ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

Swisscom, privatiser pour mieux régner

A l’image de Google, muse et rival, Swisscom a choisi la voie de l’innovation agressive. L’opérateur rachète, développe et expérimente dans des domaines qui, de prime abord, paraissent éloignés des télécommunications. Sa mue s’accélère (lire pages 24 à 27) pour faire face aux pure players qui attaquent de toutes parts le modèle du secteur. Si ses activités dans la finance, l’énergie ou la santé commencent à dégager des marges, les infrastructures et la téléphonie représentent encore la majorité de son chiffre d’affaires. Tout comme la publicité en ligne remplit massivement les caisses de Google. Mais pour combien de temps encore?

Alphabet, la nouvelle structure qui fait de Google un puissant conglomérat, garantit une plus grande autonomie aux filiales «secondaires» du moteur de recherche et une vision plus claire sur ce que valent ces projets annexes qui regroupent entre autres l’intelligence artificielle et l’automobile. 

Sur les traces du géant de la Silicon Valley, Swisscom devrait pousser plus loin la réflexion sur ses activités hors télécommunications. Imaginons une holding à la Alphabet qui supervise toutes les entités de l’opérateur. Cette structure amplifierait les conquêtes sur les nouveaux marchés et les marges de manœuvre au sein des segments déjà occupés. 

Réviser la loi, et vite!

Mais avant tout, un serpent de mer doit devenir réalité: privatiser Swisscom. Pour favoriser son expansion, et surtout redynamiser tout un secteur. En 2014, la Confédération réduisait sa participation à 51,22%. Pas davantage, sinon la loi devait être révisée… Qu’on la modifie alors, et vite! Alors que les télécommunications connaissent un changement de paradigme sans précédent, accéléré par la numérisation des services, la Confédération ne peut être à la fois propriétaire et régulateur, clament – à raison – les milieux économiques et concurrents directs qui pointent la multiplication de potentielles distorsions.

Or une privatisation complète du géant bleu ne tournerait pas forcément à l’avantage de Sunrise et de Salt. Même si Swisscom ne bénéficiait plus des privilèges en matière de régulation dont on l’accuse de jouir, les acteurs historiques du marché auraient toujours plusieurs trains de retard, tant la force de frappe de l’opérateur est montée en puissance ces dernières années.

Si ses incursions dans l’internet des objets ou la mobilité sont moins bruyantes que les lunettes connectées ou la voiture sans conducteur de Google, Swisscom contribue néanmoins amplement au bouillonnement d’innovation en Suisse, notamment en investissant des millions de francs chaque année dans des start-up helvétiques et étrangères. 

Privilégions nos Google locaux pour maintenir un pôle d’excellence incontournable!

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."