Oscar Bartolomei5

DIRECTEUR FAMILY OFFICE

Oscar Bartolomei a développé l'essentiel de sa carrière en tant que gestionnaire de fortune international à Genève. Quadrilingue, Il a travaillé pour des établissements bancaires de premier plan: Crédit Suisse, ABN Amro et Lloyds Private Banking où il était responsable Amérique Latine pour la gestion privée. Fort de cette expérience, Oscar a très vite acquis la conviction que seules les structures du type Family Office étaient à même d'offrir un service à la fois global et sur mesure à une clientèle haut de gamme. Spécialisé dans la constitution et le développement de telles structures, Oscar a ouvert un premier Family Office à Genève en 2007. Il est aujourd'hui responsable du développement d'un Family Office à Genève, expert SAQ (Swiss Association for Quality) en Certifications Conseiller Clientèle en Gestion de Fortune.

Successions: n’attendez pas que la mort vous trouve du talent

Les questions successorales sont une des principales thématiques dans lesquelles intervient un Family Office. Comme dans toute succession, la part d’émotion est bien sûr très grande, augmentant ainsi le risque d’un éventuel conflit entre héritiers. C’est pourquoi je conseille à tous mes clients de préparer leur succession de leur vivant. Ce n’est jamais facile. L’être humain est ainsi fait qu’il rejette l’idée de mort, tout en la sachant inéluctable. Sans compter le sentiment de culpabilité qui peut naître chez les futurs héritiers à aborder cette question avec leurs parents, par exemple. Je n’aborderai pas l’éventuelle transmission de l’entreprise familiale, sujet à part entière.

Le choix du moment est crucial. Quand parler succession au sein d’une famille ? C’est assez simple lorsqu’une famille est unie et vit dans un climat d’harmonie. Ça l’est beaucoup moins dans le cas contraire. Il faudra alors travailler en amont pour désamorcer des tensions, voire des conflits, afin d’amener toute la sérénité nécessaire le moment venu. Mais ne rêvons pas : bien souvent, ce n’est pas l’union sacrée au sein d’une famille qui facilite cette discussion mais une pesée d’intérêts. On passe outre certains conflits pour parler héritage. Pour le Family office, peu importe. L’essentiel, c’est que la famille en parle.

Dans le cas de l’ouverture d’un testament dont personne n’était au courant, le problème principal est, bien sûr, que celle ou celui qui l’a rédigé n’est plus là pour en parler. Pour expliquer ses choix. Même s’il a été rédigé dans un souci d’équité, en faisant attention de ne léser personne, il se trouvera presque toujours quelqu’un pour se sentir écarté, alors-même que ce n’était pas l’intention du testateur.

Il y a plusieurs solutions qui s’offrent à une famille pour régler ses aspects successoraux. Pour faire en sorte que la famille ne se déchire pas. Et ne perde pas beaucoup d’argent en frais d’avocats ultérieurs. Trop de cas vécus en attestent.  La règle d’or est de rechercher la solution la plus simple et la plus facilement exécutable. Cela suppose un long travail préparatoire mais qui s’avère indispensable.  La complexité légale à outrance via un Trust ou une Fondation peut non seulement s’avérer très coûteuse, mais surtout parfois moins efficace qu’une solution plus simple.

La donation in vivo permet de transférer des biens avant le décès. Elle permet d’assurer une transmission en finesse du patrimoine familial. En la couplant avec un usufruit, lorsque des biens immobiliers sont concernés, elle peut s’avérer idéale lorsque les deux parents sont encore vivants. Elle suppose néanmoins une certaine surface financière et s’avérera trop compliquée pour des successions au patrimoine peu important. Selon les pays, elle peut aussi s’avérer plus attractive fiscalement.

Le pacte successoral est un bon instrument pour régler une succession entre vifs. Il doit être signé par tous les héritiers, ce qui lui confère une grande légitimité. Avantage de cette formule: les parts réservataires n’ont pas besoin d’être respectées contrairement à un testament. Mais il a aussi un inconvénient: il n’y a pas de retour en arrière possible, sauf nouvelle signature à l’unanimité. Le défaire est donc compliqué, car il faut à nouveau réunir toute la famille.  Et que ses membres soient tous d’accord de modifier le premier pacte. Au vu du caractère quasi définitif du pacte successoral, la donation in vivo avec usufruit sera plutôt conseillée si les personnes concernées sont assez jeunes, dans la cinquantaine par exemple. 

Le testament, bien sûr. Signé par une seule personne, le testateur, il est parfait dans des situations où il ne reste qu’un grand-parent ou un parent par exemple. Le fait que toute la famille en parle et sache ce qu’il contient évitera tout   conflit-on l’espère- lorsque le testateur décédera. Nul besoin d’établir son testament sur un formulaire, chez un notaire ou un avocat. Obligatoirement rédigé à la main, il doit comporter le lieu et la date de son établissement, ainsi que la signature du testateur. Mais cela n’évitera pas les conflits durant sa rédaction, les avis quant à la distribution de l’héritage n’étant pas forcément celui du futur défunt…

La manière la plus simple pour régler une situation est parfois… de ne rien faire. Laisser simplement s’appliquer la loi est la meilleure des solutions dans des cas précis où il ne subsiste qu’un seul parent avec un seul héritier. Et si le parent veut bien sûr tout léguer à son enfant. Laisser la loi s’appliquer d’elle-même se révèlera en fin de compte moins complexe administrativement et moins coûteux que l’ouverture d’un testament chez un notaire.

Le rôle du Family office est d’assister la famille durant tout le processus. On peut citer l’analyse des réglementations à adopter pour la succession selon les législations, les différents conseils à l’évaluation de la masse successorale tels que les avoirs bancaires, l’immobilier, les collections d’art… La rédaction de tous les rapports écrits pour les testaments, les pactes successoraux, les contrats de donation, accompagnement jusqu’à la signature inclus. Cela va jusqu’à l’organisation du dépôt en lieu sûr de tous les documents. Enfin, il faut aussi prévoir la future exécution testamentaire, voire l’exécution du partage successoral.                                                                      

De simple conseiller successoral, le rôle du Family office peut ainsi évoluer jusqu’à devenir le « Gardien du Temple » de la famille. Occupé à gérer le présent, mais aussi garant d’une succession réussie pour garantir la pérennité du patrimoine familial. Par-delà les générations. 

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