Suzanne Hraba Renevey

CO-FONDATRICE DE BUSINESSIN

Suzanne Hraba-Renevey est co-fondatrice de BusinessIn, plateforme connectant les PMEs et startups dans des domaines affectés par la digitalisation. Ex-CEO de swissnex Singapour, elle apporte une perspective internationale à la thématique de l'innovation dans les PMEs, qu'elle encourage à travailler en réseau et à utiliser les outils des startups.

Fintech, mort ou renaissance des acteurs établis de la finance?

De nombreuses startups se sont lancées dans l'aventure fintech pour repenser le modèle de la finance grâce à l’innovation technologique. Objectif: rendre la finance plus simple et plus accessible. Tous les domaines sont touchés: de la gestion de fortune au prêt pour les particuliers, en passant par le financement des entreprises ou le paiement en ligne. Crowdfunding, crypto-monnaies, blockchain, algorithmes, bots, intelligence artificielle ne sont que quelques exemples d'outils utilisés permettant une connection directe entre ces nouveaux fournisseurs de prestation et les clients. Alors quid de l'acteur traditionnel du secteur de la finance? Il peut ressentir l'arrivée massive des fintechs comme une réelle menace pour son modèle d'affaire, et comme dans tout domaine où la digitalisation a un impact, cette crainte est partiellement justifiée. 

Fintech, la fin programmée des acteurs établis de la finance? Alors que la désintermédiation, une des conséquences de la mise en relation directe entre fintechs et clients, inquiète, sans doute à juste titre, les acteurs établis du secteur bancaire, les gestionnaires de fortune et les intermédiaires financiers, il s'avère que les services offerts grâce aux nouvelles technologies sont autant d'outils que ces acteurs peuvent et devraient utiliser afin d'affiner leurs services et amorcer leur propre transformation digitale. C'est en tous cas ce qu'ont compris les grandes banques qui s'entourent de responsables du digital, développent des accélérateurs et remettent des prix à l'innovation aux startups qu'elles acquièrent potentiellement, à l'image des grands groupes dans d'autres industries, menacés par la révolution 4.0. Pour les plus petits comme certaines des banques privées ou les gestionnaires de fortunes une telle mise en place n'est pas faisable pour des questions évidentes de budget, de temps et de main-d'oeuvre qualifiée.

Les fintechs, partenaires et ressources utiles des acteurs établis Il existe de plus en plus d'exemples de colllaboration entre les digital natives et les plus petits acteurs du secteur. Un de ces exemples est celui du robo-advisor, algorithme effectuant des conseils de placement sur la base de big data. Les clients de SwissQuote peuvent l'utiliser directement, mais ont la possibilté également se faire conseiller par un gestionnaire de fortune tel que Finstoy qui travaille en partenariat avec la banque en ligne. Similairement, 3rd Eyes offre des outils de gestion de fortune aux acteurs professionnels. Loanboox est une startup qui propose une plateforme de financement aux investisseurs institutionnels et aux banques. Apiax est une fintech qui a digitalisé les régulations financières sur la base de données répertoriées par Ernst&Young, offrant un outil de régulations dématérialisé, aisément utilisable par les acteurs établis. Un bel exemple d'intégration d'outils fintech est la banque Mirabaud & Cie qui a fait appel à Edgelab pour mettre en place un système répondant aux exigences du régulateur financier. Cette collaboration a non seulement permis le développement d'une solution de manière rapide et moins coûteuse que si elle avait été développée à l'interne, mais grâce à ce processus a introduit un mode de fonctionnement agile, plutôt caractéristique des startups.

La blockchain, une garantie anti fraude? On conçoit bien que la blockchain permette un processus de sécurisation des transactions, notamment dans le secteur de la finance, tel qu'exemplifié par la startup WeCan.fund. Cependant comme évoqué par Netguardians, fintech développant des solutions anti-fraude en temps réel sur la base de l'intelligence artificielle, la blockchain est également un terrain fertile de blanchiment d'argent que permet l'anonymat des intervenants. Cette tension est particulièrement intéressante à explorer à l'heure d'une curiosité, voir un grand engouement vers cette technologie. (Voir interview de Jérôme Kehrli, CTO Netguardians)  

Les PMEs devraient-elles s'intéresser aux fintechs? Les PMEs du secteur non financier sont également concernée par l'essort des fintechs, car elles apportent des outils de gestion d'entreprise, notamment dans la comptabilité tels que proposés par la startup EzyCount, voir des services de fiduciaires dématérialisés, qui eux aussi peuvent être complémentaires aux acteurs non digitalisés du secteur.

Ces exemples suggèrent que la collaboration entre startups et acteurs traditionnels aboutit à une renaissance de ces derniers. Le message est donc celui de la collaboration ouverte et de la cassure des silos entre les acteurs traditionnels et les nouveaux venus, pour un bénéfice mutuel, non seulement au niveau des outils co-développés, mais également au niveau de la culture qui se tourne plus aisément vers l'agilité, mettant le business et le client au centre de l'entreprise.

Pour en savoir plus, rejoignez-nous à l'événement Businessin Fintech le 15 novembre prochain à 18h à Spaces Genève, et venez écouter des exemples de success stories d'acteurs établis de l'industrie de la finance ayant pris le virage numérique grâce à la connection avec des startups, des pitches de startups proposant des produits et services innovants, un débat inspirant modéré par Bilan,  et un réseautage ciblé entre les divers acteurs du secteur.  

 

 

 

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