Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Sortir du nucléaire: Fukushima est oublié!

La catastrophe de Fukushima de 2011 est oubliée! Cinq ans plus tard, les citoyens helvétiques rejettent l’initiative «Sortir du nucléaire» qui avait pour objectif la fermeture entre 2017 et 2029 des cinq centrales en activité sur le territoire helvétique.

Le score est sans appel, avec 54,2 % de non et 45,8% de oui. Au niveau des cantons, il est encore plus net: seuls Genève, Vaud, Neuchâtel, Jura ainsi que les deux Bâle acceptent le texte soumis au vote par les Verts avec le soutien des parties de gauche. Malgré leur défaite, ces derniers ratissent largement au-delà de leur base électorale.

Un rapide survol des résultats montre que les milieux urbains soutiennent l’initiative. A l’exception d'Aarau, les grandes villes sont favorables à la sortie du nucléaire: Zurich, Bâle, Genève, Lausanne, Berne, Bienne, Lucerne, St-Gall, Coire, etc. A l’inverse, les zones rurales refusent le texte de l’alliance de gauche, à une forte majorité en Suisse alémanique et plus modérément en Suisse romande.  

L’échec des Verts s’explique par les craintes liées à la dépendance énergétique et à la sécurité d’approvisionnement, alors que douze réacteurs français sont à l’arrêt. A cela s’ajoute la défiance vis-à-vis de l’importation d’électricité «sale» produite à partir de charbon pour compenser provisoirement l’arrêt de Beznau I et II en 2017. Avec ce vote, les Suisses montrent aussi qu’ils continuent à faire confiance aux inspecteurs de la sécurité nucléaire qui peuvent à tout moment stopper l’exploitation d’une centrale.

Ce résultat n’est pas forcément une bonne nouvelle pour Alpiq et Axpo, les deux principaux actionnaires des centrales nucléaires. Les nouveaux investissements qui devront garantir la sécurité des installations seront importants, alors que ces deux sociétés nagent dans les déficits. On rappellera que les dirigeants d’Alpiq ont tenté en vain de céder leurs actions pour un franc symbolique au groupe français EDF.

Désormais, le débat portera sur la stratégie énergétique 2050 acceptée par le Parlement, mais contre laquelle l’UDC a lancé un référendum avec le soutien de plusieurs organisations économiques. Elle prévoit d’accroître l’efficacité énergétique et de développer les énergies renouvelables.

Mais les mesures prescrites sont insuffisantes pour permettre à la Suisse de combler son retard. Seul l’arrêt des centrales nucléaires entre 2017 et 2029 aurait poussé les acteurs politiques et économiques à investir massivement dans ce domaine.

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