la persécution. En essayant d'éviter d'être à terme submergés.

A plus long terme, aidons les régimes qui se mettront en place au Proche-Orient et en Afrique, quelle que soit leur couleur politique ou religieuse, à reconstruire. La seule façon de tarir un jour l'afflux de migrants est de les aider à se développer.

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