Suzanne Hraba Renevey

CO-FONDATRICE DE BUSINESSIN

Suzanne Hraba-Renevey est co-fondatrice de BusinessIn, plateforme connectant les PMEs et startups dans des domaines affectés par la digitalisation. Ex-CEO de swissnex Singapour, elle apporte une perspective internationale à la thématique de l'innovation dans les PMEs, qu'elle encourage à travailler en réseau et à utiliser les outils des startups.

SingaporeSkills: bientôt une réalité?

A l’heure où les SwissSkills battent leur plein à Berne, finissant ainsi en beauté un programme chargé du congrès international de la formation professionnelle à Winterthour, Singapour tire les conclusions d’une étude par le comité ASPIRE consacrée à l’optimisation de l’éducation vocationnelle.

Les liens entre la Suisse et Singapour dans ce domaine sont nombreux. Faisant suite, entre autres, au constat d’un taux de chômage peu élevé dans des pays tels que la Suisse, Singapour a mandaté un comité d’experts provenant du gouvernement, de l’académie et de l’industrie, afin de proposer des solutions permettant de mieux équiper les travailleurs de demain. Ce comité s’est rendu dans plusieurs pays, notamment en Suisse, afin d’y rencontrer divers acteurs de l’éducation professionnelle.

Le congrès de Winterthour était une belle occasion pour les délégués singapouriens de poursuivre les réflexions sur cette thématique. Un des membres du comité ASPIRE est le directeur du centre de recherche Nestlé à Singapour, qui, en collaboration avec l’Institute of Technical Education (ITE) a récemment lancé un programme d’apprentissage inspiré par le modèle suisse. Autre témoin d’une relation de plus en plus étroite, le récent accord entre la Direction Générale de l'Enseignement Postobligatoire (DGEP) vaudoise et l’ITE, qui permet un échange d’étudiants, d’enseignants et de bonnes pratiques.

L’apprentissage n’est cependant pas en vogue chez tout le monde à Singapour, qui a basé son système éducationnel sur celui des pays anglo-saxons, moins orientés vers la pratique. Le contexte sociétal à Singapour, et en Asie de manière générale, n’est pas favorable à ce type d’éducation considéré de moindre valeur par la société et les parents, qui préfèrent toujours encore voir leurs rejetons étudier à l’université afin de devenir médecins, avocats ou banquiers. De manière générale, la société et les employeurs accordent plus d’importance aux diplômes qu’aux compétences. De plus, l’industrie n’est pas engagée de manière suffisante dans le processus d’éducation professionnelle, et les potentiels de développement de carrière et de salaire ne sont pas suffisamment attractifs.

C’est donc dans ce contexte relativement défavorable, qui pourrait dans une certaine mesure rappeler les tendances que nous connaissons en Suisse romande, que le comité ASPIRE propose les quatre approches suivantes. Permettre aux étudiants prospectifs de faire des choix éclairés basés sur leurs aptitudes. Mieux équiper l’étudiant grâce à une collaboration soutenue avec l’industrie. Mettre en place une éducation pratique et continue afin d’approfondir le savoir-faire. Favoriser l’essor de passerelles permettant un développement de carrière optimal.

Bien entendu il faudra du temps pour implémenter ces changements et sensibiliser décideurs et parents. Mais de manière peu surprenante, dans un contexte où les opportunités se saisissent rapidement, Singapour se définit déjà volontiers comme un précurseur en éducation professionnelle dans la région. Et il y a fort à parier  que durant les WorldSkills 2015 au Brésil, la ville-état se profilera encore davantage parmi les meilleurs élèves.

 

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