RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

Quel urbanisme voulons-nous?

Quel urbanisme voulons-nous?

Nous vivons une époque formidable. Sous prétexte de ne plus gaspiller le sol, on densifie au maximum les zones villas. Dès qu’une parcelle de 800 m2 se libère, les promoteurs planifient des villas jumelles. Lorsqu’il s’agit d’une parcelle de 2000 m2, ce sont alors quatre, voire cinq maisons mitoyennes qui sont dessinées. Les nouveaux habitants héritent de «cages à lapins» où ils vivent quasiment avec leurs voisins. Lorsque ceux-ci reçoivent des amis, font la fête ou se disputent, il n’y a plus de sphère privée. Les règles d’aménagement du territoire sont en train de créer une multitude de «petites bombes» à retardement. Les conflits de voisinage vont connaître une croissance exponentielle, inversement proportionnelle à la taille de la parcelle. Le savoir-vivre ensemble ne semble pas être une valeur équitablement partagée… Difficile de sélectionner vos voisins. Devraient-ils avoir des enfants? Si oui, de quel âge? Peuvent-ils avoir des animaux domestiques?

Certes, les élus ont voulu bien faire. Ainsi, à Genève, il suffit de construire selon les standards Minergie ou à «haute performance énergétique» pour gagner le droit de construire des mètres carrés supplémentaires. Officiellement, il s’agit de favoriser la lutte contre le gaspillage du sol. C’est aussi, souvent, le seul moyen permettant à la classe moyenne d’accéder enfin à la propriété. 

Sauf qu’en cherchant à résoudre ces problèmes, on en a créé de nouveaux. Lorsque vous héritez d’un portail commun, d’un chemin commun avec son éclairage, mais que vous n’êtes pas au sein d’une copropriété, mieux vaut mandater un administrateur. Ce dernier se chargera de gérer les problèmes, de négocier des contrats d’entretien et d’encaisser les acomptes. A défaut, c’est la gabegie garantie. De surcroît, chacun risque de s’équiper de sa propre tondeuse, au lieu de mutualiser certains frais.

La qualité de vie est primordiale

Paradoxalement, la demande de maisons individuelles reste plus élevée que jamais. Avec une offre de maisons individuelles qui ne cesse de baisser (-25% depuis deux ans, selon le chef économiste chez Raiffeisen), cela entraîne une hausse des prix. 

Dès lors, il conviendrait de se poser certaines questions. Ne faudrait-il pas affiner les zones d’affectation? Les zones villas ont encore de beaux jours devant elles, mais il faut veiller à ne pas créer un urbanisme sauvage, comme on l’a fait lors des décennies précédentes pour les barres d’immeubles et certains nouveaux quartiers. L’objectif final devrait rester la qualité de vie. Celle-ci ne peut faire l’impasse sur la qualité de l’habitat. Il faudrait que les communes concernées, voire les cantons parfois, repensent ces quartiers de villas. Il faudrait inclure dans les éléments à prendre en considération, pas uniquement les surfaces habitables, mais aussi un volet mobilité (y compris les places visiteurs) et, pourquoi pas, un volet traitant de la diversité de la faune et de la flore, avec la possibilité de bénéficier de conseils gratuits. A méditer.

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