RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

Sauvons les Fêtes de Genève!

Dans moins d’une année, les habitants de la ville de Genève seront invités à se prononcer sur l’initiative populaire municipale visant à réduire la durée de la manifestation à sept jours. Faut-il rappeler ici qu’habituellement qui paie commande? Or, en l’état, ni la Ville de Genève ni le canton de Genève ne versent la moindre subvention. L’une des plus grandes manifestations populaires du pays est entièrement financée par la Fondation Genève Tourisme & Congrès.

Celle-ci a pour fonction de faire venir des touristes à Genève, pas d’animer les quais pour les résidents. Or, un sondage effectué du 31 juillet au 7 août 2015 auprès de 6258 visiteurs des Fêtes de Genève a montré que 50% des personnes en question sont des Genevois, les 50% restants pouvant être considérés comme des touristes. Et encore, puisqu’il y a 3% de Vaudois et 13% de résidents de France voisine. 

Il semblerait donc logique que 50% du budget de fonctionnement des Fêtes de Genève soit assuré par les pouvoirs publics. La Ville de Genève dépense bien 3 millions de francs par année pour les trois jours de la Fête de la musique. Un événement importé de France par le conseiller administratif Alain Vaissade à partir de 1992. On pourrait aussi citer l’exemple de L’Escale qui a occupé les quais de la rive droite entre le 25 juin et le 24 juillet, avec un programme culturel varié, ce qui a engendré une dépense de 300 000 francs du département de Guillaume Barazzone, le même qui avait interdit les pré-Fêtes aux organisateurs des Fêtes de Genève… 

De manière plus générale, il est difficilement compréhensible de vouloir réduire à tout prix le succès des Fêtes de Genève. Cette manifestation génère certes des nuisances sonores, mais c’est le lot de toutes les villes. Lorsque Edimbourg dépense des millions pour mettre sur pied des centaines de concerts pendant un mois afin d’animer ses rues et faire venir 4 millions de visiteurs, les râleurs doivent être un peu patients ou prendre la clé des champs. 

Comment faire rayonner Genève, faire vivre les commerces et restaurants, mettre de la vie et de l’ambiance sans déranger les riverains? Les professionnels du spectacle le confirment: c’est tout simplement impossible. A l’inverse, on peut faire en sorte de minimiser les impacts négatifs en se donnant les moyens de confier à des professionnels la gestion des Fêtes.

C’est ce qu’avait tenté la Fondation Genève Tourisme avec Emmanuel Mongon, avant que ce dernier ne serve de fusible. Non pas qu’il soit réellement responsable du fameux déficit, mais surtout parce qu’il n’a pas su se faire apprécier à sa juste valeur des services de Pierre Maudet et de ceux de Guillaume Barazzone. Bref, il devient urgent de mettre sur pied une table ronde entre toutes les entités concernées pour assurer la survie de vraies Fêtes de Genève.

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