Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

SUISSE/Dix événements à retenir pour 2016. Un libre choix.

Après l'Europe hier, la Suisse (qui n'en fait pas partie) aujourd'hui. Même principe. Un libre choix de dix manifestations dans le domaine des beaux-arts. Même idée de couverture large. Il ne s'agit pas systématiquement ici des choses que je me réjouis de voir ces prochains mois. 

C'est parti! 

«Artgenève» au Palexpo de Genève. Cinquième édition, toujours à Palexpo, le propriétaire de ce salon voué à l'art contemporain. Il y aura à nouveau, du 28 au 31 janvier (avec le vernissage qui s'impose le 27) (1), un savant mélange de galeries commerciales et de lieux invités. Thomas Hug tient la barre. Il lui faudra ensuite tenir bon jusqu'à la première mouture de la version monégasque, annoncée du 30 avril au 2 mai. Faut-il uniquement parler de culture? Je suis un peu gêné de lire sur le site qu'il s'agit pour Genève d'un «moment clé pour le tourisme de luxe». 

«Paul Signac», à l'Ermitage de Lausanne. Des petits ronds partout. A la mort de Georges Seurat, en 1891, Paul Signac, né en 1863, prend la tête du mouvement pointilliste. Celui-ci aura beau rapidement s'essouffler. L'homme continuera à produire des points jusqu'à sa mort en 1935, non sans les agrandir, il est vrai, afin d'aller plus vite. Les quelque 140 œuvres proposées à l'Ermitage du 29 janvier au 22 mai proviennent toutes de la même collection privée. Anonyme, comme il se doit. Elles couvrent l'ensemble d'une longue carrière qui finit extrêmement mal. 

«Hans Arp» au Kunstmuseum de Winterthour. L'artiste germano-franco-suisse est bien représenté dans l'institution zurichoise depuis le legs Friedrich-Jezler de 1973. Autour de ce noyau, le musée a donc pu monter une exposition en trois partie sur ce classique moderne. Elle se déroulera du 30 janvier au 22 mai. Il y aura les reliefs des années 1920, les «concrétions» de la décennie suivante et un point sur l'après guerre, Arp étant mort à 80 ans en 1966. Le musée présentera par ailleurs dans l'année William Tucker, Richard Tuttle, Matt Mullican et Ker-Xavier Roussel. 

«Jean Dubuffet, métamorphoses du paysage», à la Fondation Beyeler de Bâle. On peut voir de la terre, des terrains et des maisons dans l’œuvre du Français (1901-1985), en dépit du traitement qu'il leur fait subir. C'est à une exploration de ces mutations qu'inviteront les Beyeler du 31 janvier au 8 mai. Le parcours partira des années 1940 pour aller jusqu'aux ultimes créations. En 2016, la fondation accueillera aussi Robi Horn, les Fischli/Weiss, associés pour l'occasion à Alexandre Calder, ainsi qu'une rétrospective tournant autour du Blauer Reiter allemand. 

«Pipilotti Rist», au Kunsthaus de Zurich. En 2012, le Kunstmuseum fêtait les 50 ans de l'ex-fée-bleue. Il s'agissait déjà d'une rétrospective. L'artiste a décidé cette fois d'inclure du 26 février au 8 mai des pièces (notamment vidéo) de toutes les époques au sein d'une installation entièrement nouvelle. Cette dernière occupera la totalité de l'aile Bührle. La chose se verra accompagnée d'un «catalogue-glossaire». Le musée présentera en 2016 Alberto Giacometti ou Francis Picabia (c'est la seconde fois). Il invitera surtout à découvrir Hans Jakob Oeri (1782-1868). 

«Dada Africa», au Museum Rietberg de Zurich. Soyez rassurés! Aucun rapport avec le dictateur Amine Dada des années 1980. Le musée pour les cultures extra-européennes fêtera ainsi la naissance du mouvement dada au Cabaret Voltaire de Zurich, en février 1916. Il montrera du 18 mars au 17 juillet l'influence qu'ont exercé sur lui les différents arts du Continent noir. Une nouvelle approche du sujet. Le Kunsthaus organisera, lui, en coproduction avec le MoMA new-yorkais «Dadaglobe» du 5 février au 1er mai. Une exposition nettement plus classique. 

«Sculpture on the Move» au Kunstmuseum de Bâle. En 2002, le Kunstmuseum présentait «Painting on the Move». Pour sa réouverture le 19 avril, il passera à la sculpture de 1946 à 2016. L'événement sera cependant l'inauguration, après des travaux très courts (on n'est pas à Genève!) du nouveau bâtiment, signé Christ & Gantenbein. Celui-ci augmentera sa surface d'exposition de 29 pour-cent, permettant ainsi de redéployer les collections sans devoir les mettre en caves à chaque manifestation temporaire. «Sculpture on te Move» durera jusqu'au 18 septembre

«Amazonie, Le chamane, et la pensée de la forêt», au MEG de Genève. Changement de programme! En février 2015, Boris Wastiau, directeur du MEG, parlait encore de l'exposition sur le Iles Fidji. Un coproducteur ayant fait défaut depuis, l'Amérique du Sud a refait surface avec une exposition semi improvisée comportant nombre d'objets tirés des réserves du musée d'ethnographie. Inauguration le 20 mai. Pas de clôture encore annoncée. D'ici là, «Le Japon bouddhique de Madame Butterfly» continue sur sa lancée jusqu'au 10 janvier. 

«Art/Basel» à la Messe Bâle. Ce sera la 47e mouture d'une foire qui a bien grandi depuis 1970. Aujourd'hui dirigée par Marc Spiegler, un monsieur qui a plutôt une tête à «coacher» une équipe de rugby, la version bâloise succédera du 16 au 19 juin à celle de Hong Kong, prévue du 24 au 26 mars. Miami se placera du 1er au 4 décembre. Il y aura comme toujours en juin à la Messe les galeries les plus chères au rez-de-chaussée et quelques autres, un brin expérimentales, au premier étage. L'essentiel reste d'être vu durant les deux jours de vernissage, les 14 et 15 juin. 

«De Raphaël à Rubens», au Kunstmuseum de Berne. Il y a de tout dans les collections des princes de Liechtenstein. Après des siècles d'accumulation, des difficultés financières les avaient contraint à des ventes dans les années 1950 et 1960. Aujourd'hui, ils se montrent plutôt acquéreurs. L'exposition annoncée à Berne du 11 novembre au 26 mars 2017, tiendra du florilège. Il y aura un peu de tout. Mon petit doigt me dit que ce «tout» doit ressembler à l'exposition sur le même sujet que présente en ce moment la Fondation Caumont d'Aix-en-Provence. 

Et encore...

"Le retour des ténèbres", au Musée Rath de Genève. Il y a 200 ans, Mary Shelley écrivait "Frankenstein" à Cologny, lors d'une "année sans été", tandis que Lord Byron versifiait "Darkness". L'événement sera fêté tout près de là, à la Fondation Martin Bodmer du 14 mai au 9 octobre. Il se verra aussi revisité du 2 décembre au 19 mars 2017 au Musée Rath, qui entend en montrer le contexte historique, artistique et social. L'impact de ce "roman gothique" et de ce poème satanique perdure aujourd'hui. Le parcours ira donc du XVIIIe et XXIe siècle.

Photo (Tirée du site de l'artiste): Pipilotti Rist, qui fera sa rentrée au Kunsthaus de Zurich.

Prochaine chronique le 6 janvier. La fête galante se retouve au Louvre de Lens. Le XVIIIe siècle revient partout dans les musées français.

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