Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

Spéculation: le «diktat» de Bruxelles

Le 28 février, le peuple suisse a rejeté le populisme de droite comme de gauche. Autant d’électeurs (60%) ont dit non à l’initiative UDC de renvoi des criminels étrangers qu’à celle contre la spéculation sur les denrées alimentaires des Jeunes socialistes. Criminels, spéculateurs… Les slogans épouvantails qui dissimulent des usines à gaz juridiques ne marchent plus?

Le parallèle s’arrête là. Le peuple suisse n’a pas pour habitude de scier la branche de la prospérité sur laquelle il est assis. Même si la faiblesse du non à l’initiative contre la spéculation à Genève (54%) reste troublante pour un canton dont le PIB vient pour 20% d’un secteur du négoce très courtisé par d’autres. C’est une piqûre de rappel quand de nouvelles incertitudes se profilent comme des votations sur la réforme de la fiscalité des entreprises ou les multinationales «responsables».

On a beaucoup entendu à propos de l’initiative contre la spéculation que le secteur du négoce a un problème de communication. C’est exact et paradoxalement c’estin fine le même que les Jeunes socialistes.  La nouvelle loi suisse sur l’infrastructure financière prévoit des limitations de prises de position pour empêcher la spéculation nuisible. Outre que c’est une reconnaissance implicite que le problème existe, ce texte doit être complété par une ordonnance qui précise ces limites. Or celles-ci doivent d’abord être dictées par l’Union européenne pour que la Suisse s’aligne.

Expliquer qu’il est souhaitable que le droit européen s’étende à la Suisse est un risque que ni les négociants ni les Jeunes socialistes n’ont osé prendre. Peut-être pourront-ils mieux expliquer ce genre de réalités de la régulation économique à l’avenir s’il se confirme que les slogans populistes ont atteint leurs limites. 

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