RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

Séparer le privé du professionnel

La 9e édition de notre enquête exclusive sur les meilleures pratiques en matière de ressources humaines met en exergue les grandes tendances en vigueur. Parmi celles-ci, il y a le développement du télétravail, soit la possibilité de travailler depuis chez soi. La majeure partie des 91 participants à cette nouvelle enquête accepte, voire encourage, cette formule. Il s’agit généralement d’une à deux journées par semaine. Le télétravail a l’avantage d’arranger à la fois les employeurs, qui y voient une façon d’optimiser la location de surfaces de bureau, et les employés, qui peuvent ainsi garder un œil sur leur progéniture ou gagner en souplesse horaire et aller skier deux heures, par exemple. 

Parallèlement à cette évolution, on relève le besoin d’aménager des bureaux toujours plus humains. On change le mobilier afin d’y mettre des éléments phonoabsorbants, d’amener de la couleur et des formes plus rondes. Des baby-foot font de plus en plus leur apparition, voire des salles de repos. Bref, les employeurs cherchent à rendre les heures de travail le plus sexy possible. 

Certains vont encore plus loin et tentent de transformer les collègues de travail en seconde famille. Notamment en multipliant les activités de team building. Si ces efforts sont souvent louables, la question qui se pose est de savoir si, à terme, il sera toujours aussi simple de séparer la vie privée de la vie professionnelle. Avec l’intrusion excessive des e-mails et SMS professionnels en dehors des heures légales de travail, il est déjà difficile de parvenir à cloisonner les deux. A l’avenir, ce sera toujours plus compliqué.  

Se concentrer dans son salon, vraiment?

Pour des raisons d’optimisation des coûts, il pourrait être déconseillé de se déplacer pour se rendre sur son lieu de travail plus d’une à deux journées par semaine. Les immeubles de bureaux pourraient être progressivement réaffectés à des logements, surtout ceux situés dans les centres-villes. Certes, cela aura pour intérêt de limiter la pollution et les pertes de temps générées par les déplacements. 

Par contre, cette tendance va à l’encontre de la volonté de maintenir une culture d’entreprise. Autre raison de résister à certains de ces changements:  la nécessité d’avoir un environnement propice à la concentration et au travail. Nombreux sont les individus qui ne sont pas aussi efficients lorsqu’ils travaillent dans leur salon, avec de multiples sources de distraction potentielles: animaux domestiques, enfants, proches, voisins, etc. De plus, il semble nécessaire de bien connaître ses collègues pour gagner en efficacité et désamorcer rapidement les conflits potentiels. 

En résumé, l’avenir des meilleures pratiques RH passe aussi par la nécessité de ne pas céder à la tentation de renforcer encore le télétravail. Au-delà de deux jours par semaine, les inconvénients pourraient l’emporter sur les avantages.

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