RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

Ode à une densification intelligente

Ode à une densification intelligente

Le 10 février dernier, près de deux tiers des Suisses ont refusé de geler la surface totale des zones à bâtir. Certes, le mitage n’est pas une politique qui peut séduire, mais la Loi sur l’aménagement du territoire (LAT 1, LAT 2 et bientôt LAT 3) est suffisamment contraignante pour que l’on ne complique pas encore davantage l’acte de construire. Dès lors, se repose la question suivante: comment construire de nouveaux logements là où il en manque cruellement, voire de nouvelles surfaces de bureaux ou de loisirs, sans pour autant bétonner encore davantage? La solution semble évidente: construire la ville en ville, densifier. 

Certes, il est plus simple de s’occuper tout d’abord des friches urbaines: autour des gares, des sites industriels désaffectés, mais cela ne suffira pas. A Genève, le chantier du CEVA arrivera à son terme à la fin de cette année. Le futur Léman Express aura permis de mettre en valeur les périmètres des stations de Lancy - Pont-Rouge, Genève - Eaux-Vives et Chêne-Bourg. Soit la création de plus de 1000 logements et de 157 000 m2 de surfaces d’activités commerciales et publiques. Mais ce potentiel fond comme neige au soleil. 

Voici pourquoi la stratégie de la densification passe par une meilleure valorisation des parcelles urbaines existantes. Parfois, cela signifie d’ajouter deux ou trois étages supplémentaires sur certains immeubles non protégés. Parfois, cela pourrait passer par des démolitions-reconstructions, comme lorsqu’il s’agit de petits immeubles vétustes où les locataires ne bénéficient pas tous d’une salle de bains intégrée à leur appartement. 

Ces deux voies sont semées d’embûches. D’un côté, il y a les locataires actuels (et/ou leurs représentants) qui craignent autant les nuisances qui vont surgir que les potentielles hausses de loyer qui pourraient survenir. De l’autre, il y a des propriétaires qui n’ont que rarement intérêt à se lancer dans une telle aventure fastidieuse et dont la rentabilité est loin d’être assurée.

L’exemple du quartier de l’Etang

Faut-il dès lors baisser les bras face à cette forêt de difficultés? Bien au contraire. Il s’agit en revanche de jouer la carte de la concertation. Un exemple récent mérite d’être cité: celui du quartier de l’Etang à Vernier (GE). Ce dernier a eu la chance de surgir sur une friche industrielle de 11 hectares. Cette ville dans la ville accueillera plus de 1000 logements (PPE, locatifs et résidences étudiantes) ainsi que des commerces 2.0, des hôtels, des locaux administratifs et un centre médical. Surtout, elle était entourée de résidents vivant soit dans des villas, soit dans de petits immeubles. Or, ce vaste projet a été piloté pendant plusieurs années en invitant toutes les entités et personnes concernées à des séances régulières. Le promoteur ne s’est pas contenté d’écouter, il a aussi tenu compte des remarques. Un exemple à suivre.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."